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Unification allemande

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L'unification allemande correspond au regroupement des États allemands au sein d'un même pays, autour du royaume de Prusse, entre l'éclatement du Saint-Empire romain germanique et le traité de Francfort mettant fin à la guerre franco-allemande de 1870-1871, c'est-à-dire entre 1806 et 1871.

L'unification allemande est un long processus qui a abouti, en 1871, à une Allemagne unie et non morcelée, pour la première fois de sa riche histoire. Il a fallu que la Prusse déclare la guerre à trois pays (Danemark, Autriche et France) pour unifier intégralement l'Allemagne.

Mais c'est également une période prépondérante dans l'histoire de l'Allemagne, connue sous le nom de Zwischenreich (entre-deux-empires), pendant laquelle il y eut bien sûr le regroupement d'une quarantaine d'États allemands en un seul, mais aussi l'arrivée de l'industrialisation, et l'essor d'idées politiques, comme en particulier le pangermanisme, mouvement nationaliste prônant la création d'un même État pour tous les peuples de culture allemande, y compris l'Autriche et la Suisse.

L'Empire allemand, de 1871 à 1918.

Attention ne pas confondre avec Réunification de l'Allemagne à partir de 1991.

Contexte[modifier]

Depuis l'an 962, le Saint-Empire romain germanique constitue le gouvernement du territoire de l'actuelle Allemagne. Un empereur est ainsi le chef d'un ensemble de petits États confédérés, ayant une autonomie importante et leur propre gouvernement. Le plus souvent, il s'agit de la dynastie des Hohenstaufen qui règne. Au début, l'Empire est très grand : il comprend l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse actuelles. Mais l'Autriche obtient vite son indépendance et conçoit son propre Empire, très vaste, et dirigé par la dynastie des Habsbourg. En 1499, la Suisse se retire également et forme une confédération (la Confédération helvétique) et non un empire. Tout au long de son histoire, le Saint-Empire fait souvent la guerre, notamment sous l'égide de Charles Quint contre la France royale à la Renaissance.

Mais le Saint-Empire romain germanique s'affaiblit et sa souveraineté sur les petits États s'atténue. En 1701, l'électorat de Brandebourg et le duché de Prusse, tous deux gouvernés par la famille des Hohenzollern, forment le royaume de Prusse, pays souverain sans autorité du Saint-Empire. Ce royaume acquiert vite de nombreux territoires, tels que la Poméranie orientale (devenant Prusse orientale), la principauté de Neuchâtel, et de minuscules terres en Westphalie, puis se partage la Pologne avec l'Autriche et la Russie. La Prusse reste malgré ses acquisitions un pays de taille relativement modeste (il correspond en 1795 à peu près à la Pologne actuelle), mais qui possède une armée redoutable sur laquelle compte le Saint-Empire très affaibli pour se défendre des envahisseurs étrangers. La Prusse signe un traité de paix avec la France en 1795 (traité de Bâle).

Napoléon Ier devient empereur de France en 1802. Il conquiert de nombreux territoires et répand les idées démocratiques de la Révolution française. Ces idées plaisent particulièrement aux électorats, duchés et principautés du sud du Saint-Empire. Après avoir annexé une grande partie de la Rhénanie, il crée le 12 juillet 1806 avec seize princes allemands la Confédération du Rhin, ensemble d'États allemands sous l'égide de la France. La création de la Confédération du Rhin sonna le glas du séculaire Saint-Empire romain germanique. Les Allemands voient en cette confédération un espoir d'unité, mais elle a été créée par Napoléon uniquement pour intimider la Prusse et l'Autriche, qu'il avait vaincue triomphalement à Austerlitz en 1805, et qui se déclare hypocritement favorable à l'Empire français.

