Jeanne d'Arc

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Jeanne d'Arc en armure (miniature du XVe siècle). Portrait imaginaire et idéalisé

Jeanne d'Arc, dite la Pucelle ou la Pucelle d'Orléans, née à Domrémy (en Lorraine) le 5 ou 6 janvier 14121 et morte brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431, à seulement 19 ans, est une femme qui a vécu en France pendant la guerre de Cent Ans et combattu pour le roi de France Charles VII.

Sa vie, sa légende[modifier]

Le père de Jeanne, Pierre d'Arc ou d'Ailly ou Tailly, est un paysan aisé, notable de son village ; sa mère est Isablet de Vouthon, nom d'un petit village, surnommée Romée, en référence à un pèlerinage à Rome 2.

Aînée d'une famille de cinq enfants, elle est très pieuse. Elle se rend souvent à l'église pour prier. Alors qu'elle a 13 ans, elle raconte entendre des voix de saintes et d'archanges. Ces voix lui soufflent d'aller rencontrer le dauphin Charles VII, alors évincé de la succession au trône de France par son rival le roi d'Angleterre. Les voix lui disent de libérer la France de l'envahisseur (les Anglais) et de faire sacrer le dauphin à Reims.

Malgré les réticences de sa famille, elle arrive à partir de Lorraine, traverse la France et rencontre Charles à Chinon en 1429. Elle surmonte les réticences du roi et de son entourage par sa candeur, sa foi, son assurance et l'enthousiasme qu'elle soulève dans le peuple. Charles accepte de la laisser rejoindre Orléans pour y briser le siège fait par les Anglais. Elle parvient à redonner confiance aux soldats français épuisés et les assaillants abandonnent le siège dans la nuit du 7 au 8 mai 1429.

Après cette victoire, Jeanne convainc le dauphin de se faire sacrer roi à Reims, ville où traditionnellement les rois de France sont sacrés depuis des siècles, mais située en plein territoire contrôlé par l'ennemi. La victoire à Orléans a redonné confiance dans la cause du dauphin et la population, bien que dominée par les Anglais, les laisse passer. Le dauphin est sacré le 17 juillet 1429.

Jeanne d’Arc au sacre du roi Charles VII, dans la cathédrale de Reims. Tableau du peintre Ingres, 1851.

Après cela, Jeanne continue la guerre. Elle échoue à reprendre Paris, tenus par les partisans du duc de Bourgogne. Elle est capturée le 23 mai 1430 à Compiègne par des soldats du duc de Bourgogne, puis vendue aux Anglais. Autant les Français voient dans Jeanne l'incarnation de la volonté divine, autant les Anglais voient en elle une pécheresse dévouée au diable. Ils lui intentent un procès en hérésie, mais ne parviennent à l'accuser que de quelques fautes : porter des habits d'homme 3 et avoir quitté ses parents sans leur autorisation. Effrayée par ses juges, Jeanne signe l'adjuration de ses péchés : elle reconnaît qu'elle a eu tort de s'habiller en homme et de faire la guerre comme un homme. Mais, de retour en prison, elle remet un pantalon dans des circonstances obscures. Pour les Anglais, elle a donc trahi sa parole et est retombée dans ses erreurs (elle est « relapse »). Elle est condamnée à la mort par les flammes et brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431.

Son importance dans la guerre[modifier]

Avant la venue de Jeanne à Chinon, la France est occupée pour moitié par les Anglais ou leur alliés. Le précédent roi de France, Charles VI, était fou et avait laissé sa femme, la reine Isabeau de Bavière, seule. Beaucoup de gens pensaient que Charles VII n'était pas le fils du précédent roi, mais un bâtard, un fils illégitime.

La folie du roi a entraîné une grande faiblesse du royaume. Les princes de la famille royale se disputent le pouvoir. Les Anglais en ont profité pour l'envahir. L'armée royale française est anéantie à la bataille d'Azincourt en 1415. La reine est obligée de signer un traité, le traité de Troyes, qui indique que, à la mort de Charles VI, le roi fou, le royaume de France reviendra au fils (Henri VI) du roi d'Angleterre, petit-fils de Charles VI et non au fils de Charles VI. Mais à la mort de Charles VI, le fils du roi d'Angleterre n'a qu'un an ! Il n'est donc pas sacré roi, car il est trop jeune. De son côté, Charles VII n'a pas les moyens d'aller se faire sacrer roi, car la ville du sacre, Reims, est en plein territoire contrôlé par l'ennemi ; de plus, beaucoup de gens pensent qu'il n'est pas le fils du roi.

L'action de Jeanne va tout changer. La victoire à Orléans brise l'impression que les Anglais sont invincibles. Le sacre, en plein territoire ennemi, a une grande importance : il fait comprendre à la population française, dans les terres occupées par les Anglais, que le vrai roi est Charles, choisi par Dieu, et non le roi d'Angleterre. Ce changement d'état d'esprit va permettre aux Français de gagner la guerre en 1453, soit vingt ans plus tard, le nouveau roi étant maintenant soutenu par le peuple.

Postérité[modifier]

La signature de Jeanne d'Arc

Jeanne d'Arc, surnommée « la Pucelle d'Orléans4 », a été rejugée après sa mort à la demande de sa mère. Ce second procès l'a réhabilitée, établissant que le premier procès était sans valeur. Jeanne d'Arc a été béatifiée en 1909. Jeanne a été canonisée par l'Église catholique en 1920.

Jeanne sert toujours de figure emblématique pour beaucoup de gens qui considèrent que la France est menacée.

Encore maintenant, la ville d'Orléans célèbre tous les ans sa libération en organisant les fêtes de Jeanne d'Arc, dites « fêtes johanniques », vers fin avril-début mai.

Voir aussi[modifier]

Lien externe[modifier]

Note[modifier]

  1. La date est incertaine. À son procès Jeanne dira qu'elle a environ 19 ans. Le jour de sa naissance tout aussi incertain, correspond, curieux hasard, à la fête chrétienne de l'Épiphanie, ou fête des rois
  2. pendant son interrogatoire à Rouen, selon la coutume de son pays, Jeanne donnera comme nom de famille celui de sa mère
  3. La Bible (Deutéronome) interdit aux femmes de porter des habits d'homme, ce qui est considéré comme une abomination, condamnée par Dieu. Il en est de même pour les hommes qui portent des habits de femme
  4. La périphrase « la Pucelle d'Orléans » est passée dans l'usage commun jusqu'à nos jours ; pucelle est le mot normal en ancien français pour désigner une jeune fille.
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