Shoah

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La Shoah est le génocide des Juifs commis par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les Juifs ont été les principales victimes des criminels nazis, qui ont aussi voulu tuer les opposants politiques, les tsiganes, les Polonais, les Soviétiques, les malades mentaux, et tous ceux que le IIIe Reich, dirigé par Adolf Hitler, souhaitait éliminer de la surface de la Terre au nom du racisme et de l'antisémitisme.

Ce génocide a fortement marqué le XXe siècle par son ampleur, sa nature et les moyens « industriels » mis en œuvre pour exterminer une population entière, y compris les femmes, les enfants, les bébés et les vieillards. Ils étaient affamés, fusillés en masse ou entassés comme des animaux dans des trains qui conduisaient à la mort dans les camps de concentration et les chambres à gaz. Shoah signifie en hébreu « désastre », « désolation », « catastrophe ».

Causes[modifier]

Après son arrivée au pouvoir en Allemagne en janvier 1933, Adolf Hitler décide d'appliquer ses idées racistes et antisémites. Selon ses écrits (Mein Kampf), la race dite aryenne (dont les Allemands seraient les plus importants représentants) est supérieure aux autres races. Ces dernières sont donc considérées comme des races inférieures. Hitler parvient à convaincre le peuple allemand que ces races inférieures, en particulier les Juifs, ont pour but d'anéantir la race aryenne et sa pureté, et il ordonne leur déportation dans des camps de concentration, puis leur extermination.

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Politique raciste du Troisième Reich.

Personnes visées[modifier]

Au sens strict du terme, la Shoah désigne l'extermination des Juifs, mais d'autres groupes furent aussi persécutés : les Tziganes, les handicapés mentaux, les opposants politiques au nazisme (dès 1933, avec l'ouverture des premiers camps de concentration), les homosexuels et d'autres groupes considérés comme déviants.

Techniques d'extermination[modifier]

Le calvaire juif[modifier]

Dès 1940, Hitler engage son programme d'extermination. À Varsovie, 500 000 Juifs sont déportés dans différents camps (Auschwitz). Mais la propagande antisémite ne s'arrête pas là: certains lieux publics sont interdits aux Juifs, ils sont obligés de garder sur eux une étoile de tissu jaune marquée « Jude », [["|Juif}}. Un film, Le Juif Éterne, est utilisé pour répandre les idées antisémites jusqu'à la population. Partout où il y a présence nazie, les Juifs sont envoyés en camps d'extermination. Avant leur extermination, les lunettes, les chaussures, les alliances sont volées aux Juifs, Tziganes, homosexuels...

Les ghettos[modifier]

Dès septembre 1939, les trois millions de juifs de la Pologne dépendent des Allemands victorieux. La Pologne renommée gouvernement général de Pologne, devait devenir un immense réservoir de main d'œuvre réduite en esclavage. Le regroupement des juifs est confié à Reinhard Heydrich. Les juifs sont enfermés dans des quartiers spéciaux (les ghettos). Ce sont souvent les anciens quartiers qui étaient peuplés de juifs avant la guerre.

Le ghetto est un monde fermé, entouré d'une enceinte surveillée par les troupes allemandes. Les habitants des ghettos ne peuvent en sortir que pour aller travailler en ville. Il s'agit d'un travail forcé dans des entreprises confisquées à leurs propriétaires juifs (on dit alors « aryanisation »). Il y a 200 000 personnes dans le ghettos de Lodz et près de 435 000 dans celui de Varsovie. Dans chaque ghetto un conseil juif doit recenser la population.

Le travail forcé, l'entassement dans des logements peu ou pas chauffés, à l'hygiène difficile à maintenir, le manque de nourriture, la répression policière, provoquent une forte mortalité.

Au moment de la défaite française, pendant l'été 1940, les nazis envisagent de transporter les juifs d'Europe à Madagascar, que l'on aurait vidé de ses colons français. Sous contrôle militaire des Allemands les juifs s'y seraient administrés eux mêmes (système dit du mandat). Mais la paix n'est pas signée et le projet est abandonné sans avoir été soumis au gouvernement de Vichy.

Les camps[modifier]

Les déportés du camp d'extermination de Buchenwald au moment de leur libération en 1945

Dans les pays occupés par l'armée allemande, les victimes de la Shoah sont traquées par la Gestapo, quelquefois avec la complicité des autorités locales, comme en France. Elles sont arrêtées par l'armée allemande, les SS ou bien la police, la gendarmerie ou des forces paramilitaires locales. Elles furent déportées vers des camps de concentration situés en Allemagne.

À partir de la réunion des dirigeants allemands de janvier 1942 (conférence de Wannsee) les ghettos sont vidés et les juifs raflés en Europe sont acheminés vers des camps d'extermination créés en Pologne occupée. Elles y étaient acheminées par le biais de wagons de marchandises.

