Littérature russe

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Rencontre de Tchékov et Tolstoï à Yalta.

La littérature russe naît tardivement au cours du XVIIe siècle avec la poésie et le théâtre, avant l'éclosion, au XIXe siècle, d'une très riche production romanesque.

Les grands auteurs russes[modifier]

XIXe siècle[modifier]

Les poètes romantiques[modifier]

Alexandre Pouchkine[modifier]
Alexandre Pouchkine

Alexandre Pouchkine (en russe : Александр Сергеевич Пушкин, Alexandre Sergueïevitch Pouchkine), né à Moscou le 6 juin 1799 et mort en duel, à Saint-Pétersbourg, le 10 février 1837, est un poète, dramaturge, considéré déjà de son vivant comme le plus grand écrivain russe. Les circonstances dramatiques de sa mort l'ont transformé en une véritable légende : de fait, il bénéficie toujours d'une énorme popularité en Russie.

Pouchkine libère la langue écrite russe à la fois du carcan religieux et administratif, pour la rapprocher de la langue courante, et aussi de l'influence étrangère européenne. Son style est simple, précis et élégant, héritier du siècle des Lumières, mais vivant au cœur de l'ère romantique.

Hors de la Russie, l'œuvre de Pouchkine est beaucoup moins connue que celle d'autres écrivains, comme Tolstoï ou Dostoïevski, parce qu'elle est surtout poétique, écrite en vers, donc difficilement traduisible et peu accessible aux non russophones.

Parmi ses œuvres les plus connues figurent Boris Godounov (tragédie, 1825), par la suite mis en opéra par Moussorgski ; Eugène Onéguine (roman en vers, 1823-1831) dont Tchaikovski a également fait un opéra ; Le Cavalier de bronze (nouvelle en vers, 1833.

Mikhaïl Lermontov
Mikhaïl Lermontov[modifier]

Mikhaïl Lermontov (en russe : Михаил Юрьевич Лермонтов, Mikhaïl Iourievitch Lermontov), né à Moscou le 15 octobre 1814 et mort dans un duel à Piatigorsk, dans le Caucase, le 27 juillet 1841, est un poète et romancier, souvent appelé le « poète du Caucase ».

Mort à 26 ans dans un duel entouré de mystère (ce qui le rapproche de Pouchkine), Lermontov figure pourtant parmi les plus grands poètes russes.

Sa grande œuvre est Un héros de notre temps, roman en prose (1840), composé de quatre nouvelles liées entre elles, contant des aventures amoureuses et tragiques.

Les grands romanciers[modifier]

Nicolas Gogol[modifier]
Nicolas Gogol

Nicolas Gogol (en russe : Николай Васильевич Гоголь, Nikolaï Vassilievitch Gogol) est né à Sorotchintsy dans le gouvernement de Poltava (Empire russe) le 1er avril 1809, et mort à Moscou le 4 mars 1852.

De petite noblesse ukrainienne, Gogol reçoit de son père, à défaut de la fortune, son goût pour la littérature. Sa mère lui donne une éducation religieuse traditionnelle qui évolue vers un mysticisme maladif et une angoisse du mal et du jugement dernier.

Après quelques études, Gogol trouve à Saint-Pétersbourg un modeste emploi dans l'administration, mais sa première visite est pour Pouchkine, qui le conseille.

Sa pièce de théâtre Le Revizor (1836) est une farce politique inspirée par Pouchkine, qui connaît un grand succès et fait scandale à Saint-Pétersbourg : « Tout le monde en a pris pour son grade, dit alors le tsar Nicolas Ier, moi compris ! »

Écœuré, Gogol quitte Saint-Pétersbourg, voyage à travers l'Europe et publie son roman Tarass Boulba (1839), histoire d'un cosaquePrécision belliqueux qui mène une guerre contre les Polonais. Entre autres aventures, Tarass assiste à la trahison de son fils, qui passe à l'ennemi. Son armée est finalement vaincue, et c'est là qu'il trouve sa fin.

L’œuvre de sa vie est un autre roman, Les Âmes mortes, publié en 1842, mais commencé dès 1835, sur une idée de Pouchkine. Après la mort tragique de ce dernier, en 1837, Gogol en fait une satire de la médiocrité humaine, à travers les aventures d'un petit escroc. Et à nouveau, c'est tout à la fois le succès et le scandale dans l'ancienne capitale des tsars.

Gogol fuit la Russie pour un temps, voyage sur les lieux saints, puis s'installe à Moscou, où il se laisse finalement mourir, en proie à une crise mystique.

Ivan Tourgueniev[modifier]
Ivan Tourgueniev

Ivan Tourgueniev (en russe : Иван Сергеевич Тургенев, Ivan Sergueïevitch Tourgueniev), né à Orel (au sud de Moscou) le 9 novembre 1818 et mort à Bougival (près de Paris) le 3 septembre 1883, est un romancier et dramaturge.

Né de famille noble et aisée, il reçoit une très bonne éducation, apprenant notamment de nombreuses langues, comme il était alors de coutume en Russie : le français, l’allemand, l’anglais, le grec et le latin. Il vécut à Berlin de 1838 à 1841 avant de retourner à Saint-Pétersbourg. Puis il part pour Londres et s'installe définitivement à Paris en 1847.

Sa célèbre nouvelle Premier Amour (1860) est un récit largement autobiographique où le jeune héros voit lui échapper la belle Zénaïde. Les personnages sont pour la plupart identifiables aux proches parents et à l'entourage de l'écrivain.

