Molière

« Molière » expliqué aux enfants par Vikidia, l’encyclopédie junior
Aller à : navigation, rechercher
Molière et ses contemporains

Molière (de son vrai nom Jean-Baptiste Poquelin) est un auteur et acteur français de théâtre du XVIIe siècle, né à Paris le 15 janvier 1622 et mort à Paris le 17 février 1673. Il est très célèbre pour ses comédies, considérées comme des chefs-d'œuvre de la littérature française. Il fut acteur, dramaturge, metteur en scène, directeur de troupe, tout à la fois.

La formation parisienne de Molière[modifier]

Molière en costume de Jules César, 1658

Jean-Baptiste Poquelin est le fils d'un bourgeois aisé de Paris, un tapissier, qui avait acheté la chargePrécision de valet de chambre du roi. Alors qu'il est tout jeune, il assiste à des représentations de théâtre en particulier des farces et des parades de comédiens ambulants. Sa mère meurt en 1632. Il fait de solides études au Collège de Clermont (aujourd'hui lycée Louis-le-Grand) de Paris où il étudie les mathématiques, la physique, la philosophie, la danse et l'escrime. Il apprend également le latin ce qui lui permet de lire dans le texte original les comédies de Plaute, de Térence dont il s'inspirera souvent. À vingt ans, il fréquente ensuite l'université d'Orléans pour y obtenir (ou y acheter) ses diplômes de Droit.

Il rencontre, en 1643, une famille de comédiens : les Béjart. Il renonce à succéder à son père comme tapissier du roi. Il décide de devenir comédien malgré le sort que l'on réservait à ces derniers (ils étaient excommuniésPrécision). En juin 1643, s'associant aux Béjart, il fonde avec eux la troupe de l'Illustre Théâtre. Il choisit le nom de scène Molière. Sa troupe, environ une dizaine de comédiens, joue des tragédies à la mode. Elle se heurte aux troupes installées à Paris comme celles de l'Hôtel de Bourgogne ou celle du Marais. Les dettes s'accumulent de plus en plus et Molière est même emprisonné au Châtelet de Paris

La formation en province[modifier]

Molière dans L'Étourdi ou les Contretemps (1655)

Il n'abandonne pas pour autant le théâtre, et l'Illustre Théâtre, s'associant alors à la troupe du comédien Dufresne (protégé par le duc d'Épernon, gouverneur de Guyenne), part jouer en province. De 1645 à 1650, ils se produisent à Agen, Albi, Carcassonne, Nantes, Narbonne et Toulouse entre autres. Les comédiens jouent des tragédies, des comédies d'autres auteurs, mais aussi les premières comédies écrites par Molière. Ils mènent une vie relativement facile. En 1650 Molière devient le directeur de la troupe.

De 1650 à 1658, la troupe de Molière parcourt le sud-est du royaume : Avignon, Béziers, Grenoble, Lyon, Montpellier, Narbonne. Elle joue également à Pézenas devant le prince de Conti, cousin du roi et président des États du Languedoc, dont elle reçoit une pension. En 1653, la troupe prend le titre de troupe de monsieur le prince de Conti. Cependant en 1657, Molière se brouille avec le prince qui devenu janséniste prend en horreur le théâtre.

En 1658 la troupe s'installe à Rouen et obtient la protection du duc d'Anjou, frère du roi Louis XIV.

Ce long séjour en province va permettre à Molière d'acquérir l'expérience de directeur d'une troupe de comédiens souvent agités par des querelles et des jalousies. Il doit également résoudre les problèmes d'intendance (location des salles, voyages, paiement de taxes diverses…). Il doit aussi affronter l'opposition des autorités locales qui souvent sont hostiles aux spectacles où l'on rit des vieux qui épousent des jeunes filles, où on a souvent recours à des propos ou des gestes obscènes pour faire rire le public. La fréquentation de milieux sociaux divers lui permet aussi d'observer ses contemporains dont il s'inspirera dans la création de ses personnages de comédie. Il écrit pour sa troupe, tout en utilisant les procédés de la commedia dell'arte pratiquée par les comédiens italiens qui sillonnent la province.

De cette période datent, les comédies d'intrigue comme L'Étourdi, Le Dépit amoureux ou des farces comme Le Docteur amoureux, La Jalousie du barbouillé, Le Médecin volant.

Molière à Paris[modifier]

La troupe de Molière retourne à Paris en octobre 1658. Au palais du Louvre, devant Louis XIV il joue sans grand succès Nicomède une tragédie de Corneille et sauve la représentation en présentant une farce Le Docteur amoureux. C'est alors que débute son succès. Molière et sa troupe sont installés au théâtre du Petit-Bourbon par le roi et ils y jouent en alternance avec la troupe italienne de Scaramouche. Il va alors créer des farces comme Les Précieuses ridicules et Sganarelle ou le Cocu imaginaire.

