Stonehenge

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51°10′44″N 1°49′35″O / 51.17889, -1.82639

Stonehenge
Plan du site de Stonehenge. 1. la pierre d'autel ; 2 et 3. tumuli ; 4. la pierre de sacrifice ; 5. la « Heel Stone » (pierre talon) ; 6. deux des quatre « stations » ; 7, 8, 9. fossés, talus ; 10. l'« Avenue » monumentale, qui mène à la rivière Avon, à 3 km à l'est ; 11 et 12. les deux cercles de 30 trous « Y » et « Z » ; 13. les 56 trous d'Aubrey ; 14. entrée secondaire.
Le monument (cromlech) est situé à l'intérieur du cercle 12 : les mégalithes de grès « sarsen » sont en gris, et les « pierres bleues » en bleu.

Stonehenge (« les pierres suspendues », en vieil anglais) est un grand monument mégalithique circulaire, construit entre -2800 et -1100, du Néolithique (âge de la pierre polie) à l'âge du bronze. Il est situé à 13 km au nord de Salisbury, dans le sud de l'Angleterre.


Repères dans le temps


Archéologie[modifier]

Stonehenge I : Néolithique, vers -2800/-2100[modifier]

Le fossé et l'enceinte extérieurs[modifier]

Le premier monument était constitué d'une enceinte circulaire de 110 m de diamètre, délimitée par une levée de terre et un petit fossé creusé dans le calcaire, sur un terrain légèrement en pente.

Le fossé (7) est de forme assez irrégulière. Vu d'avion, il ressemble, dit l'archéologue Richard Atkinson, à « un chapelet de saucisses disposées en rond dans une assiette ». Au fond du fossé, les archéologues ont découvert des outils néolithiques : des pioches faites de bois de cerfs, des pelles constituées d'omoplates de bovins et quelques éclats de « pierres bleues ».

L'enceinte circulaire (8), immédiatement à l'intérieur du fossé, mesure 98 m de diamètre. Elle a été tracée au cordeau avec un grand souci de régularité géométrique.

En 1978, l'archéologue Richard Atkinson a découvert dans le fossé extérieur le squelette d'un homme de l'âge du bronze, âgé d'une trentaine d'années. Un bracelet de pierre, des silex et des flèches ont été trouvés à ses côtés. Plusieurs pointes de flèches étaient fichées dans les os du squelette, ce qui semble indiquer que l'homme a été tué par ces flèches. Il est sans doute mort autour de -2300.

À l'intérieur du talus de l'enceinte circulaire, 56 cavités sont disposées régulièrement en un vaste cercle. Ces trous ronds, nommés « trous d'Aubrey » (13), sont espacés d'environ 5 mètres. Leur diamètre varie de 0,75 m à 1,50 m, et leur profondeur de 0,60 m à 1,20 m. On y a trouvé des fragments de charbon de bois, des os humains carbonisés, de petits objets comme des épingles à cheveux en os ou de longues baguettes de silex dont on ne connaît pas l'usage. Les trous d'Aubrey sont marqués au sol par des plaques de calcaire modernes.

Quatre pierres de grès de petites dimensions, appelées « stations » (2, 3, 6), sont diamétralement opposées deux à deux près de l'enceinte. À l'intérieur du cercle, des trous de poteaux, de 0,40 m de diamètre, supportaient la toiture d'une ou plusieurs constructions entièrement disparues.

La Heel Stone[modifier]

La Heel Stone (5) (ou « pierre talon ») est une grosse pierre de grès, dressée à l'extérieur de l'entrée nord-est, peut-être au cours de cette période, ou plus tard. Elle se trouve actuellement en position penchée, entourée d'un fossé très marqué. Elle est connue pour indiquer la position du soleil levant le 21 juin, date du solstice d'été (le jour le plus long de l'année), mais ce n'est pas une certitude.

Stonehenge II : Chalcolithique, vers -2100/-2000[modifier]

Durant la deuxième phase de construction apparaît l'«Avenue» (10), longue structure de plus de 3 km, large de 23 m, qui part de la Heel Stone dans l'axe du monument, vers le nord-est, puis s'infléchit vers l'est et finit par rejoindre la rivière Avon. Elle a tout l'aspect d'une voie processionnelle, qui a probablement servi aussi au transport des « pierres bleues » depuis la rivière.

Le premier double cercle de « pierres bleues »[modifier]

Les célèbres « pierres bleues » de Stonehenge sont pour la plupart constituées de dolérite, roche très dure de couleur bleu verdâtre. Mais certaines d'entre elles sont de nature volcanique. Toutes ces « pierres bleues » proviennent du Pays de Galles, à plus de 250 km de Stonehenge. Leur transport a pu être effectué entièrement par mer, ou bien par voie fluviale et halage terrestre.

Les fouilles ont montré que les pierres bleues ont d'abord été dressées en deux cercles concentriques creusés au centre du site. Ces cavités ont probablement accueilli plus de quatre-vingts menhirs de « pierres bleues », constituant un premier cromlech, aujourd'hui disparu.

Stonehenge III : âge du bronze, vers -2000 / -1100[modifier]

Construction du monument central[modifier]

L’étape suivante des travaux survient à la fin du -IIIe millénaire, alors que partout ailleurs en Europe, on ne construit plus de monuments mégalithiques depuis longtemps : toutes les pierres bleues des cercles précédents sont d’abord retirées et mises à l’écart, laissant le terrain libre pour une nouvelle construction.

On voit alors s’ériger sur le site un complexe mégalithique exceptionnel, de 75 monolithes à l’origine, sur lesquels se concentrent encore aujourd’hui tous les regards des visiteurs.

