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Église de la Madeleine

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Église de la Madeleine

L'église de la Madeleine, située au centre de la place de la Madeleine dans le 8e arrondissement de Paris, est une église catholique de style néo-classique.

Ayant survécu à toutes les époques et tous les régimes, cette église est bien caractéristique par son péristyle de 52 colonnes, directement inspiré des grands temples romains de l'Antiquité.

Une histoire rocambolesque[modifier | modifier le wikicode]

Premiers édifices[modifier | modifier le wikicode]

Ville l'Évêque, sur le plan de Turgot (1734), avec l'église au centre.

On a connu différents bâtiments avant l'église actuelle. Le premier sanctuaire était une chapelle de style gothique, construite au XIIe siècle. Si l'église se trouve maintenant en plein cœur de Paris, cette église primitive se situait, elle, dans une zone rurale, loin de l'agitation parisienne, au milieu d'un petit hameau appelé Ville l'Évêque. Un calme qui ne l'empêcha pas de se détériorer rapidement.

En 1492, Charles VIII pose la première pierre d'une deuxième église dédiée à sainte Marie-Madeleine. Ce lien avec la royauté permettra à l'église de bénéficier d'une protection et d'une attention toutes particulières de la part des différents monarques.

Cependant, Ville l'Évêque grandit vite : bâtiments, commerces apparaissent et, avec eux, le nombre d'habitants augmente sans cesse, si bien que l'église devient trop petite. Le curé de la Madeleine se plaint que l'édifice ne lui permet même pas d'accueillir le quart de ses paroissiens. En 1659 et 1698, l'église est agrandie et remise au goût du jour avec des décorations de style classiques.

Mais ça ne suffit toujours pas ! En 1722, la commune de Ville l'Évêque est fusionnée avec Paris. Sa proximité avec le faubourg Saint-Honoré, semé de somptueuses demeures, l'oblige à une certaine exigence. En effet, son architecture modeste donne aux yeux un contraste choquant avec le faste de l'hôtel d'Évreux. L'église est donc vendue en 1767 et démolie en vue d'une reconstruction.

Projets d'églises traditionnelles[modifier | modifier le wikicode]

Plan du projet d'église de la Madeleine avec dôme, de Guillaume-Martin Couture.

L'architecte Pierre Contant-d'Ivry est missionné dès le début pour faire des propositions. Le plan retenu est celui d'une église traditionnelle, en forme de croix latine, seulement surmontée d'un dôme. Louis XV en personne se déplace pour poser la première pierre de l'édifice. La construction avance à grand train mais, manque de chance, Coutant-d'Ivry meurt en plein milieu du chantier.

La tâche est transmise à un de ses jeunes élèves, Guillaume-Martin Couture, qui reprend les plans et les transforme radicalement. L'heure étant au style classique à ce moment, il fait un voyage en Italie afin de s'y imprégner de toutes les caractéristiques de l'architecture antique et tombe sous le charme du Panthéon de Rome qu'il décide alors de prendre comme modèle. Il conçoit, à l'image de l'église Sainte-Geneviève (futur Panthéon de Paris) construite à la même époque, un bâtiment cette fois-ci en forme de croix grecque, toujours surmonté d'un dôme, mais comportant un péristyle. Cette dernière idée sera la seule gardée par la suite. Pour ce faire, il démolit une grande partie des travaux réalisés par son prédécesseur.

Cependant, la construction rencontre vite des difficultés : le dôme de 60 pieds de diamètre, ambitieux projet, se révèle impossible à élever au dessus du bâtiment. Couture essaye tout : dessins, maquettes, essais en grandeur nature, mais en vain. Sans compter que les critiques affluent de toutes parts, les commissaires pointant du doigt l'inexpérience du jeune architecte et son insouciance face à un projet aussi coûteux (déjà deux millions avaient été déboursés). Autant dire que ça clopine lamentablement.

En 1789, la Révolution française éclate dans les rues de Paris. L'heure n'est pas à la tendresse à l'égard de l'Église accusée de spolier le tiers-état : les autorités décident donc d'arrêter le projet de construction de la Madeleine, redoutant des actes de vandalisme notamment concernant une église liée de près au pouvoir royal. Pendant toute la période révolutionnaire et même pendant le Consulat, l'église est délaissée et sombre dans un état de délabrement qui afflige plus d'un. Tandis que ses murs se couvrent de mousse et autres plantes parasites, un véritable pré pousse dans l'intérieur où certains vont même faire paître leurs chèvres !

Église actuelle[modifier | modifier le wikicode]

Photographie de l'église de la Madeleine dans les années 1890

Cependant, parmi tant d'indifférence, un homme ne perd pas de vue l'utilité qu'il pourrait donner à cette église désaffectée. Le 2 décembre 1806, depuis le camp de Posen en Pologne, Napoléon Ier rend un décret impérial dans lequel il ordonne de transformer l'église de la Madeleine en temple de la Gloire. Afin d'immortaliser ses victoires en Europe, l'Empereur souhaite ériger un temple à la gloire de ses armées. Il pose les conditions suivantes : le bâtiment devra entièrement reprendre les fondations déjà commencées et la façade du temple devra comporter les statues des maréchaux et des principaux généraux l'ayant assisté dans ses actions militaires.