La Prusse, exaspérée par la création de la Confédération du Rhin et la dissolution du Saint-Empire, rompt le traité de Bâle et déclare la guerre à l'Empire français. Les Russes s'allient avec les Prussiens. Le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III, est très confiant et est certain de vaincre « ces chiens de Français » (selon son expression) à plates coutures. Napoléon n'apprécie pas du tout ces propos, et prépare un excellent plan d'attaque. Le 14 octobre 1806, deux batailles ont lieu entre Prussiens et Français : la bataille d'Iéna (Thuringe), entre Napoléon Ier et le prince de Hohenlohe-Ingelfingen, représentant du roi de Prusse ; et la bataille d'Auerstedt, près d'Iéna, entre le maréchal français Davout et le duc de Brunswick. À Iéna, malgré une nette supériorité numérique, les Prussiens dominèrent l'armée napoléonienne peu de temps, avant un retournement magistral de la situation. Les Français firent subir en quelques heures une défaite cuisante à la Prusse. À Auerstedt, malgré une armée numériquement trois fois inférieure, les Français vainquirent également les Prussiens, et le duc de Brunswick mourut au cours du combat. Quant aux Russes, ils perdirent également contre Napoléon à Friedland le 14 juin 1807. Ces défaites eurent pour conséquence le traité de Tilsit. Les pertes territoriales prussiennes et russes furent très importantes (la Prusse perdit la moitié de ce territoire). La Prusse et la Russie, comme l'Autriche, se déclarèrent alors hypocritement favorables à l'Empire français. Les deux derniers pays européens à se déclarer hostiles à la France napoléonienne furent le Royaume-Uni et le Portugal.

Dans la Confédération du Rhin, Napoléon fit de la Bavière un royaume, qui gagna le Tyrol naguère autrichien à Austerlitz. Malgré l'essor des petits États allemands dû à Napoléon, la nouvelle qu'il instaurât le français comme langue obligatoire dans les pays de la Confédération du Rhin déplut fortement.

L'essor des sentiments nationaux[modifier]

Les échecs prussiens ainsi que l'instauration du français comme langue obligatoire et le poids institutionnel français dans les petits États allemands firent ressentir une francophobie importante en Prusse et dans les États allemands de la Confédération du Rhin, hormis la Bavière, le Bade et le Wurtemberg. Le sentiment national allemand fut alors automatiquement stimulé.

Le philosophe allemand Johann Gottlieb Fichte, dans son livre Discours à la nation allemande (1808), écrit : « Les Allemands, en tant que tels, n'ont pas d'histoire durant les derniers siècles […] : ils ont poussé sans avoir d'histoire », ce qui signifie que, sans unité, on ne peut créer une histoire commune. Cet ouvrage, le plus important de Fichte, décrit toujours cette idée de vouloir unifier tous les peuples de culture allemande dans la même nation. Cette idée s'appellera le pangermanisme et se radicalisera encore au fil du temps, jusqu'à devenir l'une des doctrines hitlériennes.

Mais tous les Allemands ne seront pas pangermanistes. De nombreuses personnes seront favorables à une unité modérée, n'incluant par exemple pas la vaste Autriche voisine. La plupart de ces gens sont austrophobes (hostiles à l'Autriche), et veulent unifier l'Allemagne en attaquant l'Autriche.

Quelques autres encore, en particulier en Bavière, attachés à l'histoire des petits États, sont hostiles à l'unification.

En 1813, l'écrivain pangermaniste allemand Ernst Moritz Arndt écrit le Chant pour les soldats allemands. Il s'agit d'une sorte d'hymne pangermaniste très hostile à la France.

L'Autriche au commandement des États allemands[modifier]

À la bataille de Waterloo, en 1815, les Prussiens, les Autrichiens et les Russes se retournent contre les Français et s'allient aux Anglais. Les armées coalisées vainquirent de peu la Grande Armée de Napoléon.