Son roman le plus célèbre est Pères et Fils (1862), qui met en scène des nihilistes, auxquels s'oppose le « héros positif ».

À Paris, Tourgueniev eut pour amis Gustave Flaubert et Émile Zola.

Fédor Dostoïevski[modifier]
Fédor (ou Fiodor) Dostoïevski

Fédor Dostoïevski (en russe : Фёдор Михайлович Достоевский, Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski) est né à Moscou le 11 novembre 1821 et mort à Saint-Pétersbourg le 9 février 1881.

Après une école d'officiers où se lie avec les mouvements progressistes et arrêté pour cette raison en 1849, il est déporté dans un bagne de Sibérie pendant quatre ans. Sous-lieutenant, il démissionne de l'armée en 1860 et s'engage définitivement dans l'écriture. Joueur couvert de dettes, d'un caractère sombre, Dostoïevski mène une vie d'errance en Europe, au cours de laquelle il devient un « libéral » et un patriote convaincu.

Romans : Crime et Châtiment (1866) ; L'Idiot (1868) ; L'Éternel Mari (1870) ; Les Démons (1871) ; Les Frères Karamazov (1880).

Au centre des romans de Dostoïevski se trouvent des questions « métaphysiques » sur le libre arbitre et l'existence de Dieu. Ses personnages se construisent au travers de leurs actes et de leurs rapports sociaux.

Léon Tolstoï[modifier]
Léon Tolstoï

Léon Tolstoï (en russe : Лев Николаевич Толстой, Lev Nikolaïevitch Tolstoï) est né à Iasnaïa Poliana en Russie le 9 septembre 1828 et mort à Astapovo le 20 novembre 1910

Tolstoï est l'un des écrivains majeurs de la littérature russe, surtout par ses romans et ses nouvelles, riches d'analyse psychologique et de réflexion morale et philosophique.

Son roman Guerre et Paix (1869), est une reconstitution historique et réaliste des guerres napoléoniennes en Russie, mais c'est aussi une réflexion sur la violence inspirée par des conflits comme la guerre de Crimée (1853-1856), durant laquelle il fut mobilisé.

À partir des années 1870, Tolstoï entame une quête spirituelle et religieuse qui se reflète dans ses œuvres : il multiplie alors les considérations philosophiques qu'il mêle aux événements romanesques, comme dans Anna Karénine (1877), histoire d'une passion dramatique, et plus encore dans Résurrection (1899), où le héros en plein débat moral rencontre la figure du Christ.

À la fin de sa vie, Tolstoï devient une sorte de maître à penser prônant une vie simple et morale et combattant les institutions oppressives et toutes formes de violence : il a eu ainsi une grande influence sur des personnalités comme le Mahatma Gandhi, Romain Rolland et Stefan Zweig.

Théâtre[modifier]

Anton Tchekhov[modifier]
Anton Tchekhov

Anton Tchekhov (en russe : Анто́н Па́влович Че́хов, Anton Pavlovitch Tchekhov), né le 29 janvier 1860 à Taganrog (en Crimée) et mort le 15 juillet 1904 à Badenweiler (Allemagne), est un écrivain, nouvelliste et dramaturge, médecin de profession.

Tout en exerçant la médecine, il publie entre 1880 et 1903 plus de 600 œuvres littéraires, des pièces de théâtre, mais aussi quantité d'essais et de nouvelles.

Parmi ses pièces de théâtre les plus connues figurent quatre comédies jouées sans relâche et jusqu'à nos jours dans le monde entier :

  • La Mouette (1896), comédie dramatique inspirée d'Hamlet et de l'univers de Guy de Maupassant ;
  • Oncle Vania (1900) : le séjour d'été du professeur Sérébriakov et de sa jeune épouse Eléna, chez son beau-frère Ivan Voïnitski (l'oncle Vania qui donne son nom à la pièce) ;
  • Les Trois Sœurs (1901) : dans une demeure provinciale, les membres de la famille Prozorov, composée de trois sœurs, Macha, Olga et Irina et de leur frère Andreï, ont des conversations absurdes et de grands débats philosophiques, entre leurs mariages ratés et leurs désespoirs amoureux ;
  • La Cerisaie (1904) : dans « la vaste et belle Russie », Lioubov Andréïevna, tout juste revenue de Paris, contemple, en compagnie de son frère et de quelques amis, les délicates fleurs des innombrables cerisiers de la propriété ondulant doucement dans la brise, en pensant au passé et aux moments heureux qu'ils ont vécus ensemble.

XXe siècle[modifier]

Timbre de l'URSS à l'effigie de Maxime Gorki

Le début du XXe siècle voit un nouvel élan littéraire avec la poésie symboliste puis futuriste, vite étouffées par la persécution soviétique. L'ère communiste connaît pourtant toute une génération de poètes comme Sergueï Essénine et Vladimir Maïakovski et de romanciers comme Maxime Gorki, Boris Pasternak, Mikhaïl Cholokhov ou Mikhaïl Boulgakov (Le Maître et Marguerite), tandis que la répression stalinienne frappe des écrivains comme Vassili Grossman, Varlam Chalamov ou Alexandre Soljenitsyne qui, publiés en Occident, dénoncent le système totalitaire soviétique.

Depuis 1990[modifier]

La chute de l'Union soviétique et la disparition du régime communiste ont fait émerger progressivement une nouvelle littérature russe.

Lire en ligne[modifier]

  • Œuvres d'auteurs russes disponibles en français sur Wikisource


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Source : cette page a été partiellement adaptée de la page Littérature russe de Wikipédia.