la cabane • le Livre d'or
Dites à vos parents, grand-parents, grands frères et sœurs etc. qu'ils peuvent eux aussi écrire et améliorer des articles de Vikidia !
Guerres de religion
|
|
Vikidia possède une catégorie d’images sur les guerres de religion.
|
En France, de 1562 à 1593, huit guerres de religion, séparées par des trèves plus ou moins longues, opposent les catholiques et les protestants (également appelés huguenots). Cette guerre civile se double d'interventions étrangères : l'Angleterre et des princes allemands soutiennent les protestants et les Espagnols appuient les catholiques. Le pouvoir royal affaibli par les règnes de rois enfants (François II et Charles IX) ou très contestés (Henri III et Henri IV) est attaqué par les ambitions des grandes familles nobiliaires comme les Guises, les Bourbons, les Montmorency. Les ravages et les atrocités faits par l'un et l'autre camp sont nombreux. Ce n'est qu'en 1598 que cessent les opérations militaires et que le roi Henri IV proclame l'Édit de Nantes qui rétablit la paix religieuse en France.
Sommaire |
[modifier] Le protestantisme en France avant les guerres de religion
[modifier] L'essor du protestantisme
Le protestantisme s'implante en France sous sa forme calviniste. Cette confession, où les communautés de fidèles s'administrent librement, apparait comme une menace pour l'autorité royale qui depuis le règne de François Ier installe l'absolutisme. Les premiers adeptes se recrutent surtout parmi les artisans et les intellectuels, ce qui à l'époque représente peu de personnes. Mais la menace devient plus sérieuse lorsque des princes du sang
(les Bourbons et les Condés) tout comme de très grands seigneurs comme certains Montmorency se convertissent
au protestantisme. Ils peuvent fournir les chefs d'un parti protestant. Les imitant de nombreux petits seigneurs du Midi et de l'Ouest du royaume se convertissent également. Avec eux ils amènent les paysans de leurs domaines. Les calvinistes ont alors les moyens humains pour créer une armée. De plus l'existence d'une division religieuse du royaume n'est pas tolérée alors que la France doit affronter la puissante monarchie espagnole de Charles Quint puis de Philippe II.
[modifier] La répression royale
Le roi Henri II réprime impitoyablement les protestants (appelés également Huguenots). Il crée une chambre ardente, section du parlement de Paris, chargée de juger les calvinistes. De 1547 à 1559, elle prononce près de 500 condamnations, dont 60 à mort. Le reste des condamnés étant soumis à l'amende honorable, ou à l'"emmurement" (prison perpétuelle). À partir de 1557, la peine de mort devient la seule condamnation. En 1551, pour repérer les hérétiques
la délation
est encouragée, les dénonciateurs recevant le tiers des biens des condamnés.
Cette répression n'empêche pas l'augmentation du nombre de huguenots ou "réformés". Ceux-ci d'ailleurs, formant jusque-là des groupes isolés, s'unissent et tiennent, en 1559, une assemblée (synode) à Paris. Il y a près de 700 églises
réformées en 1559, elles sont plus de 2000 en 1561.
[modifier] Tentatives pour maintenir la paix religieuse
[modifier] Pendant le règne de FrançoisII
En juillet 1559, François II devient roi, il est âgé de 16 ans. Il abandonne le pouvoir aux Guises, les oncles de sa femme Marie Stuart la nouvelle reine. Les Guises sont Lorrains (donc, à l'époque, des étrangers), mais leur mère est une Bourbon donc princesse du sang française. Ils sont les chefs des catholiques les plus intransigeants. Ils continuent la politique anti-protestante d'Henri II. L'échec de la tentative des protestants pour enlever le roi, se termine par un massacre des protestants. Mais à la mort du roi, en décembre 1560, les Guises perdent le pouvoir.
[modifier] Pendant la régence de Catherine de Médicis
Le nouveau roi Charles IX, n'ayant que dix ans, c'est sa mère Catherine de Médicis qui devient régente du royaume
. Par tous les moyens elle agit pour conserver le trône de ses fils. Sa politique est fluctuante en fonction du rapport des forces entre les deux camps. Elle tente de maintenir la paix religieuse, puis devant l'échec de cette politique, elle doit laisser les deux camps s'affronter tout en s'efforçant de trouver des compromis ramenant une paix provisoire.
Catherine de Médicis essaie de réconcilier les catholiques et les protestants. Conseillée par le chancelier Michel de l'Hôspital, elle tient en 1561 le colloque de Poissy où évêques catholiques et pasteurs protestants tentent, sans succès, de trouver un accord. Cependant, la régente accorde en janvier 1562 le droit pour les calvinistes de célébrer publiquement leur culte dans les faubourgs
des villes et dans les campagnes. Cependant, la plupart des fidèles des deux camps ne sont pas partisans d'une tolérance religieuse. Il y a des troubles très violents, en particulier dans le Midi. Le 1er mars 1562, le duc de Guise qui voyage en Champagne laisse les soldats de son escorte massacrer une centaine de protestants réunis dans une grange à Wassy pour y célébrer leur culte. La guerre commence.
