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Humanisme

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Portrait de l'humaniste italien Marcantonio Flaminio, (1498-1550)

L'humanisme est un mouvement européen de la Renaissance né en Italie au XIVe siècle, qui parcourt également les XVe et XVIe siècles. C'est un mouvement d'idées qui place l'être humain au centre de la pensée et du monde, et qui honore les valeurs humaines.

La plupart des humanistes sont des philosophes, des savants, des intellectuels, des artistes ou encore des politiciens. Ils s’intéressent à plusieurs disciplines telles que l’astronomie, les sciences, l’anatomie, les mathématiques, les langues, l’architecture et la philosophie en se basant entre autres sur les textes antiques, grecs et latins, qu'ils redécouvrent et mettent en valeur. Enfin ils restent attachés à la religion chrétienne et, de ce fait, ils transmettent aussi un message religieux.

Au sens moderne, l'humanisme désigne toute pensée qui met au premier plan de ses préoccupations le développement des qualités essentielles de l'être humain et qui dénonce ce qui l'asservit ou le dégrade.

L'Antiquité gréco-latine comme modèle[modifier]

Un texte d'Aristote, édité en grec par Alde Manuce (fin du XVe siècle)

Tout en conservant leurs idées religieuses chrétiennes, de nombreux intellectuels (ceux que l'on appelle les humanistes) à partir du XVe siècle recherchent de nouveaux domaines de réflexion.

La redécouverte du savoir antique[modifier]

Tout un univers nouveau s'ouvre à eux. Ils peuvent enfin accéder aux œuvres littéraires, philosophiques et scientifique de l'Antiquité gréco-latine.

Les œuvres en latin de Cicéron, de Tacite, sont tirées de l'oubli des bibliothèques des monastères de l'Europe occidentale. Comme modèle d'écriture, comme sujet d'étude et d'édition, Cicéron remplace les penseurs chrétiens comme saint Jérôme et saint Augustin. Menacés par l'expansion territoriale des Turcs ottomans, de nombreux savants byzantins arrivent en Italie dès le Concile de Florence de 1439-1443, et surtout après la chute de Constantinople en 1453. Ils amènent avec eux les textes, en grec, d'Aristote, de Platon, les récits de la mythologie grecque.

Après avoir étudié le grec ou l'hébreu (disparus des études au Moyen Âge), les érudits (les philologuesPrécision ont établi le texte le plus sûr possible des œuvres des auteurs antiques. Désormais on peut relire les auteurs anciens dans le texte originel, en latin classique, en grec ou en hébreu. Les textes médiévaux provenant de traductions souvent approximatives, elles-mêmes issues des traductions musulmanes des auteurs gréco-latins, sont mis à l'écart. Des œuvres qui avaient été censurées ou ignorées par les copistes du Moyen Âge, contrôlés par l'Église catholique ou l'Université, sont proposées à la lecture et à l'étude.

Un changement de centres de réflexion[modifier]

Au Moyen Âge, la réflexion était encadrée par la religion chrétienne : la création, le fonctionnement ou le disfonctionnement du monde étaient l'œuvre de Dieu. La place de l'homme n'était envisagée que par rapport à Dieu. L'homme, créature de Dieu, est déchu par le péché original et n'est responsable que devant Dieu. Pour résoudre, les malheurs qui au XIVe siècle ont frappé l'Europe, on s'en remettait à l'intervention divine, à celle de la Vierge Marie ou à celle des saints.

La lecture des auteurs gréco-latins antiques, des non-chrétiens, montrent qu'ils recherchaient à faire le bien. Ces anciens abordaient les grandes questions qui hantent l'esprit humain sans faire intervenir Dieu. Ils utilisaient la raison, l'intelligence humaine.

Les intellectuels du XVe siècle, mettent l'homme au centre de leurs préoccupations. Ils pensent qu'il faut faire confiance à l'homme. Celui-ci peut maitriser sa vie et agir sur le monde, en se servant de son intelligence. L'homme doit se servir de sa liberté individuelle pour s'améliorer et il répond de ses actes devant sa conscience. Les intellectuels cherchent, à partir d'exemple tirés de l'Antiquité, à définir ce qu'est l'humanité.

L'éloge du savoir[modifier]

Les Ambassadeurs, tableau de 1533 influencé par l'humanisme, peint par Hans Holbein le Jeune.

L'homme doit de ce fait entrer dans une nouvelle ère, celle du progrès, du bonheur et de la paix. La raison, l'intelligence doivent s'appuyer sur une meilleure connaissance dans tous les domaines, Pic de la Mirandole sera le symbole de cet état d'esprit.

