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Grands navigateurs portugais

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Grands navigateurs portugais
Découvertes et explorations portugaises
Découvertes et explorations portugaises
Principales dates
1418 Découverte de Madère
(Tristão Vaz Teixeira)
1456 Découverte du Cap Vert
(Diogo Gomes)
1488 Découverte du Cap de Bonne-Espérance
(Bartolomeu Dias)
1497 Arriver au Mozambique
1498 Arriver à Kozhikode (Inde)
(Vasco de Gama)
1500 Découverte du Brésil
(Pedro Alvares Cabral)
1512 Arrivée au Timor Oriental
Caravelle portugaise
Caravelle portugaise

Au-delà de l'horizon : les grands navigateurs portugais. La plupart des Européens, avant le XVe siècle, situaient volontiers l'enfer après l'horizon. Pour eux, la Terre était plate, entourée d'un océan peuplé de monstres dévoreurs de navires, même si les savants enseignaient que la Terre était ronde. C'est pourtant à cette époque que des hommes partirent sur des mers inconnues, poussés par la soif de l'or, espérant découvrir de nouvelles routes vers les Indes et leur épices. Les Européens connurent les limites du monde.

La route des épices[modifier]

Depuis l'Antiquité, les Européens faisaient venir les épices de l'Extrême-Orient. Les épices — une centaine de condiments, du clou de girofle au « sang de dragon » — ne servaient pas seulement en cuisine mais aussi dans la pharmacopée. Les soies de Chine, l'ivoire, les pierres précieuses aux vertus miraculeuses suivaient le même chemin : « la route mongole », qui les conduisait jusque dans les ports que les Italiens avaient installés dans la mer Noire. La soif de vivre après le terrible XIVe siècle provoqua une forte demande en produits de luxe à la fin du Moyen Âge.

Outre leur demande en monnaie métallique, les cours princières, la bourgeoisie marchande et l'Église voulaient de luxueux objets en or. Le métal précieux venait de l'Afrique. Sa rareté provoquait une véritable obsession. Les marchands espéraient contrôler le trafic de l'or du Soudan et trouver une autre route vers l'Extrême-Orient pour s'approvisionner directement en épices.

Le 25 juillet 1415, une flotte de plus de 200 navires quitta Lisbonne, commandée par le roi Jean 1er et trois de ses fils, dont l'enfant Henri. Par la prise de Ceuta (Afrique), les Portugais mirent fin aux actes de dévastations par les musulmans sur leur côtes. Ils s'assurèrent le contrôle du détroit de Gibraltar et espéraient obtenir à prix avantageux l'or et les esclaves du Soudan. Ils défendaient aussi leur prestige vis-à-vis des Castillans qui venaient de prendre possession des Canaries.

Par ailleurs, l'esprit de croisade n'était pas complètement étranger à cette lutte qui opposaient les chrétiens et les musulmans. On imaginait qu'au sud des possessions musulmanes en Afrique vivait un prince chrétien. Avec l'aide militaire de celui-ci les Européens espéraient pouvoir reprendre victorieusement la guerre sainte. Enfin, le sentiment qu'il existe des terres à découvrir et que l'on peut « faire reculer les bornes du monde » préoccupait beaucoup les esprits de l'époque.

Autour de l'Afrique[modifier]

Les Portugais prirent la route du Sud dans l'espoir de contourner l'Afrique. Les caravelles du prince Henri le Navigateur abordèrent les côtes du Sénégal en 1443. Méthodiquement des expéditions maritimes furent organisées. Le résultat de chacune d'elles servait de point de départ pour la suivante.

Les Portugais s'installèrent ensuite dans le golfe de Guinée où ils firent le trafic de l'or et des esclaves. L'équateur franchi en 1469, les marins portugais se trouvèrent dans une zone de vents contraires. Malgré tout, Bartelomeu Dias atteignit en 1487 le cap de Bonne Espérance à l'extrême sud du continent et entra dans l'océan Indien.

