Milieu montagnard

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Le milieu montagnard en été dans les Alpes suisses du canton de Berne

Le milieu montagnard est créé par l'existence de la montagne. L'altitude provoque une raréfaction de l'air, un abaissement des températures et une augmentation des précipitations. La montagne modifie donc certaines des données climatiques régnant à plus basse altitude dans la région où elle est située.

La montagne est aussi un espace où les pentes très obliques posent des problèmes d'aménagement (généralement des terrasses) pour que l'homme puisse s'y installer et produire sa nourriture. Aujourd'hui le milieu montagnard redevient attractif grâce aux installations touristiques qui permettent l'accueil de vacanciers aussi bien l'été que l'hiver.

Les contraintes de l'altitude[modifier]

La raréfaction de l'air[modifier]

L'altitude élevée est responsable de la raréfaction de l'air, ce qui contraint les organismes vivants à une adaptation (fabrication de plus de globules rouges afin de capter plus d'oxygène). Cette caractéristique est souvent utilisée dans la préparation physique des sportifs de haut niveau. Malgré cette difficulté pour respirer des millions d'hommes vivent à de très hautes altitudes, comme dans la Cordillère des Andes en Amérique du Sud ou sur les plateaux du Tibet en Asie.

La diminution des températures[modifier]

Avril à Kaboul en Afghanistan. Le froid d'altitude permet le maintien de la neige, alors que dans la vallée il n'y en a plus

La température de l'air diminue avec l'altitude. On perd environ 0,8°C par cent mètres en s'élevant en montagne. Dans les parties très hautes des montagnes les basses températures gênent ou interdisent la croissance des plantes. Le sol est gelé une grande partie de l'année ce qui empêche l'enfoncement des racines et la mobilisation de l'eau nécessaire aux plantes. Mais aussi la trop basse température de l'air bloque l'évapotranspiration de la plante, phénomène naturel nécessaire pour que la plante puisse puiser les éléments nutritifs du sol. À partir d'une certaine altitude, variable selon les zones climatiques, la végétation, même herbeuse, n'existe plus et la vie animale est très réduite (cela correspond à l'étage rocheux de l'étagement de la végétation).

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : étagement de la végétation en montagne.

Cette caractéristique permet ainsi aux régions montagneuses équatoriales ou tropicales d'avoir un climat moins chaud que les régions basses qui les entourent. Cela favorise l'agriculture et l'élevage (absence de la mouche tsé-tsé). Les hauts-plateaux équatoriaux de l'Est-Africains bénéficient de ces possibilités. Il en est de même dans la Cordillère des Andes où vers 3500 mètres d'altitude les Andes humides sont couvertes d'une prairie de graminées (le parano') et les Andes sèches d'une steppe buissonneuse (la puna).

La diminution de la pression atmosphérique et ses conséquences[modifier]

Avec l'augmentation de l'altitude l'air est plus détendu (moins de pression) que l'air des basses altitudes. De ce fait il se refroidit. Ce qui provoque la condensation de la vapeur d'eau qu'il contient. Les précipitations sont donc plus fortes en montagne. Dès que les températures sont suffisamment basses, la pluie se transforme en neige. A très haute altitude et dans les creux la neige s'accumule d'une année sur l'autre (neige persistante, appelée neige éternelle). Cela donne naissance à des glaciers, qui peuvent déborder du cirque glaciaire (leur lieu de naissance) et descendre dans les vallées proches dont ils modifient le relief.

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Glacier.

La variation de la pression de l'air en fonction de l'altitude a donné naissance au phénomène du fœhn dans les Alpes suisses ou du chinook à l'Est des Montagnes Rocheuses aux États-Unis. Ce phénomène est aussi constaté dans l'ouest de l'Argentine aux pieds de la Cordillère des Andes. Il s'agit d'un vent très chaud et très sec qui descend de la montagne proche. (en descendant l'air se comprime, se réchauffe et en fait s'assèche). Ce vent provoque la fonte de la neige, mais peu déclencher des avalanches. Au printemps, il permet la sortie plus précoce des troupeaux enfermés pendant tout l'hiver dans les étables et il avance la montée vers les pâturages d'altitude.

Le régime des cours d'eau[modifier]

Dans les montagnes des régions tempérées, les cours d'eau (torrents et rivières) sont gelés ou ont un débit réduit en hiver. Par contre dès le printemps la fonte des neiges apporte de l'eau en quantité. Il en est de même en été avec la fonte des glaces (si elles existent dans le bassin hydrographique).

