Vue

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Un œil humain

La vue est le sens qui nous permet de voir, c'est-à-dire que nous sommes capables de décoder une information contenue dans la lumière.

L'homme peut voir en noir et blanc grâce à des cellules en bâtonnet de la rétine. Il peut aussi voir en couleur grâce à des cellules en cône de la rétine. Il en existe de trois types différents, chacun étant sensible soit au rouge, soit au bleu, soit au vert. C'est pour cette raison que toutes les couleurs que nous pouvons voir peuvent être fabriquées grâce au mélange de ces trois couleurs. En s'approchant très près d'un poste de télévision, on voit ses trois couleurs dans les pixels.

La vue chez les animaux invertébrés[modifier]

Rares sont les animaux totalement aveugles[modifier]

Dans les cavités souterraines profondes ou dans certains grands fonds marins où ne pénètre aucune lumière, il existe des animaux (certaines espèces d'insectes, de crevettes, de salamandres ou de poissons) ne possédant aucun organe qui leur permettrait de voir.

Pour certains, de simples cellules sensibles à la lumière[modifier]

Les mollusques bivalves perçoivent la lumière par des cellules spéciales du bord de leur chair. Les petites perles qui bordent la chair de la coquille Saint-Jacques lui servent d'yeux.

L'escargot possède des cellules au bout de ses tentacules du haut, le ver de terre tout au long de son corps. L'anguille en porte sur la peau de sa queue, ce qui lui permet de percevoir si son long corps est caché en totalité.

Un œil primitif appelé « ocelle »[modifier]

Il s'agit d'un repli de peau, rempli d'une gélatine faisant loupe et renvoyant une image sur le fond, garni de cellules sensibles à la lumière. Cet œil rudimentaire ne permet qu'une vision floue.

Beaucoup d'araignées possèdent 6 ou 8 ocelles, ce qui leur permet de voir tout autour d'elles, mais assez mal. Les chenilles n'ont que des ocelles. Devenues papillons, elles possèderont en plus deux yeux à facettes.

L'œil à facettes, une grappe de petits yeux[modifier]

Des yeux à facettes chez la mouche

La plupart des insectes possèdent, généralement en plus de leurs petits ocelles, de gros yeux globuleux à nombreuses facettes. Les crustacés aussi et ils les portent parfois au bout d'un appendice allongé, comme le crabe ou le homard.

Chaque œil à facettes est composé d'un grand nombre de petits tubes fournissant chacun une image minuscule. Il y a 5 000 facettes sur un œil d'abeille et jusqu'à 30 000 sur un œil de libellule. C'est dans le cerveau de l'animal que les informations de cet ensemble de petits écrans lumineux se transforment en une seule image.

Les yeux des vertébrés[modifier]

Chacun des deux yeux des vertébrés, dont l'homme, est formé d'une lentille transparente (le cristallin) qui renvoie l'image au fond de l'œil, sur un petit écran (la rétine) où des milliers de cellules sensibles transmettent au cerveau, par le nerf optique, les sensations de lumière et de couleurs qu'elles reçoivent.

Un muscle rétrécit plus ou moins l'entrée de la lumière par le trou noir de la pupille pour éviter l'éblouissement ou, au contraire, l'agrandit pour permettre la vue dans la pénombre. La plupart des animaux ont les pupilles rondes. Chez les chasseurs nocturnes, comme la chouette, elles s'élargissent au maximum la nuit pour recevoir la moindre lumière. Chez le chat, les pupilles forment un ovale très fin en plein jour et s'arrondissent quand arrive la nuit. Chez certains serpents, les pupilles se referment en minces fentes. De même, chez le requin et la pieuvre (bien qu'étant invertébrés, certains mollusques comme la pieuvre et la seiche possèdent des yeux analogues à ceux des vertébrés).