« BONNE ESPÉRANCE : les détroits et les caps noyés dans la brume, parcourus de vagues gigantesques et balayés par les vents, étaient redoutés des marins. Ils pensaient que chacun était l'entrée de la « mer ténébreuse », celle dont on ne revenait pas. En 1487, Dias avait baptisé « cap des Tempêtes » le cap au sud de l'Afrique. Jean II du Portugal le nommera « cap de Bonne Espérance », à la fois pour effacer la peur qu'il inspirait et pour signer l'espoir d'une nouvelle route vers l'Orient fabuleux. ».

En 1498, Vasco de Gama atteint les Indes. Dès le début du XVIe siècle, le monopole du commerce avec les Indes, détenu jusque-là par les musulmans et les Turcs, passa aux mains des Portugais. Les centres commerciaux de la Méditerranée (Venise, Gênes) et de la Baltique diminuèrent leur influence au profit des ports de l'Europe occidentale, en particulier Lisbonne.

Outre les fameuses épices, la soie et les tapis d'Orient, de nouveaux produits furent introduits en Europe : patate douce, maïs, tabac, cacao, indigo, ... L'or d'Afrique et d'Amérique affluait sur les rives du Tage. Le Portugal et l'Espagne accédèrent au rang des grandes puissances tandis que les pays de l'Islam perdaient de leur importance. D'immenses empires coloniaux se constituèrent. L'influence de l'Europe s'étendit sur le globe.

Les grands navigateurs portugais[modifier]

Magellan[modifier]

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Fernand de Magellan

Fernand de Magellan (Fernando de Magalhães en portugais), est né à Sabrosa en 1480. Enthousiasmé par la navigation et les voyages d'exploration, il étudia les cartes et journaux de bord des expéditions antérieures. Soldat pendant sept ans, il se montra courageux et intrépide, notamment à Malacca (1509) et à Cochin.

Réplique de la nao Victoria, l'un des cinq navires avec lesquels Magellan fit le premier tour du monde (1519).

Comme Christophe Colomb, Magellan avait un projet audacieux et il employa toute son énergie à le faire aboutir. L'examen du traité de Tordesillas (1494) l'avait convaincu que les Moluques — les îles aux épices si convoitées — appartenaient à la couronne de Castille. En désaccord avec le Portugal qui lui avait refusé des bateaux, il proposa à Charles 1er d'Espagne, le futur empereur Charles Quint, de mettre à exécution son projet : établir par la route du sud-ouest une communication avec ces îles lointaines. Il fut convaincant.

En 1519, il entreprit le premier voyage autour du monde et découvrit, entre l'extrémité sud de l'Amérique et la Terre de Feu, le détroit qui porte aujourd'hui son nom. En 1521, il meurt aux Philippines sans avoir revu l'Europe.

Extraits d'un journal écrit par un navigateur qui était dans l'expédition de Magellan
« Nous naviguâmes pendant le cours de trois mois et vingts jours, sans goûter d'aucune nourriture fraîche. Le biscuit que nous mangions n'était plus du pain mais une poussière mêlée de vers qui en avaient dévoré toute la substance et qui, de plus, était d'une puanteur insupportable, étant imprégnée d'urine de souris. L'eau que nous étions obligés de boire était également putride et puante [...].
Notre plus grand malheur était de nous voir attaqués d'une espèce de maladie par laquelle les gencives se gonflaient au point de surmonter les dents [...]. Dix-neuf d'entre nous en moururent.»

(A. Pigaffeta, Journal de bord.)

Henri le navigateur[modifier]

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Henri le Navigateur

Henri le Navigateur est né le 4 mars 1394. Prince du Portugal, frère du roi, il se passionnait pour les expéditions maritimes, bien qu'il ne participa jamais à aucun voyage. De sa résidence, à la pointe de l'Algarve, au sud du Portugal, il dirigeait l'organisation et le déroulement des explorations. Grâce à sa fortune, il armait des navires, payait des capitaines et s'entourait de cartographes, d'astrologues et d'astronomes à la cour qu'il créa à Sagres.

Le prince invitait aussi des scientifiques étrangers tel le célèbre Jacome de Majorque, le meilleur spécialiste de la navigation en haute mer. Henri le Navigateur mourut le 13 novembre 1460, 27 ans avant que Bartolomeu Dias ne doubla le cap de Bonne Espérance.