À la même année, le Congrès de Vienne redessine l'Europe. Les gains territoriaux prussiens et autrichiens sont considérables : la Prusse s'étend sur presque toute l'Allemagne du Nord, mais par exemple pas sur le royaume de Hanovre et la Saxe. L'Autriche, elle, regagne le Tyrol, l'Illyrie et la Vénétie, ce qui étend encore considérablement son territoire déjà immense. La Confédération du Rhin est dissoute et est remplacée par la Confédération germanique, ce qui fait que trente-neuf États allemands (dont la Prusse), bien qu'ils restent totalement souverains, passent sous l'autorité théorique du gouvernement autrichien, gouvernée alors pas le prince Klemens von Metternich. L'Autriche est hostile aux sentiments nationaux allemands, et le système Metternich interdit formellement d'avoir des opinions favorables à l'unification allemande, ce qui déplaît fortement dans les régions allemandes. Ceci fait naître une forte austrophobie en Allemagne du Sud. Les Italiens, qui veulent également réaliser leur unification, sont également austrophobes, car certains territoires de culture italienne, comme la Vénétie, la Lombardie, se trouvent en sous domination de l'Autriche.

Cependant, dans les premières décennies du XIXe siècle, des associations estudiantines libérales, les Burschenschaften (camaraderies), et de très jeunes écrivains allemands se réclamant du mouvement francophile Jeune-Allemagne, ne cachent pas leurs opinions unificatrices de l'Allemagne, et désirent faire de cette Allemagne unifiée un État démocratique. En 1817, les différentes Burschenschaften se rencontrent au festival de Wartburg (Eisenach, Thuringe), ce qui attire l'attention du gouvernement autrichien de Metternich. Ainsi, en 1819, le congrès de Karlsbad interdit les Burschenschaften. Ainsi, ces mouvements sont obligés de se dissoudre et leurs membres doivent pour beaucoup s'exiler pour ne pas se faire arrêter par la police autrichienne.

Mais certaines personnes bravent les interdictions autrichiennes et refusent cette domination : ainsi, du 27 au 30 mai 1832, 30 000 personnes manifestent au château de Hambach, près de Neustadt an der Weinstraße (Palatinat), pour la formation d'une Allemagne libre, unie, constitutionnelle et démocratique en arborant le drapeau noir, rouge, or (actuel drapeau allemand). Mais les organisateurs du festival d'Hambach furent condamnés ou exilés par la police autrichienne.

Les premières étapes de l'unification[modifier]

Deutscher Zollverein 1834–1919
bleu = au moment de la fondation
vert = Extensions jusqu'en 1866
jaune = Extensions après 1866
rouge = Frontières de la fédération allemande 1828

L'union douanière allemande (Deutscher Zollverein)[modifier]

Dans cette Allemagne morcelée, entreprendre des activités commerciales est très difficile à cause des innombrables frontières et donc aussi douanes. En 1834, la Prusse crée une union douanière, (Zollverein), garantissant un tarif douanier unique entre tous les États allemands (mais pas l'Autriche) et créant ainsi une véritable zone économique allemande où le passage d'un pays à un autre est plus aisé, ce qui facilite le commerce, l'industrie, mais aussi la diffusion idéologique allemande.

Cette zone économique est très favorable à l'essor de la Prusse. La Prusse construit un réseau ferré important et performant (pour l'époque) à partir de 1840, même si la première voie ferrée de la mosaïque allemande fut construite un peu plus tôt, en 1835, en Bavière, entre Nuremberg et Fürth. L'empire d'Autriche, quant à lui, était quasiment dénué de voies ferrées en 1845. De plus, l'industrialisation se répandit plus vite en Prusse qu'en Autriche : un nombre fulgurant de villes industrielles furent construites dans le bassin de la Ruhr (Westphalie, Prusse) après découverte de mines de houille. La famille Krupp, spécialisée dans l'acier, prend également son essor en Prusse dès le début de l'ère industrielle. Ainsi, la Prusse devint vite l'une des plus grandes puissances économiques européennes.