Aucun domaine ne doit échapper à l'étude, y compris la religion chrétienne. Le texte de la Bible, figé depuis l'Antiquité (IIIe siècle av. J.-C. et IIe siècle av. J.-C.) dans la version grecque dite des Septante, est retravaillé, grâce au développement de l'étude de l'hébreu, pour approcher le texte le plus originel

Il faut donc multiplier les études pour étendre le savoir : le programme d'études que François Rabelais propose dans Gargantua est la liste de ce qu'il faut savoir et savoir faire. Les langues anciennes, les sciences, les techniques, la religion, la musique, la danse deviennent des matières d'enseignement. Une culture humaniste doit favoriser la curiosité de l'esprit , développer l'esprit critique et parvenir à l'épanouissement de l'élève (sans compter la place importante consacrée aux activités physiques). La culture, en latin humanitas et la sagesse qui doit en découler,vont ainsi créer l'humanisme.

Le monde des humanistes[modifier]

Érasme portrait par Quentin Metsys. vers 1517

La République des lettres[modifier]

L'humaniste ne reste pas isolé dans son coin. Il fréquente les hommes qui ont le même état d'esprit que lui. Ils forment des académies , se réunissent dans les bibliothèques où commencent à s'entasser les livres rares et où on peut consulter les textes antiques.Ces lieux de savoir et de rencontre sont souvent patronnés par les princes, comme les Médicis à Florence , les papes à Rome ou le roi François Ier en France. Ces puissants sont fiers de fréquenter les grands esprits.

À côté des universités, enfermées dans leurs traditions médiévales, les princes ouvrent des institutions plus ouvertes (les collèges) où les humanités sont mises à l'honneur . En France, en 1530, le roi crée le collège des lecteurs royaux (devenu le collège de France ) où il pensionne, à partir de sa cassette personnelle, des professeurs qui enseignent le latin, le grec, l'hébreu ; ils échappent alors au contrôle de la Sorbonne (la faculté de théologie de Paris) bastion du conservatisme universitaire.

Les humanistes correspondent entre eux (le plus souvent latin, qui reste la langue internationale de l'époque). Ils voyagent beaucoup . Ainsi le plus grand d'entre eux Érasme, pendant la plus grande partie de sa vie, parcourt l'Europe et rencontre d'autres humanistes. Ils forment une sorte de République des lettres.

L'apport de l'imprimerie et du livre[modifier]

L'humanisme bénéficie du développement de l'imprimerie par Johannes Gutenberg vers 1450, en Allemagne. En Italie, Alde Manuce) et en France, Robert Estienne) sont à la fois des imprimeurs mais aussi des humanistes. Le savoir est alors démultiplié et peu atteindre de nouveaux milieux sociaux, d'autant que les auteurs écrivent de plus en plus dans leur langue nationale ainsi mise à l'honneur. Le pouvoir du livre est tel, que les princes surveillent ce qui s'imprime, et ce qui entre dans leurs États : ainsi en 1534, le roi François Ier oblige chaque imprimeur a avoir une autorisation pour chaque livre et faire apparaître son nom , le lieu et la date de l'impression sur chaque exemplaire (ce qui en plus d'avoir un effet dissuasif facilite la répression).

Le savoir n'est plus, comme au Moyen Âge, transmis uniquement par le professeur qui proposait sa conception ( sa compréhension) des auteurs qu'il présentait du haut de sa chaire universitaire. Désormais avec le livre, on peut individuellement se livrer à l'étude et construire sa propre pensée au contact des auteurs anciens. De fait la culture va se détacher progressivement de l'enseignement.

Améliorer le monde[modifier]

Fichier:Erasmus and Thomas More visit the children of Henry VII.jpg
A droite, Érasme et Thomas More (en rouge), reçus par le prince Henri (le futur Henri VIII d'Angleterre. Tableau de 1910

Les humanistes tentent de participer aux affaires du monde. Il correspondent avec les princes qu'ils essaient d'influencer. En 1513, Machiavel décrit les lois de l'évolution politique des États et dédie à César Borgia son ouvrage Le Prince. En 1516, Érasme compose l' L'institution du prince chrétien où il énumère à Charles Quint, roi d'Espagne (et bientôt empereur du Saint-Empire romain germanique) ses devoirs de souverain et la notion du bien commun. Thomas More, qui deviendra chancelier d'Angleterre, écrit l'Utopie en 1516. Il y critique l'organisation de son pays et préconise un monde idéal fondé sur l'égalité sociale, où les besoins publiques et individuels sont assurés par la société afin que le maximum de temps soit dégagé pour l'étude. Il prône la tolérance religieuse qui maintient la paix civile et rejette la guerre entre les nations.


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