L'accommodation du cristallin permet de voir net de près comme de loin[modifier]

Perfectionnement supplémentaire chez beaucoup d'animaux, la lentille du cristallin se bombe plus ou moins pour assurer la netteté de l'image d'un objet selon qu'il est proche ou lointain. Cela s'appelle l'accommodation. Les poissons qui ne peuvent modifier la forme de leur cristallin, l'écartent plus ou moins de la rétine (comme on fait pour la mise au point d'un appareil photo ou des jumelles). Recherchant des insectes volant à la surface de l'eau, les poissons de surface, comme la truite, comptent plus sur leur vue que sur leur odorat. Cela permet au pêcheur de les attraper avec un leurre (hameçon déguisé en mouche) plutôt qu'avec un appât vivant, nécessaire avec les poissons du fond qui se repèrent surtout à l'odorat.

Une rétine doublée permet à certains de mieux voir dans la nuit[modifier]

Parfois, dans la nuit, les phares d'une voiture rencontrent les yeux d'un animal (chat, renard ou autre) qui paraissent soudain lumineux. Voici l'explication : certains animaux possèdent, derrière la rétine, une autre membrane faisant miroir. De ce fait, les rayons lumineux qui ont déjà traversé la rétine et excité ses cellules sensibles, sont renvoyés vers l'avant et viennent à nouveau les exciter. Même dans une faible lumière, les animaux possédant cette particularité peuvent voir correctement. Cela leur permet de chasser la nuit.

Champions de la meilleure vue, les oiseaux[modifier]

Les oiseaux ont les yeux comparativement plus gros que tous les autres vertébrés (l'œil d'une autruche est 4 fois plus gros que celui d'un cheval). Cette différence de grosseur s'accompagne d'un plus grand nombre de cellules sensibles au fond de la rétine (8 fois plus par unité de surface chez l'épervier que chez l'homme), ce qui explique en partie l'excellente vue de la plupart des oiseaux.

On ne voit pas dans l'eau comme dans l'air[modifier]

Les rayons lumineux ne se propagent pas dans l'eau comme dans l'air. Si l'on plonge dans l'eau le bout d'un bâton, vu de l'extérieur, il paraît brisé. Pour voir sous l'eau comme en surface, les plongeurs sous-marins doivent porter un masque ou des lunettes étanches, conservant une couche d'air devant leurs yeux.

Les yeux plats des poissons voient correctement dans l'eau mais deviennent myopes hors de l'eau. Les grenouilles, comme certains poissons qui grimpent sur les racines d'arbres des marais, ont des yeux globuleux améliorant leur vue hors de l'eau.

Une visée décalée pour les oiseaux pêcheurs

Le héron a la tête hors de l'eau quand il pêche. S'il donnait un coup de bec là où il voit un poisson, il taperait à côté de sa proie. L'oiseau corrige sa visée en pointant son bec, non sur l'image qu'il voit, mais sur l'endroit où il sait que se trouve réellement le poisson.

La vision des couleurs[modifier]

Sur la rétine, certaines cellules sensibles, les bâtonnets, différencient seulement la luminosité et l'ombre pour une vision en noir et blanc. D'autres cellules, les cônes, perçoivent les couleurs.

Parce qu'il leurs manque certains cônes, il arrive que des humains ne puissent percevoir la différence entre certaines couleurs (généralement le vert et le rouge) ; cette anomalie s'appelle le daltonisme.

Les oiseaux et les singes distinguent généralement bien les couleurs. Par contre, par absence de cônes, de nombreux mammifères ne peuvent voir qu'en noir et blanc (comme le rat), avec quelques taches colorées pour certaines espèces (uniquement le jaune pour le hérisson, par exemple).

Certains animaux voient des couleurs invisibles pour l'homme[modifier]

De même que quelques animaux perçoivent des sons que nous n'entendons pas, certains perçoivent des couleurs que notre œil ne peut voir.

Un rayon de soleil semble incolore. Pourtant, s'il traverse un prisme (par exemple, le bord d'un miroir biseauté), il se décompose en bande colorée allant du rouge au violet, en passant par l'orangé, le jaune, le vert et le bleu. Du moins, notre œil ne perçoit que ces couleurs. Au-delà du violet, il existe pourtant des rayons ultra-violets qui nous éblouissent (par exemple, quand le soleil traverse les nuages), qui font bronzer notre peau et peuvent provoquer des coups de soleil.