Le parlement de Francfort et les révolutions de 1848[modifier]

Mais l'économie prussienne retombe et devient même précaire. Après une agitation importante à Berlin en 1848, l'annonce du soulèvement républicain des Français à Paris contre la monarchie de Louis-Philippe Ier constitue le déclic. De grosses manifestations libérales touchent les petits États allemands : le roi Louis Ier de Wittelsbach doit abdiquer en Bavière, et plus de libertés politiques sont accordées dans beaucoup de pays (Hesse-Nassau, Bade, Wurtemberg).

Puis le mouvement révolutionnaire atteint la Prusse : de gigantesques manifestations se forment à Berlin. Le roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV envoie l'armée pour riposter. Le bain de sang éclate entre manifestants (qui ont hérissé des barricades) et soldats. Voyant son pays frôler la guerre civile et le nombre de morts croître, il démobilise l'armée et débute la réconciliation avec le peuple prussien, en particulier berlinois. Il cède aux revendications des manifestants et annonce ainsi la création d'une assemblée nationale constituante élue au suffrage universel.

L'Autriche, quant à elle, est au bord de la dislocation : Metternich est contraint de démissionner, la Hongrie réclame fermement son indépendance et le mouvement panslave est en plein essor. La Confédération germanique se disloque, ce qui provoque de grandes réjouissances auprès du gouvernement prussien.

Au Danemark, des insurrections ont éclaté dans les duchés germanophones du Holstein, du Schleswig et du Lauenburg contre le gouvernement danois qui ne leur laissent pas une autonomie suffisante. La Prusse et l'Autriche déclarent la guerre au Danemark (première guerre des duchés). Après deux ans d'affrontements, le Danemark accepte en 1850 de donner une autonomie importante au Schleswig et au Holstein.

En Prusse, le Parlement de Francfort est réuni le 18 mai 1848. Il comprend toutes les tendances politiques allemandes, ce qui laisse de l'espoir à l'unité. Ce parlement augmente les libertés et dit vouloir unifier le pays et créer un État fédéral (Bundesstaat). Il supprime toutes les douanes entre les États allemands, et termine ainsi complètement la politique de Zollverein. Le Parlement vote en faveur d'une unité sans l'Autriche. Le Parlement propose au roi Frédéric-Guillaume IV de Prusse d'être couronné empereur, ce qu'il refuse pour que l'Autriche ne lui déclare pas la guerre en prétextant une provocation.

Mais l'activisme de Francfort s'altère, et les rêves d'unité s'envolent. Berlin est assiégée en novembre 1848. Le Parlement de Francfort s'exile à Stuttgart, puis est dissous en juin 1849.

L'union restreinte et la reculade d'Olmütz[modifier]

La Confédération germanique dissoute, Frédéric-Guillaume IV veut créer une union entre les États allemands et la Prusse, afin de faciliter l'unification et d'intimider l'Autriche. Il demande alors au Hanovre, à la Saxe et à la Bavière de former une union avec la Prusse du nom d'Union allemande. La Bavière refuse, mais les deux autres pays acceptent. L'union est scellée entre ces trois royaumes le 28 mai 1849. D'autres petits pays d'Allemagne du Nord et du Centre, comme le duché de Brunswick, y adhèrent début 1850. L'union correspond alors environ à l'Allemagne du Nord. Le refus de la Bavière d'y accéder lui donne le nom d'Union restreinte.

Celle-ci, faible à cause de sa taille trop réduite, subit les attaques verbales autrichiennes. L'Autriche (qui d'ailleurs n'a pas perdu ses ambitions annexionnistes de l'Allemagne du Sud), somme le Hanovre et la Saxe de se retirer de l'union, ce qu'ils font le 27 février 1850. L'Union restreinte a alors perdu deux piliers et sa faiblesse est accentuée, puisqu'elle se limite à la Prusse et quelques « micro-états » d'Allemagne du Nord. La Russie est également hostile à cette union, et s'allie alors avec l'Autriche. Le roi François-Joseph Ier d'Autriche menace alors la Prusse d'une guerre avec son alliée la Russie, si cette alliance perdurait, et si le roi prussien n'envoyait pas son ministre Manteuffel à Olmütz (Autriche). Le 29 novembre 1850, Manteuffel est obligé de signer la dislocation de l'Union restreinte et la restauration de la Confédération germanique sous l'égide de l'Autriche (reculade d'Olmütz), c'est-à-dire que la Prusse est obligée de revenir à la situation de 1815. La reculade d'Olmütz lance un froid encore plus intense entre la Prusse et l'Autriche. La quasi-intégralité des Prussiens devient alors austrophobe. Cette reculade est une victoire politique pour l'Autriche, sauf sur un point : l'empire n'arrive pas à adhérer au Zollverein.