Le trajet vers les camps était tellement pénible qu'une partie des déportés décédaient avant même d'avoir atteint la destination finale. A l'arrivée les déportés sont dépouillés de leurs quelques biens matériels, puis triés. Les enfants, les vieillards, les hommes malades et les femmes sont gazés et leurs cadavres incinérés dans des fours crématoires. Les hommes valides sont employés dans des usines de la SS et exterminés par le travail très dur, la faim, les mauvais traitements ou la chambre à gaz. Le détenu résiste en moyenne 3 mois puis devient "un musulman" c'est à dire pour les SS, un cadavre à qui ne reste que quelques jours d'existence. C'est pour cela que la majorité des survivants des camps de la mort lente ont été emprisonnés à la fin de la guerre. Le principal des camps de concentration et d'extermination s'appelait Auschwitz, en Pologne occupée. C'est l'endroit au monde où le plus grand nombre d'innocents a été tué en le temps le plus bref et de la manière la plus horrible. Un million de personnes y ont trouvé la mort, à 90 % des Juifs : entre 800 000 et 900 000 ont été gazées à l'arrivée, les autres sont mortes d'épuisement, de désespoir, de faim, de froid et de mauvais traitements.

D'autres camps d'extermination n'ont servi qu'à gazer les gens, pratiquement aucun survivant n'en est sorti sauf miracle : Treblinka a tué des centaines de milliers de Juifs de Varsovie (la capitale de Pologne, pays qui avait le plus de Juifs à l'époque), il faut aussi mentionner les noms de Belzec (650 000 morts sur un terrain de sept hectares, la taille d'un stade...), de Sobibor (450 000 morts), Chelmno (150 000 personnes entassées dans des camions à gaz : enfermés à l'arrière, ils devaient respirer la fumée des pots d'échappement, qui les tuaient), et enfin de Maidanek.

Dans les douches des camps, alors que les nazis prétendent que les prisonniers se préparent à prendre une douche, des billes de Zyklon B, un puissant insectiside toxique, sont introduites et subissent une sublimation (changement d'état solide/gazeux). Le cyanure pouvait être également utilisé. Bientôt, les prisonniers meurent puis sont brûlés dans les fours crématoires. Ils sont également appellés lors d'interminables séances d'appels (qui peuvent durer jusqu'à 16h !), les détenus sont massés dans la cour et doivent répondre à l'appel de leur numéro, prononcé en allemand. D'autres sont destinés aux horribles expériences des docteurs nazis (comme le Dr Josef Mengele). Certains prisonniers sont utilisés comme cobayes. Au quotidien, la faim, les maladies et les violences physiques (notamment des gardiennes SS) guettent les prisonniers.

Les Einsatzgruppen[modifier]

Si les camps constituent le plus important outil de cette extermination systématique et industrielle, il est à noter que des groupes spéciaux de SS, les Einsatzgruppen (littéralement « groupes d'intervention », aussi parfois dénommés en français « unités mobiles d'extermination »)12 commirent des massacres : fusillades, pendaisons (en particulier en Ukraine)... Les « Einsatzgruppen » ont suivi en 1941, l'armée nazie, en Pologne et en URSS. Ils avaient l'ordre de « nettoyer » l'arrière en massacrant les partisans et les Juifs en âge de combattre. Deux mois après le début des massacres, ils décidèrent de tuer également les femmes et les enfants juifs, se justifiant en expliquant qu'ils ne voulaient pas prendre le risque que les enfants se vengent de la mort de leurs parents. En Pologne et surtout en URSS, ils ont massacré entre un million et un million et demi de personnes, c'est-à-dire un quart des victimes de la Shoah.

Évaluation du nombre de morts[modifier]

On estime que ce génocide tua près de 6 millions de Juifs, hommes, femmes et enfants.

Mémoire[modifier]

La Shoah reste dans les mémoires comme un des plus grands drames de l'histoire. Elle se distingue des autres génocides par le caractère systématique, planifié et organisé de l'extermination. Il reste cependant des négationnistes qui nient l'existence de ce génocide ou essayent d'en réduire l'importance en faisant du révisionnisme historique.

Aujourd'hui, la mémoire des victimes de la Shoah est célébrée au Mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, et au mémorial de Caen (France). Il existe aussi des plaques commémoratives, des monuments et des musées dans toute l'Europe ainsi qu'aux États-Unis.

Voir aussi[modifier]

Vikilien pour compléter[modifier]

Liens externes[modifier]

Références[modifier]

  1. Einsatzgruppen, http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Einsatzgruppen&oldid=23906917. Consulté le 14 décembre 2007.
  2. Einsatzgruppen, http://memorial-wlc.recette.lbn.fr/article.php?lang=fr&ModuleId=6. Consulté le 14 décembre 2007.
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