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Traité de Versailles (1919)

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Le traité de Versailles a été imposé à l'Allemagne par ses vainqueurs le 28 juin 1919. C'est un des traités de paix qui met fin à la Première Guerre mondiale.

Avec ce traité l'Allemagne perd des territoires en Europe et tout son empire colonial. Une partie du territoire allemand est occupée et il est coupé en deux parties. L'armée allemande est réduite et en grande partie désarmée. L'Allemagne est déclarée seule responsable de la guerre et doit verser une énorme indemnité de guerre pour payer les réparations des dégâts commis en Belgique et en France. Une organisation internationale chargée de maintenir la paix est créée : la Société des Nations ou SDN. L'Allemagne qui n'a pas été autorisée à négocier les conditions de ce traité le considère comme un diktat. Elle espère l'aménager voire l'annuler dans les années suivant la guerre.

Les négociations de la paix[modifier]

Signature du traité de Versailles dans la Galerie des glaces du château

Les vainqueurs de l'Allemagne et de ses alliés (Autriche-Hongrie, Turquie, Bulgarie) se réunissent à Paris à partir du 18 janvier 1919. Les pays vaincus et la Russie communiste ne sont pas admis à la table des négociations. Ce sont surtout les quatre grands pays vainqueurs qui orientent les débats. Mais leurs projets sur le sort à réserver à l'Allemagne et sur le devenir du monde sont souvent opposés.

Wilson, le président des États-Unis, y défend ses quatorze points où il préconise une nouvelle organisation du monde et le droits des peuples à disposer d'eux-mêmes. Il veut aussi ménager l'Allemagne où il craint une possible révolution de type bolchevique. Il songe aussi à ne pas mécontenter les nombreux américains d'origine allemande.

Les Anglais, représentés par leur premier ministre Lloyd George font en sorte que la France ne puisse imposer son influence sur l'Europe centrale où de nombreux petits états sont nés sur les débris de l'empire d'Autriche-Hongrie. Il veut aussi affaiblir la puissance industrielle allemande très concurrente de l'industrie britannique tout en conservant des relations commerciales importantes avec l'Allemagne.

L'Italie, représentée par le président du conseil Orlando veut achever son unification en récupérant des terres qu'elle considère comme italiennes dans les Alpes et les Balkans. Elle souhaite aussi avoir sa « part du gâteau » aux dépens de l'empire colonial allemand.

Clémenceau, président du conseil français veut récupérer l'Alsace et la Lorraine, affaiblir considérablement la puissance militaire allemande, créer un bouclier en occupant temporairement la rive gauche du Rhin dans le but de la démilitariser. Il veut aussi « faire payer l'Allemagne" » en obtenant des sommes considérables au titre des réparations des dégâts très importants subis par le territoire français.

La Conférence de la paix s'occupe également de la rédaction de traités de paix avec l'Autriche, la Hongrie, la Turquie et la Bulgarie.

Les clauses du traité de Versailles[modifier]

Le traité a été signé le 28 juin 1919, au château de Versailles, dans la Galerie des glaces. A cet endroit même, en janvier 1871, les princes allemands avaient créé l'empire allemand avec le roi de Prusse comme empereur. Le choix de ce lieu humilie fortement les Allemands.

Les conditions imposées à l'Allemagne reposent sur l'idée, inscrite dans le traité, que ce pays est le seul responsable de la Première Guerre mondiale.

Clauses territoriales[modifier]

Les pertes territoriales, en violet, de l'Allemagne en 1919

L'Allemagne va perdre 15% de son territoire et 10% de sa population. La France récupère l'Alsace-Lorraine perdue en 1871. La Belgique annexe quelques villes frontalières avec l'Allemagne. Le Danemark récupère certains territoires perdus en 1864 après la guerre contre l'Autriche et la Prusse. La Sarre, riche en charbon, est placée sous administration internationale pendant 15 ans. La rive gauche du Rhin allemande est démilitarisée (mais non occupée). La Prusse orientale qui reste allemande est séparée de l'Allemagne par le corridor polonais qui aboutit à la ville libre de Dantzig.

L'empire colonial allemand est partagé entre la France qui annexe le Togo et de la partie allemande du Cameroun, tandis que la Belgique reçoit le Rwanda et le Burundi. Le Royaume-Uni s'empare de la Tanzanie et l'Afrique du Sud s'installe dans le Sud-Ouest africain (Namibie). Les concessions allemandes installées en Chine sont aussi perdues.

