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Guerre du Péloponnèse

« Guerre du Péloponnèse » expliqué aux enfants par Vikidia, l’encyclopédie junior
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Les deux camps de la guerre du Péloponnèse : la Ligue de Délos en jaune, la Ligue du Péloponnèse en rouge.

La guerre du Péloponnèse est la guerre qui, de 431 av. J.-C. à 404 av. J.-C., oppose les cités grecques entre elles.

La cité d'Athènes, dirigeant la Ligue de Délos, mène une politique provocatrice envers ses voisines (Corinthe et Mégare). Les cités du Péloponnèse, dont Sparte, déclarent la guerre à Athènes. L'AttiquePrécision est ravagée, la cité d'Athènes mobilise et perd de très nombreux citoyens. Une trêvePrécision est conclue entre 421 av. J.-C. et 415 av. J.-C.. Puis à partir de 415 av. J.-C., la guerre de déplace en Sicile où les Athéniens subissent de graves défaites. La guerre passe ensuite en Ionie. Athènes perd la guerre. Sparte devient alors la première puissance de la Grèce.

Quelles ont été les causes de la guerre du Péloponnèse ?[modifier]

Depuis la fin des guerres médiques, grâce à la direction de la Ligue de Délos, créée en 477 av. J.-C., Athènes domine la mer Égée. Elle impose sa volonté aux cités adhérentes à la Ligue. Athènes profite de sa supériorité pour puiser dans le trésor de la ligue afin de financer le coût de fonctionnement de son organisation démocratique et les travaux d'embellissement de la ville (reconstruction des temples de l'Acropole). Les cités de la Ligue qui protestent sont réduites militairement à l'obéissance et le contrôle de celles-ci est assuré par l'installation de colonies d'Athéniens (les clérouques) sur leur territoire.

Athènes gêne aussi d'autres cités grecques indépendantes. La réussite commerciale d'Athènes inquiète Corinthe, autre grande cité commerciale. En mer Ionienne, Corcyre en lutte contre Corinthe à propos d'une de leur colonie commune (à partir de 435 av. J.-C.), s'allie à Athènes. Cette dernière intervient mollement et se fait battre par Corinthe. De plus, Athènes indispose Corinthe en contraignant militairement la cité de Potidée, colonie de Corinthe située dans le nord de la mer Égée, à rester dans la Ligue de Délos dont elle voulait sortir (432-429 av. J.-C.).

Mégare, cité voisine d'Athènes à l'ouest, en devient l'ennemi, quand Athènes décide, en 432 av. J.-C., de lui interdire l'accès à tous les ports de la Ligue de Délos, décision qui asphyxie l'économie de la ville.

Corinthe et Mégare, deux cités membres de la Ligue du Péloponnèse dirigée par Sparte, obtiennent de celle-ci une déclaration de guerre contre Athènes et la Ligue de Délos.

La guerre[modifier]

Périclès. Buste idéalisé. Copie romaine du Ier siècle apJC, d'après un original grec du Ve siècle avJC

La guerre du Péloponnèse s'est déroulée en trois phases.

L'invasion de l'Attique par les Spartiates et la réponse d'Athènes (431-421 avJC)[modifier]

Sparte dispose de l'armée terrestre la plus expérimentée de Grèce. Cependant, elle ne peut rester longtemps loin de ses bases arrières à cause des difficultés du ravitaillement. Sparte craint aussi une révolte de ses esclaves (les hilotes) qui cultivent les terres des combattants. Aussi organise-t-elle plutôt des raids de quelques semaines, en -430, -428, -427 et -425. Les Spartiates ravagent les campagnes de la cité d'Athènes : ils brûlent les récoltes ou saccagent les semis, arrachent les ceps de vigne et les oliviers. Les paysans athéniens fuient leurs villages pour se retirer derrière les Longs murs qui relient Athènes au port du Pirée. Malheureusement pour eux, le typhus fait des ravages à partir de -430 : Périclès en mourra en -429.

Athènes envoie des bateaux de guerre pour ravager les côtes du Péloponnèse. Les Athéniens détruisent la flotte de Sparte et ses alliés à Naupacte en -430. Puis ils s'emparent de l'île de Sphactérie et de Pylos en 425. Les Spartiates envoyés contre eux sont écrasés et leurs pertes sont très lourdes.

Sparte affaiblie propose la paix qui est rejetée par Athènes sous l'influence du stratègePrécision Cléon. La guerre continue.

En -424/-423, le Spartiate Brasidas s'empare de plusieurs cités de Thrace qui sont des alliées d'Athènes. La route du bois nécessaire à la construction des trièresPrécision athéniennes est coupée. Une contre-offensive athénienne échoue en -422.

