Éphébie

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Éphèbe à l'entrainement (?)

Dans l'Antiquité, l'éphébie est le service militaire que doivent faire les jeunes Athéniens et les jeunes gens dans d'autres cités grecques, entre leurs dix-huitième et vingtième années. Généralement elle permet l'accès à la citoyenneté.

À Athènes l'éphébie se déroulait sur deux ans. Le jeune homme y faisait des exercices physiques, apprenait à manier les armes, à combattre avec discipline. Mais aussi il recevait des leçons morales en vue de le former à la citoyenneté. Une partie du temps servait aussi à faire des travaux d'intérêt général (constructions diverses).

L'organisation décrite ci-dessous correspond à la cité d'Athènes (c'est celle qui est la mieux connue).

L'admission à la citoyenneté[modifier | modifier le wikicode]

Depuis les réformes de Clisthène en 508 av. J.-C., les jeunes Athéniens doivent s'inscrire dans les registres de leur dème à l'âge de 18 ans. Les conditions d'inscription sont strictes. Ils doivent avoir l'âge exigé par la loi, être de condition libre, de naissance légitime et être né de parents qui ont tous deux le droit de cité (c'est-à-dire nés de père et de mère eux-mêmes Athéniens), à partir de la réforme de Périclès en 451.

Les citoyens du dème votent alors pour savoir s'ils intègrent le jeune homme dans leur dème. En cas de refus on peut faire appel devant un tribunal. Cinq délégués élus y représentent le dème. Si le refus est confirmé l'État fait vendre le candidat. Si le refus est annulé le jeune homme est inscrit dans le dème.

Ensuite, le Conseil de la cité (la Boulé) soumet les inscrits à un examen pour déterminer s'ils ont bien atteint l'âge de 18 ans. Si ce n'est pas le cas les citoyens du dème sont mis à l'amende et le jeune homme est renvoyé chez lui en attendant l'âge légal.

L'entrainement des éphèbes[modifier | modifier le wikicode]

L'encadrement de l'éphébie[modifier | modifier le wikicode]

Des magistrats et des instructeurs sont chargés d'encadrer les éphèbes. Ils sont généralement élus par les citoyens.

Le cosmète, est le chef de l’éphébie. Il est élu par l’Ecclésia pour un an, il doit être âgé d’au moins 40 ans. S'il remplit mal sa fonction il peut être poursuivi en justice. Il doit enseigner aux éphèbes la prudence, la sagesse, l’honnêteté et la décence. Il pouvait infliger des châtiments corporels, comme la flagellation.

L’assemblée du peuple élit également des maîtres spécialisés. Deux pédotribes enseignent la gymnastique, un maître d’arme ou hoplomaque, un maître de javelot ou acontiste, un maître d’arc ou toxote et un maître de catapulte sont chargés du maniement des armes.

Les sophronistes apprennent aux jeunes gens le contrôle de soi, de tempérance et de bon sens, vertus réclamées au citoyen. Les sophronistes ont le droit de frapper avec un bâton souple les éphèbes désobéissants. Ils sont dix, soit un par tribu athénienne. Ils sont élus pour un an, après une sélection à deux degrés de vote. Les pères des nouveaux éphèbes se réunissent par tribu pour élire trois de leurs membres parmi ceux qui ont plus de 40 ans. Il y a donc 30 candidats. Puis l’écclésial choisit une personne parmi les trois. Les lochages sont des éphèbes qui exercent une autorité sur les autres éphèbes (sorte de caporaux actuels).

Les dix stratèges, commandant l'armée athénienne ont aussi autorité sur les éphèbes.

Les occupations[modifier | modifier le wikicode]

Aux Ve et IVe siècle av. J.-C., on ne sait pas précisément si le service s’étale sur 12 mois consécutifs ou si le total des périodes était égal à un an. En plus de ce service les éphèbes doivent fréquenter souvent les gymnases où ils font des exercices physiques et militaires. Quand ils ne sont pas en service ils restent chez eux.

Dans les gymnases les éphèbes s’entraînent au maniement des armes des hoplites, pratiquent la course (l'épreuve sportive par excellence pour les Grecs), s’entraînent à la marche rythmée par le son de la flûte (l'aulos). Ils doivent acquérir ainsi l’endurance et la discipline. Cela les prépare au combat mais aussi aux différents concours sportifs dans lesquels ils représenteront leur cité.