D'immenses monolithes, uniformément constitués de grès « sarsen » très dur, ont été extraits de carrières que l’on peut visiter librement, à 40 km environ au nord de Stonehenge. Le transport de ces monolithes, dont les plus gros pèsent environ 50 t, a constitué une aventure humaine sans pareille. Les archéologues ne proposent généralement rien d’autre que traîneaux, cordes et rouleaux de bois, occupant des milliers d’hommes durant des dizaines d'années. D'autres solutions techniques diverses ont cependant été proposées.

Les grands trilithes sont cinq groupes de trois monolithes de grès sarsen disposés comme des portiques, selon un plan en fer à cheval. Les énormes pierres ont été travaillées sur le chantier à l'aide de boules de pierre dure selon une méthode bien connue des civilisations de l'Égypte antique. Puis elles ont été assemblées selon des techniques de charpente, par tenons et mortaises : chacun des dix piliers a un tenon unique central en sa partie supérieure et les cinq linteaux, pesant jusqu'à 50 tonnes, présentent chacun deux mortaises de forme ovale.

Les trilithes sont disposés symétriquement : les deux plus petites paires de trilithes atteignaient 6 m de hauteur, les suivantes 6,5 m ; le grand trilithe unique du côté sud-ouest devait atteindre 7,3 m de hauteur. Sur l'un des piliers du trilithe sud ont été relevées les figures gravées d'un poignard et de plusieurs têtes de haches. Ces armes sont de types connus à l'âge du bronze tardif.

Entourant les trilithes, le grand cercle de grès sarsen est constitué de trente monolithes érigés en un cromlech de 33 m de diamètre surmonté de trente linteaux. Chaque pilier comporte deux tenons correspondant aux deux mortaises ovales de chacun des linteaux, mis bout à bout par un assemblage précis de rainures et languettes taillées en pointe : l'ensemble forme un anneau continu. Les piliers du grand cercle mesurent près de 4,1 m de haut, 2,1 m de large et pèsent environ 25 tonnes. Les linteaux de pierre mesurent chacun environ 3,2 m de long, 1 m de large, avec une épaisseur de 0,8 m : ils pèsent environ 7 t. Les sommets des linteaux sont suspendus à 4,9 m au-dessus du sol.

La « pierre des sacrifices » (Slaughter Stone) (4) est un nom de fantaisie donné par les anciens explorateurs à une pierre de grès sarsen longue de 7 m, autrefois levée, aujourd'hui à terre, affleurant à peine à proximité du talus.

Nouveau cercle de pierres bleues[modifier]

Plus tard dans l'âge du bronze, les pierres bleues, récupérées du cromlech précédent, ont été réérigées une première fois à l'intérieur du cercle des sarsens.

Il existe à l'extérieur du cercle de sarsen deux autres cercles un peu irréguliers de chacun 30 grandes cavités (11, 12), correspondant à chacun des 30 piliers du cercle de pierre.

La « pierre d'autel » désigne un bloc (1) de six tonnes de grès vert micacé qui brille de mille feux au soleil. Il mesure 4,20 x 1 x 0,50 m. Malgré son nom de pierre d'autel et sa position horizontale, cette pierre peut très bien avoir été dressée, formant à l'origine un menhir unique dans un endroit unique, en plein milieu du monument.

Puis il est procédé à une nouvelle réorganisation des pierres bleues, qui ont été placées en cercle entre les deux structures de sarsen, et en ovale, enfin en fer à cheval, au centre du monument.

Le monument est ensuite détruit au cours des premiers siècles de notre ère.

Archéoastronomie à Stonehenge[modifier]

Observatoire ou temple du soleil ?[modifier]

Lever de soleil au solstice d'été, selon une ancienne encyclopédie suédoise

Le monument préhistorique de Stonehenge a longtemps été étudié pour ses liens possibles avec l'astronomie ancienne. On a souvent dit que Stonehenge était un « observatoire ». Le monument peut avoir eu aussi une valeur astrologique ou spirituelle.

L'ouverture au nord-est de l'enceinte circulaire a suggéré une importance particulière prêtée aux points des solstices et des équinoxes. Par exemple, au solstice d'été, le 21 juin, le soleil passe près de la Heel Stone, et les premiers rayons du soleil brillent dans le fer à cheval, au centre du monument.

Solstice d'été ou solstice d'hiver ?[modifier]

Malgré les plus de 20 000 personnes accourant chaque année pour visiter Stonehenge au solstice d'été, de plus en plus de signes indiquent que leurs ancêtres ne s'y rendaient pas l'été, mais plutôt pour le solstice d'hiver. Dans cette civilisation agricole du Néolithique, l'attente du retour du soleil, à la fin de la journée la plus courte de l'année, et l'attente de la germination des graines semées à l'automne étaient probablement un événement plus important que le solstice d'été situé à une date où, pour les récoltes, tout est joué.

L'élément le plus grand, le plus impressionnant du monument est le grand trilithe. C'est dans la direction de cet élément principal que les regards devaient se porter, c'est-à-dire dans la direction du coucher du soleil au solstice d'hiver. C'est aussi cette extrémité opposée à l'entrée qui marque l'orientation des monuments religieux, dans beaucoup d'autres civilisations, actuelles ou disparues.

Voir aussi[modifier]

Sources[modifier]

  • (en) Richard J. C. Atkinson, Stonehenge, Penguin Books, 1956, réédition 1986 (ISBN 0140136460)
  • (fr) Fernand Niel, Stonehenge. Le temple mystérieux de la préhistoire, Robert Laffont, 1974, (ISBN 2221033205)
  • (en) Christopher Chippindale, Stonehenge Complete, Thames and Hudson, London, 2004 (ISBN 0500284679)

Liens externes[modifier]

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