Clauses militaires[modifier]

Les vainqueurs décident de désarmer l'Allemagne afin de la priver des moyens nécessaires à la guerre moderne tels qu'on a pu les voir à l'œuvre pendant la guerre de 1914-1918. L'armée allemande doit livrer une grande partie du matériel dont elle dispose encore après quatre années de guerre. Elle doit surtout abandonner son artillerie lourde, son aviation militaire et sa flotte de guerre (qui se sabordera en Écosse).

L'Allemagne doit renoncer au service militaire et se contenter d'une armée de 100 000 hommes recrutés comme engagés volontaires. Une grande partie des officiers, sous-officiers de carrière se trouvent ainsi privés d'emploi ou bien sont rétrogradés dans l'armée donc déclassés socialement.

Le matériel nécessaire est de ce fait moins important et ne compte ni artillerie lourde, ni chars d'assaut ni aviation de combat. L'industrie sidérurgique allemande si importante pour l'économie du pays est ainsi privée d'une grande partie de ses débouchés.

Clauses financières et économiques[modifier]

Malgré les mises en garde de certains économistes, les vainqueurs veulent faire payer à l'Allemagne le coût de la guerre. L'Allemagne doit verser, en étalant sur plusieurs années, une indemnité de 132 milliards de marks-or (si on prend en compte la valeur en or du mark en 1914 cela équivaut à près de 360 tonnes d'or fin !). Elle doit faire des livraisons gratuites de matériel industriel et de produits agricoles pour compenser la production insuffisante de certains pays, comme la France, où les dégâts ont été importants. L'Allemagne doit abandonner les droits qu'elle détient sur les brevets de nombreux produits industriels, ce qui va favoriser ses concurrents étrangers.

L'avenir du traité de Versailles[modifier]

Une très grande partie de l'opinion allemande conteste le traité dès sa signature. Les Allemands sont humiliés de la situation qui leur est faite. Ils trouvent injustes d'être déclarés « seuls responsables de la guerre » alors que les autres pays se donnent la position de victimes. De plus, ils ont perdu des territoires qu'ils considèrent comme allemands car peuplés de populations germanophones (idée du pangermanisme), pire une partie importante de leur territoire échappe à la souveraineté complète de l'Allemagne (Rive gauche du Rhin et Sarre). De plus, ils ne peuvent disposer de l'armée qu'ils souhaiteraient avoir. Ce sentiment d'humiliation est un bon support pour le développement des idées nationalistes véhiculées par la droite et surtout l'extrême-droite allemande.

Paramilitaires pendant le putsch de Kapp à Berlin en mars 1920

La démobilisation des anciens combattants et la fonte des effectifs de la future armée allemande posent de graves problèmes. Non seulement il faut créer des emplois mais les cadres militaires désormais trop nombreux en regard des effectifs sont inemployés. Ils se sentent déclassés et étant souvent oisifs sont prêts à toutes les aventures politico-militaires. Nombreux sont ceux qui vont adhérer aux groupes paramilitaires d'extrême-droite (par exemple les casques d'acier).

La puissante industrie allemande qui a fourni un important matériel militaire pendant la guerre doit faire sa reconversion en industrie de paix. Or elle perd de nombreux clients. Le marché protégé des anciennes colonies lui échappe désormais. Les commandes militaires vont se raréfier. La concurrence étrangère va se développer du fait de la perte des brevets d'invention. L'emploi industriel est menacé et les bénéfices risquent de fondre. Aussi de nombreux industriels sont favorables à une révision du traité de Versailles. Ils financent discrètement les partis (généralement d'extrême-droite) qui réclament haut et fort la révision voire l'annulation du diktat.

Reste le problème du versement des sommes destinées aux réparations des dégâts de guerre. Où trouver l'argent nécessaire ? Le recours à l'emprunt auprès de la population est difficile. En effet l'épargne des Allemands a déjà été totalement mobilisée par les emprunts de guerre émis par le gouvernement impérial. De plus la situation économique ne favorise pas une bonne rentrée des impôts. Il reste le recours à l'inflation en émettant beaucoup de monnaie ; mais cette solution est dangereuse, comme le montrera la grave crise de 1923.

Vikiliens pour compléter sur les différents traités de paix après la Première Guerre mondiale[modifier]


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