Un grand concours est organisé pour la réalisation du projet et, des quatre coins de la France, affluent des prétendants : une centaine de projets sont proposés devant un jury composé d'artistes émérites (sculpteurs, graveurs, peintres...) et de représentants de l'école des beaux-arts. Le projet retenu par cette assemblée est celui d'un certain M. Beaumont mais Napoléon s'oppose à l'avis de l'académie et intercède en faveur de Pierre-Alexandre Vignon (wp), dont il préfère le bâtiment en forme de temple grec. Il oublie ce faisant la condition qu'il avait expressément posée de réutiliser les fondations déjà construites, contrainte ignorée par Vignon.

Vignon confirmant que la réutilisation des fondations déjà construites ferait à son avis défaut à l'harmonie du bâtiment final, tout ce qui avait été édifié par Contant puis Couture est démantelé. Les travaux peuvent alors commencer et la construction avance rapidement jusqu'en 1814, où la royauté reprend le pouvoir. Encore une fois rattrapés par le temps, les architectes vont devoir renégocier le projet avec Louis XVIII. À ce moment, les murs et le péristyle sont déjà édifiés, mais le toit reste à faire et le bâtiment ne comporte pas encore de trace d'hommage à Napoléon. Le Roi ne s'oppose pas à la poursuite du projet, mais insiste pour que l'édifice une fois terminé soit rendu au culte et devienne, non pas pas un lieu commémoratif, mais bien une église.

En mai 1828, Vignon meurt sans la satisfaction de voir son œuvre aboutie. Comme la tradition s'y prête, son corps est inhumé dans les sous-sols de l'église. Jean-Jacques-Marie Huvé, inspecteur des travaux, prend la relève. Faisant figure d'exception par rapport à ses prédecesseurs, Huvé respecta scrupuleusement les plans de son prédécesseur. Henri Lemaire fut choisi pour réaliser le fronton de la façade, représentant le Jour du Jugement Dernier.

Architecture[modifier | modifier le wikicode]

Extérieur[modifier | modifier le wikicode]

L'église, de style néo-classique, a un plan assez atypique pour un lieu de culte chrétien : elle ressemble davantage à un temple gréco-romain inspiré de la maison carréeNîmes) ou encore de l'OlympiéionAthènes).

L'édifice est encerclé par un péristyle de 52 colonnes d'ordre corinthien, mesurant chacune 20 mètres de haut. Il a des dimensions assez monumentales : une longueur de 108 mètres, une largeur de 43 mètres et une hauteur de 30 mètres. Les murs comportent des statues de saints et autres personnalités religieuses du catholicisme.

Deux Henri ont œuvré dans la décoration. Les portes en bronze monumentales et pourtant très légères, sculptées des dix commandements, sont de Henri de Triqueti (wp). Le fronton, lui, est l'œuvre de Henri Lemaire (wp).

Sous le bas-relief, une dédicace latine est inscrite : D.O.M. SVB. INVOCAT S. MAR. MAGDALENÆ, ce qui signifie « Au Dieu tout puissant et très grand, sous l'invocation de sainte Marie-Madeleine ». Cette inscription doit informer le fidèle que l'église dans laquelle il entre est dédiée à la sainte Marie-Madeleine. Le fronton représente la scène du jour du Jugement Dernier, le dernier jour de la vie, où les morts sont jugés pour leurs actes passés et envoyés, soit au Paradis, autrement en Enfers. C'était un épisode important de la vie religieuse dans la catholicisme, dont la pratique est motivée par la vie éternelle dans l'Au-delà. Le Christ est positionné au centre de la scène ; à sa droite, on illustre les bonnes âmes ; à sa gauche, se tiennent les mauvaises âmes condamnées au supplice où les emmènent l'archange Gabriel.

Intérieur[modifier | modifier le wikicode]

L'intérieur évoque déjà davantage une église que l'extérieur. La longueur suit le parcours traditionnel d'une nef. Son plafond est surmonté de trois dômes ornementés, percés de baies rondes laissant pénétrer la lumière, dont la forme n'est pas visible de l'extérieur. La salle est richement décorée dans un décor d'inspiration romaine, comprenant des statues et des fresques pour lesquelles de nombreux peintres et sculpteurs ont collaboré.

Derrière le maître-autel, s'élève une sculpture réalisée par Charles Marochetti (wp). Elle représente l'extase (état de communion intense avec Dieu) de Marie-Madeleine, entourée d'anges. Au dessus de cette statue, se trouve L'Histoire du christianisme, fresque peinte sous le Second Empire par Jules-Claude Ziegler (wp), représentant des personnalités de la religion chrétienne entourant Napoléon.

L'église dispose d'un orgue célèbre, construit par Aristide Cavaillé-Coll (wp) en 1845, déjà essayé par des musiciens aussi illustres que Camille Saint-Saëns ou Gabriel Fauré.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Liens internes[modifier | modifier le wikicode]

Liens externes[modifier | modifier le wikicode]

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