Aussi épuisées l'une que l'autre, Athènes et Sparte font la paix (« paix de Nicias ») en 421. On revient à la situation existante en -431 au début de la guerre.

La guerre en Sicile (415-413 av. J.-C.)[modifier]

Alcibiade

En -415, Athènes, champion des cités démocratiques, vient en aide aux démocrates de la cité de Ségeste en Sicile, attaqués par la cité de Sélinonte, elle-même alliée de la puissante cité de Syracuse (qui a été fondée par Corinthe).

Cette expédition militaire divise Athènes. Mais le jeune Alcibiade parvient à convaincre les citoyens que l'aide à Ségeste gênera le ravitaillement de Sparte qui se fournit en Sicile. La prise de la Sicile serait de plus la première étape de la constitution d'un empire colonial athénien dans la mer Méditerranée occidentale. L'expédition mobilise des moyens considérables : 90 trières et plus de 5000 hoplites sans compter, les archers, les frondeurs et les cavaliers, transportés par une quarantaine d'autres navires. Elle est commandée par Nicias, Lymachos et Alcibiade.

Malgré leurs désaccords sur la stratégie à employer, les Athéniens prennent Catane et en font une base pour leurs futures opérations. Mais Alcibiade, compromis dans un scandale politico-religieux, refuse de revenir à Athènes pour y être jugé. Il s'enfuit à Sparte et pousse les Spartiates à aider les Syracusains et à s'emparer de la forteresse de Décélie, dans le nord de l'Attique.

Au début de -414, les Athéniens parviennent à isoler Syracuse grâce à la construction d'un double mur. Le stratège Lymachos est tué pendant les combats. Mais l'arrivée des Spartiates en Sicile permet de piéger les Athéniens dans le port de Syracuse. Malgré les renforts considérables qui sont envoyés, les Athéniens sont battus sur le plateau des Épipoles qui domine Syracuse. Ils ne peuvent évacuer leurs troupes, car les Syracusains ont détruit une grande partie de la flotte athénienne. C'est un désastre. Les prisonniers sont enfermés dans les carrières des Latomies et, après deux mois, les survivants sont vendus comme esclaves.

La Ligue de Délos perd ainsi près de 200 navires et près de 50 000 hoplites (dont 12 000 Athéniens).

En -411, les citoyens athéniens les plus riches prennent le pouvoir et terrorisent leurs adversaires démocrates pendant quelques semaines. C'est le gouvernement des Quatre-Cents (οἱ τετρακόσιοι / hoi tetrakósioi). Par contre, Syracuse, bien que victorieuse est ruinée. En -409, une révolution porte les démocrates syracusains au pouvoir. Surtout Carthage profite des difficultés des Grecs en Sicile pour s'implanter dans l'île.

La guerre dans la mer Égée (411-404 avJC)[modifier]

Parallèlement à la guerre en Sicile, les Spartiates font le blocus terrestre d'Athènes à partir de la forteresse de Décélie. Mais Alcibiade, qui s'est brouillé avec Sparte, est rappelé à Athènes. La guerre va alors se dérouler dans la mer Égée. Grâce à la marine qui est reconstituée, Alcibiade bat les Spartiates à Cynossema et à Abydos en- 411, puis à Cyzique en -410. En -408, il reprend Byzance. Athènes refuse la proposition de paix de Sparte.

En -406, alors que les Spartiates battent Alcibiade à Notion, la flotte athénienne est victorieuse dans la bataille des îles Arginuses au sud de Lesbos. Une nouvelle fois Sparte propose la paix, qu'Athènes refuse de nouveau.

En -405, le Spartiate Lysandre, aidé par le Perse Cyrus, reprend l'Hellespont, qui commande la route de Byzance, et écrase les Athéniens à Aigos Potamos. Il vient alors assiéger Le Pirée. Encerclée par la terre et par la mer, Athènes capitule.

Les conditions de paix de -404 sont sévères (mais les Athéniens évitent la destruction de la ville et la vente des habitants comme esclaves, ce que réclamait Corinthe). La Ligue de Délos est dissoute et Athènes doit adhérer à la Ligue du Péloponnèse. Les Athéniens doivent détruire les Long Murs. Les Spartiates interdisent le régime démocratique qui est remplacé par la tyrannie des Trente (οἱ Τριάκοντα / hoi Triakonta). Avec leurs 3 000 partisans, ils pourchassent leurs adversaires démocrates. Cependant, dès -403, Thrasybule, grâce à l'appui des riches métèques, rétablit la démocratie athénienne.

À la fin de la guerre du Péloponnèse, Sparte prend la première place en Grèce.

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