En 1661, il inaugure son nouveau théâtre installé au Palais-Royal en créant Dom Garcie de Navarre ou le Prince jaloux, sa comédie héroïque en cinq actes et en vers. C'est un échec (seulement sept représentations). Il renonce alors à jouer et à écrire des tragédies (ce qui était alors sa plus haute ambition). Il va désormais se consacrer à la comédie et donner ses lettres de noblesse à ce genre théâtral jusqu'alors méprisé par les grands acteurs. Il va alors écrire L'École des maris et participe en août 1661, avec sa pièce Les Fâcheux, aux somptueuses fêtes du château de Vaux le Vicomte que le surintendant des finances Nicolas Fouquet donne pour éblouir Louis XIV. En 1662, il épouse Armande Béjart, fille (ou sœur) de son ancienne maîtresse Madeleine Béjart, qui a vingt ans de moins que lui, et qui, se montrant coquette, va le rendre jaloux.

En 1662, le succès de sa pièce L'École des femmes va être à l'origine d'une polémique virulente avec les auteurs et les comédiens rivaux et des courtisans dont il s'était moqué dans Les Précieuses ridicules. Pour répondre aux critiques, même aux attaques contre sa vie privée, Molière va écrire La Critique de l'École des femmes (juin 1663) et L'Impromptu de Versailles (décembre 1663). Il est soutenu par le jeune roi, qui accepte d'être le parrain du premier fils de Molière.

En 1664, il est nommé « responsable des divertissements de la Cour » et, en 1665, sa troupe est nommée troupe du roi.

Les grandes comédies et la querelle du Tartuffe[modifier]

Représentation de La Princesse d'Élide dans le parc du château de Versailles en 1664.

Devenu un des organisateurs des spectacles de la cour royale, Molière doit fournir sans cesse la matière de nombreux spectacles. Dans ce but, en 1664, il écrit Le Mariage forcé, puis il participe aux grandes fêtes données au Versailles, alors en construction, pour Les Plaisirs de l'île enchantée : ce sera La Princesse d'Élide et la reprise de pièces plus anciennes. En 1665, il crée L'Amour médecin. En 1666, en août c'est Le Médecin malgré lui, puis il produit pour les fêtes données par le roi au château de Saint-Germain-en-Laye, Mélicerte en décembre, Pastorale comique au début janvier 1667, Le Sicilien en février 1667. En octobre 1669, pour les fêtes royales du château de Chambord, il écrit Monsieur de Pourceaugnac. Puis pour de nouvelles fêtes à Saint-Germain, en février 1670, il place Les Amants magnifiques dans les spectacles des divertissements royaux. En octobre à Chambord, en collaboration avec Jean-Baptiste Lully, sur une commande du roi, il donne Le Bourgeois gentilhomme. En 1671, ce sera Psyché en collaboration avec Corneille et Quinault.

En dehors des spectacles royaux, Molière doit aussi fournir du travail à sa troupe et remplir la salle de son théâtre. En 1665, après l'interdiction du premier Tartuffe (en mai 1664) (une pièce où il attaque les faux dévots en particulier ceux de la puissante compagnie du Saint-Sacrement), il crée Dom Juan ou le Festin de pierre, comédie elle aussi vite interdite. En 1666, il écrit et joue Le Misanthrope ou l'Atrabilaire amoureux une comédie sérieuse et Le Médecin malgré lui une farce. En 1667, il tente de rejouer une nouvelle version du Tartuffe ; elle est vite interdite par la justice parisienne tandis que l'archevêque de Paris excommunie les éventuels spectateurs. En 1668, la troupe de Molière joue des pièces moins exposées à l'interdiction comme Amphitryon, George Dandin ou le Mari confondu et L'Avare ou l'École du mensonge.

Cependant le roi qui vient d'interdire le mouvement puritain des Jansénistes, lui permet, en février 1669, de représenter une nouvelle version du Tartuffe. Ce sera un succès avec une cinquantaine de représentations dans l'année. En 1670, il donne Les Fourberies de Scapin et La Comtesse d'Escarbagnas. En 1672, ce sera Les Femmes savantes.

Molière connait alors des années difficiles. Il est malade, son fils et sa vieille amie Madeleine Béjart meurent. Les soucis matériels s'accumulent. Le roi donne à Lulli l'exclusivité de la musique et des ballets. Le 17 février 1673, Molière meurt chez lui, quelques heures après la quatrième représentation du Malade imaginaire. Sur demande de la femme de Molière, le roi oblige l'archevêque de Paris à laisser faire des funérailles nocturnes et un enterrement dans la terre consacrée d'un cimetière. En 1816, son cercueil est transféré au cimetière du Père-Lachaise

Œuvres[modifier]

Le Malade imaginaire, dernière œuvre de Molière

Les pièces de théâtre de Molière sont des comédies. Il y met en scène de façon comique les défauts et les excès des hommes de son temps, comme par exemple l'avare qui ne veut rien dépenser ou un personnage prétentieux qui essaie d'avoir plus de classe. Elles sont toujours drôles de nos jours, ces travers humains se retrouvant à toutes les époques.