Beaucoup d'insectes ne voient pas la totalité de nos couleurs mais perçoivent les ultra-violets. Une abeille voit le bleu et le vert et non le rouge mais, pour elle, le coquelicot est visible à cause des ultra-violets qu'il renvoie, de même qu'un bon nombre de fleurs qui nous paraissent simplement blanches.

Distinguer la lumière polarisée[modifier]

Au bord de l'eau, nous avons du mal à voir ce qui se passe au fond, à cause des reflets de lumière sur la surface. De même, nous pouvons être éblouis par la lumière renvoyée par une vitre ou un miroir. Cette lumière indirecte est pourtant différente de la lumière directe, on dit qu'elle est polarisée, mais notre œil ne sait pas faire la différence. Seuls des verres spéciaux, appelés polarisés, peuvent éliminer pour nous les reflets.

Certains animaux, notamment beaucoup d'insectes, savent distinguer la lumière polarisée, renvoyée, par exemple, par les gouttelettes des nuages. Cela les aide bien pour voir le soleil, même à travers des nuages épais, et ils peuvent s'orienter grâce à lui.

Le champ visuel[modifier]

L'œil peut voir droit devant mais aussi sur les côtés. Selon sa forme, il peut découvrir un espace plus ou moins large. Par exemple, quand nous regardons à travers un tube, notre champ de vision est moins large.

Un œil globuleux possède ainsi un champ visuel plus large qu'un œil enfoncé dans la tête. La grenouille perçoit tout autour d'elle. Le rhinocéros ne voit que sur les côtés et pas du tout droit devant lui. Beaucoup d'animaux qui se nourrissent en broutant l'herbe (cerf, antilope, zèbre), ont les yeux éloignés du museau et placés de telle façon qu'ils permettent à l'animal de voir ce qu'il broute, tout en guettant au loin l'arrivée d'un éventuel agresseur. L'écureuil qui a les yeux sur les joues repère facilement ses ennemis.

La vision binoculaire[modifier]

Chacun des deux yeux ne perçoit pas la même image. Il suffit pour le vérifier de fermer tour à tour un œil en prenant comme repères des objets proches. La comparaison des deux images par le cerveau permet de percevoir le relief (que ne montre pas une simple photo) et d'apprécier les distances. Cela s'appelle la vision binoculaire.

Certains animaux (c'est le cas de nombreux poissons et oiseaux) ont les yeux placés de chaque côté de la tête. Ils n'ont pas ou peu de vision binoculaire. Chaque œil fournit une image très différente de l'autre. À cause de l'emplacement de ses yeux, le rhinocéros ne peut voir que sur les côtés et pas devant lui. En revanche, les yeux de certains animaux peuvent couvrir un champ visuel large, parfois tout autour de leur tête, comme pour la bécasse.

Le caméléon peut même orienter chaque œil différemment, l'un guettant une proie pendant que l'autre veille à un éventuel danger. À l'inverse, d'autres animaux ont les yeux devant la tête et possèdent une vision binoculaire importante, mais avec un champ visuel plus étroit.

Des champs visuels différents pour les prédateurs et pour les proies[modifier]

On devine l'avantage que représente pour les prédateurs le fait de voir nettement devant, en appréciant bien les distances. Les rapaces et les mammifères carnassiers possèdent des yeux rapprochés, une bonne vue binoculaire mais avec un champ visuel restreint. Pour les proies au contraire, il est surtout important de voir arriver le danger de toutes les directions. Les mammifères herbivores et la plupart des oiseaux ont les yeux de chaque côté de la tête, avec un large champ visuel mais une faible vision binoculaire.

Le mouvement compte parfois davantage que la forme aperçue[modifier]

Au cours de certaines expériences avec des oiseaux, on s'est aperçu que la même silhouette peut provoquer la peur de l'animal quand elle bouge dans une direction (si elle ressemble alors à un prédateur) mais le laisse sans réaction quand elle se déplace dans l'autre sens (si elle est perçue comme un animal inoffensif). De même, la vue d'un prédateur au loin ne déclenche pas la même réaction, si sa démarche montre qu'il est repu ou, au contraire, affamé.

Voir aussi[modifier]

Les cinq sens
La vue, l'ouïe, le toucher, l'odorat et le goût.