L'édification de l'unité « par le fer et par le sang »[modifier]

La ruse et l'éviction de l'Autriche par Bismarck[modifier]

Le chancelier prussien Otto von Bismarck en 1880

Otto von Bismarck devient président du Conseil de la Prusse en 1862. Né en 1815, c'est un habile tacticien conservateur, francophobe et austrophobe. Début 1863, le roi danois Frédéric VII suspend l'autonomie des duchés du Holstein, du Schleswig et du Lauenburg, politique continuée par le nouveau roi Christian IX du Danemark. Il s'allie avec l'Autriche pour lancer un ultimatum au Danemark, puis pour déclarer la guerre au pays le 1er février 1864 (seconde guerre des duchés). Les armées austro-prussiennes font l'assaut de Düppel, occupent le Schleswig et envahissent le Jutland : le Danemark capitule et doit donner le Schleswig et le Lauenburg à la Prusse ; le Holstein à l'Autriche. Bismarck intègre également l'Autriche au Zollverein en 1864. Cette politique de s'unir avec l'Autriche n'est qu'une ruse, une feinte pour mettre en confiance l'ennemi ; de plus, l'acquisition du Holstein par l'Autriche est très importante pour Bismarck, car ce sera le prétexte d'une guerre future avec l'Autriche.

Bismarck s'assure de la neutralité des États voisins pour ne pas rééditer la faute cuisante de la reculade d'Olmütz. Et, début 1866, annonce que l'Autriche gère mal le duché de Holstein gagné contre le Danemark. Cette critique suscite un conflit entre les deux pays, et Bismarck finit par déclarer la guerre à l'Empire d'Autriche de François-Joseph Ier le 21 juin 1866. La plupart des États allemands se rangent du côté de l'Autriche (Bavière, Hanovre, Saxe, Hesse-Kassel, Wurtemberg). La guerre se déroule en Bohême, en Allemagne et en Italie. L'armée prussienne, dirigée par le comte Helmuth von Moltke, envahit vite le Hanovre, la Hesse-Kassel, la Saxe et la Bohême. Fort d'une armée moderne, qui se déplace par le chemin de fer, et qui possède une artillerie à l'acier Krupp. Moltke inflige une défaite cuisante à la vétuste armée autrichienne à Sadowa (Bohême) le 3 juillet 1866. Le soir de la victoire, Moltke déclare au roi de Prusse Guillaume Ier : « Non seulement nous avons remporté le combat mais encore nous occupons le champ de bataille ». Les Italiens, qui combattent eux aussi l'Autriche pour mener à bien leur unification, subissent deux défaites à Custozza et à Lissa, mais l'armée prussienne arrive aux portes de Vienne. L'Empire d'Autriche capitule. Le traité de Prague (23 août 1866) attribue le Holstein, le Hanovre, la Hesse-Kassel, la Hesse-Nassau, et Francfort à la Prusse, ainsi que la Vénétie à l'Italie. L'Autriche paie des indemnités de guerre à la Prusse et à l'Italie et la Confédération germanique est de nouveau dissoute, au profit de la Confédération de l'Allemagne du Nord, confédération de vingt-sept États allemands et de la Prusse situés au nord du Main. Les petits États conservent leur gouvernement mais ne peuvent entretenir d'armée, une seule armée défendant toute la confédération.