Les éphèbes assurent des fonctions de patrouilleurs ou de militaires-résidents dans les forts des zones frontières (à Panakton, Rhamnonte, ou Décélie). Ils côtoient alors les nouveaux citoyens des années précédentes, mais aussi des métèques.

Il arrive mais de manière exceptionnelle que les éphèbes participent à la guerre, en effet ils sont trop légèrement armés, et trop peu expérimentés. Ils ne recevaient pas d’indemnité.

À partir de 335 av. J.-C. le service militaire dure deux ans. Il devient obligatoire pour tous. Les éphèbes reçoivent une indemnité appelée misthos de 4 oboles par jour, soit moitié moins que le salaire journalier moyen d’un athénien, qui est d’une drachme et demie.

Les éphèbes reçoivent un bouclier et une lance fournis par la cité. Ils portent un uniforme, un grand chapeau, la pétase, et une chlamyde noire. Les éphèbes ne sont pas encore reconnus comme des citoyens à part entière. Ainsi ils ne peuvent aller en justice ni comme défendeurs ni comme demandeurs.

Les éphèbes seraient alors de 1350 à 1550 chaque année.

La première année commence par des cérémonies et parcours religieux, au cours desquels les éphèbes se rendent dans tous les sanctuaires de l’Acropole et de l’agora.

À l’est de l’Acropole, dans le sanctuaire d’Aglauros, les jeunes athéniens prêtent au cours d'une cérémonie solennelle le serment éphébique.

Ensuite, ils rejoignent une garnison dans deux forts du port du Pirée, à Mounykhie et à l’Aktê (donc près de la ville d'Athènes). C’est durant cette période qu’ils apprennent le maniement des armes de l’hoplite.

Éphèbe offrant un sacrifice à l'occasion de la fin de son éphébie. Vers 480 avjc

Au début de la seconde année les éphèbes se présentent en armes devant l’assemblée du peuple. On vérifie ainsi la qualité de l'entraînement qu'ils ont reçu.

Ensuite, ils sont placés dans des forts situés aux frontières de l’Attique, et y assurent des fonctions de surveillance grâce à des patrouilles dans ces régions montagneuses. Ils se livrent également à des manœuvres de service en campagne.

Au bout des deux années les éphèbes participent à des rites de sortie. Ils sacrifient sur l’Acropole puis participent à un grand banquet. L'éphèbe est désormais un citoyen complet et peut participer à la vie politique de la cité, mais aussi à sa défense. Il sera inscrit sur les tables gravées avec les jeunes gens de son âge. Cela lui sert d'état-civil et de repère pour l'accès aux différentes fonctions de la Cité.

Le citoyen athénien peut être mobilisé comme soldat jusqu'à 60 ans.

Évolution de l'Éphébie[modifier | modifier le wikicode]

Avant les réformes de Solon, 594/593 avant J-C, l'éphébie est réservée aux jeunes aristocrates Eupatrides, les fils des plus grandes familles d'Athènes.

Avec Solon, l'éphébie s'ouvre aux Athéniens des trois premières classes censitaires, les pentacosiomédimnes, les hippeis et les zeugites. Les thètes, c’est-à-dire les citoyens les plus pauvres, ne peuvent y participer.

En 335 av J.C., Lycurgue réforme l'éphébie. Tous les jeunes athéniens doivent y participer (voir plus haut).

Dès la fin du IVe av. J.-C. l'éphébie change. Après la défaite navale de 322 av. J.-C. d'Amorgos face aux Macédoniens, Athènes perd son indépendance. Elle n'a alors plus les moyens de dépenser autant d’argent pour le fonctionnement de son armée. L'éphébie va redevenir facultative et annuelle vers 307-306 avant J-C. Vers 267 avant J-C, le nombre d’éphèbes est voisin d'une trentaine. Les activités militaires sont réduites. L'éphébie devient alors une école supérieure pour les jeunes gens des familles riches. Ils y apprenaient la philosophie, la rhétorique, la grammaire ; les connaissances scientifiques et les beaux-arts. Ces jeunes gens venaient de tout le monde méditerranéen.

Sources[modifier | modifier le wikicode]

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