Dans plusieurs de ses pièces, le personnage principal est un père tyrannique affublé d'un gros défaut qui perturbe la vie de toute la famille. Par exemple, le héros du Malade imaginaire se laisse mener par le bout du nez par des médecins, et voudrait que sa fille épouse l'un d'eux pour lui simplifier la vie. Mais elle est bien sûr amoureuse ailleurs… Heureusement, en général, les serviteurs de la famille sont pleins de bon sens et parviennent à retourner la situation.

  • Le Médecin volant (1645) : farce
  • La Jalousie du barbouillé (1650) : farce
  • L'Étourdi ou les Contretemps (1655) : comédie d'intrigue
  • Le Dépit amoureux (1656) : comédie d'intrigue
  • Le Docteur amoureux (1658) : farce
  • Les Précieuses ridicules (1659) : farce
  • Sganarelle ou le Cocu imaginaire (1660) : farce
  • Dom Garcie de Navarre ou le Prince jaloux (1661) : tragi-comédie ou comédie héroïque
  • L'École des maris (1661) : comédie d'intrigue
  • Les Fâcheux (1661) : comédie-ballet (la musique des ballets est de Jean-Baptiste Lully)
  • L'École des femmes (1662) : comédie
  • La Jalousie du Gros-René (1663) :
  • La Critique de l'École des femmes (1663) : comédie
  • L'Impromptu de Versailles (1663) : comédie
  • Le Mariage forcé (1664) : comédie-ballet
  • Gros-René, petit enfant (1664)
  • La Princesse d'Élide (1664) : comédie
  • Tartuffe ou l'Imposteur (1664) : comédie
  • Dom Juan ou le Festin de pierre (1665) : comédie
  • L'Amour médecin (1665) : comédie-ballet (la musique des ballet est de Jean-Baptiste Lully)
  • Le Misanthrope ou l'Atrabilaire amoureux (1666) : comédie
  • Le Médecin malgré lui (1666) : farce
  • Mélicerte (1666) : comédie pastorale
  • Pastorale comique (1667)
  • Le Sicilien ou l'Amour peintre (1667) : comédie ballet (la musique des ballets est de Jean-Baptiste Lully)
  • Amphitryon (1668) : farce
  • George Dandin ou le Mari confondu (1668) : comédie (la musique est de jean-Baptiste Lully)
  • L'Avare ou l'École du mensonge (1668) : comédie
  • Monsieur de Pourceaugnac (1669) : comédie-ballet (la musique des ballets est de Jean-Baptiste Lully)
  • Les Amants magnifiques (1670) : comédie
  • Le Bourgeois gentilhomme (1670) : comédie-ballet (la musique des ballets est de Jean-Baptiste Lully)
  • Psyché (1671) :tragédie-ballet
  • Les Fourberies de Scapin (1671) : farce
  • La Comtesse d'Escarbagnas (1671) : farce
  • Les Femmes savantes (1672) : comédie
  • Le Malade imaginaire (1673) : comédie-ballet (la musique des ballets est de Marc-Antoine Charpentier)

Postérité[modifier]

Molière est considéré comme le plus grand auteur comique français. Dans le monde, la langue française est connue comme "la langue de Molière".

Le théâtre du Palais-Royal est devenu, sept ans après la mort de Molière, la Comédie-Française, parfois désignée par la périphrase "la maison de Molière". Ses pièces y ont été jouées plus de 33000 fois depuis sa création.

En France, la Nuit des Molières récompense chaque année entre 1987 et 2011 par des trophées appelés "Molières" les meilleurs acteurs, auteurs, techniciens, spectacles de théâtre ... Cette cérémonie devrait se dérouler de nouveau en 2014.

Citations[modifier]

  • « Que diable allait-il faire dans cette galère ? » Géronte dans les Fourberies de Scapin.
  • « Ah ! il n'y a plus d'enfants. » Argan dans le Malade Imaginaire.
  • « Hé quoi? Charmante Elise, vous devenez melancolique, aprés les obligeantes assurances que vous avez eu la bonté de me donner de votre foi ? » Valère dans L'Avare.

Sources[modifier]

  • Dictionnaire des citations françaises, Larousse.


Portail de la littérature- Les écrivains, les poètes, les romans, les bandes dessinées
Portail du Théâtre - Tous les articles sur le théâtre et les arts de la scène