[modifier] Les guerres sous Charles IX
[modifier] Première guerre de religion
La première guerre en 1562-1563 se déroule pour l'essentiel entre la Loire et la Seine. Catherine de Médicis, alliée aux chefs catholiques, fait appel au roi d'Espagne Philippe II. Les protestants pour obtenir l'appui de l'Angleterre lui livrent le port du Havre. Le duc de Bourbon-roi de Navarre, redevenu catholique est tué au siège de Rouen, le prince de Condé est fait prisonnier à la bataille de Dreux par le duc François de Guise. Ce dernier est assassiné par un protestant quelques semaines plus tard. Les catholiques en rendent responsable l'amiral de Coligny, un Montmorency, chef militaire des protestants. Faute de chefs la guerre se termine et la régente accorde la paix d'Amboise en mars 1563. Les protestants voient leurs avantages réduits, car le culte protestant n'est plus autorisé que dans les possessions des grandes familles nobles. Réconciliés catholiques et protestants reprennent Le Havre aux Anglais.
[modifier] Deuxième guerre de religion
La deuxième guerre a lieu en 1567-1568, la troisième guerre en 1569-1570. La méfiance entre les chefs ne permet pas le maintien de la paix. Le duc de Montmorency est tué en voulant débloquer Paris assiégé par Condé. Les combats se déroulent ensuite au sud de la Loire. En 1569, les protestants sont battus à Jarnac et Montcontour par le duc d'Anjou (qui est le frère du roi et le futur Henri III) qui fait assassiner le prince de Condé blessé. Mais les protestants reforment une armée sous les ordres de Coligny. La régente doit accorder un nouvel édit de pacification. Les protestants y gagnent quatre places de sûreté où ils peuvent regrouper leurs troupes. Pour sceller la réconciliation on négocie le mariage de la sœur du roi, Marguerite de Valois et de Henri de Bourbon, roi de Navarre (le futur Henri IV), âgé de 15 ans et chef du parti protestant. Coligny entre au conseil du roi en 1571.
L'influence grandissante de Coligny auprès du jeune roi (22 ans) et ses projets d'attaquer l'Espagne inquiètent Catherine de Médicis qui se rapproche des Guises. Ils tentent d'assassiner Coligny le 22 aout 1572, pendant les fêtes du mariage de Marguerite et d'Henri. C'est un échec mais deux jours plus tard les mêmes obtiennent du roi l'ordre d'assassiner tous les chefs protestants réunis à Paris. C'est le massacre de la Saint-Barthélemy. Un peu partout dans le royaume il en est de même (entre 700 à 800 personnes assassinées à Lyon).
Malgré qu'ils soient sans chef (Henri de Bourbon, qui a été forcé à devenir catholique, étant retenu prisonnier auprès du roi) les protestants reprennent les armes. Ils se retranchent à La Rochelle. En 1573, Charles IX doit céder : il accorde la paix et la liberté de conscience aux protestants. Le roi meurt en 1574, à l'âge de 24 ans.
[modifier] Les guerres sous Henri III
[modifier] Les Guises
Henri III, le nouveau roi, a 22 ans. C'est un catholique fervent, mais sa vie privée nuit à la dignité royale. Il doit faire face à deux dangers. Les protestants sont toujours actifs et en février 1576, Henri de Navarre s'échappe et rejoint ses troupes. Les protestants se sont organisés. Dans les régions qu'ils contrôlent ils forment des gouvernements qui administrent, lèvent les impôts et disposent de troupes. Le royaume est en voie d'éclatement. Henri III doit surtout lutter contre l'ambition du duc Henri de Guise (dit le Balafré) qui a 38 ans. Chef des catholiques les plus intransigeants, il veut faire disparaître les protestants français. Il rêve également de devenir roi de France. Cependant, il existe des catholiques modérés qui souhaitent l'arrêt des guerres qui ensanglantent et ruinent le pays et ne profitent qu'au roi d'Espagne. Ils forment le parti dit des Malcontents ou des Politiques.
[modifier] La Ligue
En 1576, les opposants aux Guises, obtiennent d'Henri III l'édit de Beaulieu. La liberté de culte est étendue à tout le royaume sauf Paris. Les protestants obtiennent huit places de sûreté. Dans chaque parlement (tribunaux supérieurs) il y aurait autant de juges catholiques que protestants. Les chefs protestants obtiennent des places importantes dans l'administration militaires du royaume.
