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Histoire de la langue française

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Manuscrit du début des Serments de Strasbourg, premier texte en langue romane qui donnera le français, 842.

Le français est une langue romane, c'est-à-dire issue du latin.

L'histoire de la langue française commence avec le premier écrit dans une langue nouvelle qui ne peut plus être identifiée comme du latin. Ce premier document en français date de 842 : ce sont les Serments de Strasbourg, qui déterminent le partage de l'empire de Charlemagne. Curieusement, ce document contient aussi le premier texte en allemand : les deux langues de l'empire carolingien connaissent ainsi le même point de départ.

Avant le français[modifier]

La langue gauloise[modifier]

La France n'a pas toujours été la France. Dans l'Antiquité, elle faisait partie des Gaules, nom donné par les Romains au territoire peuplé par les Celtes qu'ils appelaient des Gaulois.

Arrivée des Romains[modifier]

Une page de l’ordonnance de Villers-Cotterêts, 1539.

De 58 à 51 av. J-C, les Romains, menés par Jules César, voulant étendre leur territoire, envahissent la Gaule.

Les Gaulois parlent une langue celtique, le gaulois, et les Romains parlent une langue italique, le latin. Toutes ces langues font partie de la grande famille des langues indo-européennes, issues d'une même langue disparue, mais en partie reconstituée, l'« indo-européen ».

Les Gaulois et les Romains vont donc vivre sur des territoires communs et se mélanger assez vite entre eux, comme dans les autres provinces de l'Empire romain.

Dans presque toute la Gaule, comme en Espagne et en Lusitanie (Portugal), le latin va remplacer peu à peu les langues celtiques, tout en conservant quelques mots ou des tournures des langues de ces pays. À la fin de l'Empire romain, la langue parlée en Gaule est donc proche du latin, mais avec des modifications qui lui sont propres.

Les langues celtiques n'ont pas disparu : elles ont pu continuer à être parlées et transmises sur les territoires comme la Grande-Bretagne, pourtant également colonisée par les Romains, ou bien en Irlande et en Écosse où les Romains ne se sont jamais installés. Le breton est une langue celtique qui est « revenue » en Bretagne, quand des Bretons romanisés de Grande-Bretagne chassés par des invasions se sont installés en Bretagne.

Arrivée des Francs[modifier]

Les Francs étaient un ensemble de tribus, de petites peuplades qui vivaient à l'est du Rhin. Tout comme les Romains, les Francs voulaient agrandir leur territoire.

C'est pourquoi, au Ve siècle, ils envahissent la Gaule, sous les ordres de leur chef, nommé Clovis. Les Francs ne parlaient ni le latin, ni le gaulois, mais le francique, une langue germanique assez proche du bas-allemand et du néerlandais.

Le français a gardé dans son vocabulaire un grand nombre de mots issus du francique, comme :

  • attacher, bannir, bâtir, beffroi, effrayer, bleu, cresson, dard, épieu, épier, escrime, étal, éperon, échanson, gars / garçon, fief, frais, framboise, fauteuil, galop, gant, garant, gris, guerre, guetter, jardin, harangue, hardi, haubert, hêtre, haïr / haine, heaume, honnir / honte, houx, loge(r), maçon, marais, maréchal, marque, marche, randonnée, rang, renard, trêve, trotter... et beaucoup d'autres.

Pourquoi le français ?[modifier]

Langues et dialectes de la France actuelle

Les Francs, qui n'étaient pas très nombreux, vont assez vite adopter la langue du pays. Seul un petit nombre de mots du francique seront adoptés dans la langue parlée en Gaule.

Par la suite, ce qu'on appelait le royaume des Francs a été appelé la France. La langue qui s'y formait, principalement issue du latin, a donc été appelée le français.

Tout cela ne s'est pas fait du jour au lendemain, mais a demandé des siècles !

La langue française[modifier]

Le français, depuis les origines, est réparti en deux grandes familles de langues, comprenant de nombreux dialectes :

Oïl et oc étaient les mots pour dire « oui » dans chacun de ces deux groupes linguistiques.

Entre ces deux grandes zones existe une « zone intermédiaire », où la langue a des traits des deux précédentes : elle couvre le Lyonnais, les Alpes, le Jura et toute la Suisse romande.

Les derniers vers du texte en ancien français de la Chanson de Roland, vers 1080.

L'ancien français[modifier]

L'ancien français est l'ensemble des dialectes de la langue d'oïl, durant le Moyen Âge, soit environ quatre siècles de littérature.

L'ancien français n'est pas accessible immédiatement au lecteur moderne. Celui-ci peut comprendre partiellement le texte original de la Chanson de Roland (1080), mais bien des points lui échappent, tant ont changé les usages de la grammaire et du vocabulaire. Une traduction s'avère nécessaire pour accompagner la lecture.

Le moyen français[modifier]

Le moyen français est la langue de la Renaissance. De Rabelais à Montaigne, le lecteur d'aujourd'hui comprend (presque) tout : le vocabulaire est un peu exotique, mais la structure de la phrase est (presque) semblable à la nôtre. Un grand changement technique s'est opéré : ces livres-là sont postérieurs à Gutenberg : ils ont été imprimés dès leur publication !

Le français classique[modifier]

C'est le français de Corneille, de Molière, de La Fontaine et de Madame de Sévigné. Tout le monde l'a étudié à l'école. Nous comprenons cette langue, tout en percevant bien ce qu'elle a de différent de la nôtre, dans ses tournures, surtout. Le vocabulaire, lui, s'est stabilisé, unifié. Nous y sommes à l'aise.

Le français moderne[modifier]

On dit que Rousseau a inventé la prose moderne. Lui, et Voltaire, et Diderot. La langue est désormais limpide : on la lit à haute voix sans accrocher. C'est une langue sans complications, accessible à tous. C'est celle du XVIIIe siècle, le Siècle des Lumières.

Le français contemporain[modifier]

Depuis les Romantiques du XIXe siècle, la langue s'est stabilisée, uniformisée. L'école et l’État y ont fortement contribué. Les romanciers du XIXe et du début du XXe siècle usent volontiers d'une langue cultivée, voire recherchée. C'est ce qui les distingue des auteurs contemporains, généralement plus proches de la langue de tous les jours.

Les enregistrements sonores réalisés depuis la fin du XIXe siècle témoignent de l'évolution de la prononciation du français durant cette période.

Diverses origines des mots français[modifier]

Nous avons encore aujourd'hui des mots d'origine gauloise dans la langue française. On en compte environ 150, comme blato, « blé », caliavo, « caillou », ou crama, « crème ». Nous avons également 400 mots qui viennent du francique comme gwerra, « guerre » et suppa, « soupe ».

Une écrasante majorité de mots français sont pourtant d'origine latine, issus du latin classique, comme regula, « règle », assez souvent aussi du latin populaire, comme caballus, « cheval », et même de l'argot latin d'origine militaire, comme testa, « tête » (proprement un « tesson de poterie » !).

Beaucoup de mots scientifiques ont été forgés avec des mots tirés du grec ancien : en médecine et en biologie, par exemple. D'autres mots ont été importés des langues voisines, et parfois d'idiomes beaucoup plus éloignés géographiquement.

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Mots d'origine étrangère utilisés par les Français.

Langues régionales[modifier]

En France sont pratiquées des langues régionales. Certaines sont de la même famille que le français, d'autres non.

Article à lire Article à lire : Langues régionales de France

Pour en savoir plus[modifier]

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