Les contraintes de la pente[modifier]

En montagne, sauf dans le fond des grandes vallées, le terrain est toujours en pente plus ou moins oblique.

L'aménagement nécessaire[modifier]

Aménagement des pentes pour la riziculture en Chine
Champs en terrasses au Pérou (créés certainement par les Quetchuas)

Sur les pentes naturelles l'eau s'écoule rapidement. Dans son mouvement elle emporte une partie de la terre superficielle. Pour conserver l'eau tombée et une épaisseur suffisante à la terre afin de pouvoir cultiver ces pentes l'homme doit les aménager. Il lui faut créer des terrains horizontaux perpendiculaires à la pente afin de permettre à l'eau de pluie de s'infiltrer et non pas de s'écouler. Pour cela l'homme crée des terrasses. On peut en voir de superbes ensembles dans la Cordillère des Andes (aménagement datant des civilisations précolombiennes) ou dans les montagnes de l'Asie des moussons où se pratique la riziculture.

Différences selon l'orientation par rapport au réchauffement solaire[modifier]

En fonction de l'orientation des vallées, les possibilités offertes à l'homme sont différentes selon les versants. Dans le cas des vallées orientées est-ouest, le versant exposé au nord (donc qui se situe au sud de la vallée) n'est jamais face au soleil. Il y fait donc plus froid que sur le versant exposé au sud (c'est-à-dire le versant nord de la vallée) qui est au soleil toute la journée. Les étages de végétation sont donc plus bas sur le versant exposé au nord. Souvent sur ce versant la forêt atteint le fond de la vallée ce qui rend ce versant impropre à l'agriculture. Dans les Alpes on appelle adret le versant exposé au sud et ubac le versant faisant face au nord.

La difficulté de l'utilisation du matériel agricole moderne en montagne[modifier]

Les champs en terrasses sont généralement de petites dimensions donc l'utilisation du matériel agricole motorisé est handicapée par les nombreux allers-et-retours dans la parcelle cultivée et la perte de temps et d'espace nécessaire pour faire tourner trop souvent la machine. De plus y amener du gros matériel agricole pose un problème de circulation sur les pentes. Dans les pays développés, la culture moderne abandonne les montages parce qu'elle est trop coûteuse par rapport à celle pratiquée dans les plaines ou les plateaux.

N'y subsiste que l'élevage pour la viande ou pour le lait. Celui-ci peut tirer profit des prairies d'altitude (les « alpages ») où les animaux passent une partie de l'année ? De plus il ne nécessite presque pas de matériel.

La pente peut favoriser la production d'énergie d'origine hydraulique[modifier]

Des conduites forcées alimentant une usine hydroélectrique en Aragon (Espagne)

On peut profiter de la différence d'altitude entre les régions les plus hautes (où il peut y avoir des glaciers) et le bas des vallées. On peut capter l'eau de fonte des glaciers et l'acheminer vers le bas au moyen de conduites forcées. L'eau arrive en bas à très grande vitesse et peut alors mettre en mouvement les turbines d'usines hydroélectriques. La production à bas prix et sans transport de l'électricité a favorisé l'implantation d'industries gourmandes en énergie dans certaines vallées montagnardes. C'est le cas en Savoie. C'est grâce à cette possibilité que l'Italie, dépourvue de charbon mais disposant des Alpes, a pu devenir, dans un premier temps dans le nord, un pays industriel.

Les aménagements touristiques tirent profit de l'altitude et des pentes[modifier]

Une station de ski dans le Tyrol en Autriche

Dans les pays développés la présence des hommes en montagne a été sauvée par l'introduction des sports d'hiver. Plus on est haut plus l'enneigement est précoce et abondant, ce qui garantie une longue saison de tourisme. De plus la variété des pentes disponibles permet d'offrir des parcours à toutes les catégories de skieurs adeptes du ski alpin. On a donc équipé les montagnes de stations de ski ce qui a permis aux agriculteurs de vendre leurs terrains et de trouver un emploi (bien souvent saisonnier) dans les diverses installations ou dans l'encadrement sportif des skieurs.

Le boom sur l'or blanc a poussé des villages d'altitude moyenne à créer des stations. Cependant le changement climatique (et surtout le réchauffement) risque de leur poser un problème de raccourcissement de la durée de l'enneigement et d'épaisseur insuffisante de la neige. Ce qui sera un handicap sérieux pour attirer suffisamment de touristes capables de rentabiliser les coûts de construction et de fonctionnement des installations et du parc hôtelier.

Vikiliens pour compléter sur les milieux géographiques[modifier]

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