La guerre de 1870-1871 contre la France[modifier]

Le monde germanique débarrassé de l'Autriche, la Prusse n'a plus qu'à intégrer les pays d'Allemagne du Sud à la confédération. Louis II de Bavière refuse de quitter le trône et de rejoindre la confédération. La France de Napoléon III revendique de nombreux territoires à la Prusse et ressent l'essor de la francophobie en Allemagne. Alors Bismarck adopte une politique belliqueuse face à la France. Le gouvernement français juge la demande d'un prince allemand, le prince Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen, à devenir roi d'Espagne provocatrice. Le roi de Prusse demande au prince de retirer sa candidature, ce qu'il fait. Mais l'ambassadeur de France veut voir le roi de Prusse pour s'en assurer, ce qui ne lui plaît pas. Guillaume Ier envoie une dépêche à Bismarck (dépêche d'Ems) où il lui laisse le choix de rendre ou non publique la requête française. Bismarck radicalise les propos francophobes du roi et les Français les entendent. À Paris, les gens crient « À bas la Prusse », et Napoléon III, de plus peu lucide, déclare la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870 (guerre franco-allemande), alors que l'armée française est nettement inférieure (numériquement deux fois moins forte) à celle de la Prusse. Les Français de Mac-Mahon perdent de nombreuses batailles : Wissembourg, Reichshoffen, Froeschwiller, Borny, Vionville, Rezonville, Gravelotte, Saint-Privat, etc. La bataille de Sedan, le 1er septembre 1870, est une défaite grave de l'armée française face aux troupes de Moltke. Le Second Empire de Napoléon III est condamné. Paris est assiégée le 19 septembre. D'autres défaites françaises se déroulent fin 1870-début 1871 (Metz, Beaune-la-Rolande, Saint-Quentin). La France a perdu la guerre.

La proclamation de l'Empire allemand[modifier]

La proclamation de l'Empire allemand, à Versailles, en 1871, en présence de Guillaume Ier et d'Otto von Bismarck

Le 18 janvier 1871, Guillaume Ier est couronné empereur d'Allemagne dans la galerie des Glaces de Versailles. La Prusse annexe les petits États d'Allemagne du Sud (Bade, Wurtemberg, Bavière, …). Sauf la Bavière bénéficiant d'un statut particulier, les petits États perdent beaucoup d'autonomie. Au traité de Francfort, le 10 mai 1871, la France est contrainte de donner l'Alsace-Moselle à la Prusse unifiée qui prend le nom d'Empire allemand (IIe Reich). L'Allemagne est complètement unifiée.

Bilan[modifier]

Il a fallu soixante-cinq ans pour que l'Allemagne mène à bien son unification. Morcelée en une quarantaine de pays, dont le plus important était la Prusse, elle doit faire face à la présence autrichienne dans le monde allemand. De nombreux sentiments nationaux naissent, comme le pangermanisme. La Prusse décide d'unifier le pays sous son autorité. Le Prussien Otto von Bismarck se fait l'architecte de l'unification. Excellent tacticien, il élimine l'Autriche et la France dans deux guerres, au cours desquelles il récupère de nombreux États. Grâce à la belliqueuse politique bismarckienne faite « par le fer et par le sang » (selon ses propres mots), Guillaume Ier est déclaré empereur d'Allemagne le 18 janvier 1871. Cette Allemagne unifiée devient alors un empire puissant en Europe.

Également en 1871, l'Italie morcelée a réalisé son unification (unification italienne). Quant à l'Autriche, elle a pris le nom d'Empire austro-hongrois en 1867. Réconciliés, ces trois pays formeront la Triple-Alliance, association diplomatique contre la France, le Royaume-Uni et la Russie (Triple-Entente) en 1882, et il y aura une véritable « guerre froide » entre ces blocs européens jusqu'en 1914, année d'éclatement de la Première Guerre mondiale.

Vikiliens pour compléter sur le mouvement des nationalités au XIXe siècle[modifier]


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