Ces dispositions rendent furieux les catholiques extrémistes. Ils se regroupent dans la Ligue qui prend comme chef le duc de Guise. Ils refusent d'appliquer les décisions royales. Ils forment donc une menace pour la royauté. La ligue oblige le roi à reprendre la guerre contre les protestants. Il y aura deux campagnes en 1577 et 1579-1580, sans résultats décisifs.
En 1584, François duc d'Alençon, héritier du trône, meurt. D'après les règles de succession c'est Henri de Navarre qui devient l'héritier. Les catholiques ne supportent pas d'avoir un protestant comme futur roi. Ils adhèrent en masse à la Ligue où ils sont fanatisés par des prédicateurs. Ils font appel aux Espagnols. En mai 1588, le roi Henri III est chassé de Paris par les Ligueurs. Il se réfugie à Blois. Pour gagner du temps, il fait du duc de Guise le lieutenant général du Royaume. Mais en décembre 1588, ayant convoqué les États généraux à Blois, il y fait venir le duc de Guise et le fait assassiner. Scandalisés et furieux, les Ligueurs s'emparent de Paris où ils organisent le gouvernement dit des Seize, une dictature formée des représentants élus des seize quartiers de la ville. Il proclame la déchéance du roi, nomme à sa place le cardinal de Bourbon (membre de la branche cadette des Bourbons mais qui est alors prisonnier du roi) et comme lieutenant général du royaume le duc de Mayenne, frère du duc de Guise.
Henri III s'allie alors à Henri de Navarre, son héritier. Ils assiègent Paris. Mais le Ier août 1589, à Saint-Cloud, le roi Henri III est assassiné par Jacques Clément un moine ligueur. Henri de Bourbon, roi de Navarre, devient alors le roi de France Henri IV.
[modifier] Les guerres sous Henri IV
[modifier] Contre les Espagnols et Paris
Le nouveau roi, âgé de 36 ans, est alors abandonné par une partie de ses soutiens (une partie des nobles catholiques qui étaient venus aider Henri III). Il lève le siège de Paris, et se replie sur la Normandie où il peut recevoir des secours anglais mais aussi menacer Paris. En septembre 1589, à Arques près de Dieppe, il bat l'armée catholique du duc de Mayenne ; il en est de même mars 1590 à Ivry (près d'Évreux). Mais malgré un siège épouvantable de quatre mois, la population de Paris fanatisée par les moines ligueurs, refuse de se rendre. Au contraire, en 1591, les Ligueurs laissent entrer dans la capitale les troupes espagnoles commandées par Alexandre Farnèse duc de Parme. Celui-ci reprend le combat contre Henri IV et l'oblige à lever le siège de Rouen.
[modifier] L'abjuration
d'Henri IV
En 1593, les Ligueurs réunissent les États généraux à Paris afin de nommer leur nouveau roi (le précédent, le cardinal de Bourbon étant mort en 1590). Philippe II d'Espagne, ignorant la loi salique et le sentiment national des Français, tente d'imposer sa fille Isabelle (dont la mère était la fille du roi Henri II). Henri IV en profite pour annoncer qu'il se convertit, une nouvelle fois, au catholicisme, ce qu'il fait dans la basilique royale de Saint-Denis le 23 juillet 1593. Désormais la France a un roi catholique. La nouvelle situation divise les Ligueurs et condamne les espoirs espagnols. Henri IV achète alors la soumission des chefs catholiques. Il peut entrer dans Paris en mars 1594. Les guerres de religion sont terminées.
La guerre continue avec les Espagnols, en Franche Comté, en Picardie, en Bourgogne, avec des succès mais aussi des revers pour les Français. Les adversaires décident d'arrêter et signent en 1598 le traité de Vervins, qui reprend les dispositions du traité de Cateau-Cambrésis de 1559.
[modifier] La France après les guerres de religion
Pour clore les querelles religieuses entre catholiques et protestants, Henri IV publia en avril 1598, l'Édit de Nantes qui accorde la liberté de conscience, la liberté du culte, l'égalité judiciaire et la sécurité aux protestants. La France devient ainsi le seul pays d'Europe où coexistent officiellement deux religions. Cet édit fut difficilement accepté par les catholiques.
L'atrocité des combats de la guerre civile, les dévastations des campagnes et des villes que se sont disputées les deux camps ont ruiné la France. Profitant de l'affaiblissement du pouvoir royal, les gouverneurs de provinces mènent des politiques quasi indépendantes. Les villes et les protestants ont pris l'habitude de se gouverner eux-mêmes. De fait l'absolutisme royal mis en place par François Ier et Henri II a été anéanti. Henri IV et surtout Richelieu sous le règne de Louis XIII vont le rétablir.