La route empruntée par les navires d'Henri le Navigateur
Extrait d'un journal écrit sur Henri le Navigateur 
« Il désirait savoir quelles terres il y avait au-delà des îles Canaries et d'un cap qu'on nommait Bojador, car jusqu'à cette époque, ni par écrit, ni par la mémoire d'aucun homme, personne ne savait quelle terre il y avait au-delà de ce cap [...].
Et la deuxième fut l'idée que si en ces terres se trouvaient quelque population de chrétiens, ou quelques ports où l'on aborderait sans danger, on pourrait en rapporter au royaume beaucoup de marchandises bon marché par la raison qu'il n'y en aurait point d'autres personnes de ces côtés-ci qui négocieraient avec eux [...].
La troisième raison fut qu'il s'ingénia à envoyer ses gens en quête de renseignements, afin de savoir jusqu'où allait la puissance des infidèles.
La quatrième raison fut celle-ci : il désirait savoir si, en ces régions-là, il y aurait quelques princes chrétiens assez forts pour l'aider contre les ennemis de la Foi.
La cinquième raison fut son grand désir d'augmenter la Sainte Foi de N-S Jésus-Christ et d'amener à elle toutes les âmes désireuses d'être sauvées. »

(G. Cannes de Azurara, Chroniques de la découverte de Guinée.)

Vasco de Gama[modifier]

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Vasco de Gama

Vasco de Gama était un noble portugais connaissant l'astronomie. Il est né vers 1469 dans la commune de Sines, dans l'Alentejo. Il fait des études de sciences de la navigation et devient officier de marine en 1492. Il se révèle un chef réputé pour son caractère déterminé. En 1497, le roi Manuel Ier lui confie le commandement de l'expédition maritime qui, en suivant la route contournant l'Afrique telle qu'elle avait été ouverte par Diaz en 1487, devait atteindre les Indes. Quittant Lisbonne le 8 juillet 1497, une flotte de quatre navires avec un équipage total de 170 hommes, après un long détour de 6200 milles dans l'océan Atlantique sud, il atteint la terre en Afrique le 8 novembre (passe malgré un vent contraire le cap de Bonne Espérance entre les 18 et 22 novembre).

Vasco de Gama, en 1524.

Le 25 décembre, elle longea avec difficulté car il y a des courants marins contraires, une côte que les Portugais baptisèrent Natal, ce qui signifie « Noël » en portugais. Au large du Mozambique, ils croisèrent des navires arabes chargés d'or, de clous de girofle, de poivre et de rubis. Malgré le mauvais accueil des marchants arabes, Vasco de Gama fit étape à Malindi (Kenya actuel), où il réussit à obtenir du sultan local un pilote qui connaissait la route des Indes. Celui-ci amena la flotte à Calicut en vingt-sept jours, le 20 mai 1498.

Le commerce de cette partie de l'Inde étant contrôlé par les marchands arabes, Gama ne peut ramener que des objets indiens et non des épices en grande quantité. Le Portugal ayant envoyé une flotte de guerre dans l'océan indien, celle-ci avec beaucoup de cruauté découragea les arabes de s'opposer aux Portugais. En 1502 Vasco de gama fait un second voyage aux Indes ce qui lui permet de revenir au Portugal en 1503 avec une cargaison de grande valeur. Il prend alors sa retraite.

Déjà nommé "amiral de l'Inde", en 1524 il reçoit le titre de vice-roi. Il se rend alors aux Indes mais il y meurt quelque temps après son arrivée.

Pedro Álvares Cabral[modifier]

Pedro Álvares Cabral, fils d'un noble portugais, (Belmonte en 1467 - mort à Santarém en 1520 ou 1526), était un navigateur portugais, chargé par le roi du Portugal Manuel Ier de poursuivre l'œuvre de Vasco de Gama et d'aller aux Indes. Pedro Alvares Cabral est considéré comme « Le découvreur du Brésil », bien qu'en réalité, l'Espagnol Vicente Yáñez Pinzón l'ait précédé de peu sur les côtes du nord-est du Brésil à l'embouchure de l'Amazone.

Après le retour de Vasco de Gama des Indes, une seconde expédition fut organisée. Cabral était à la tête d'une flotte de 13 caravelles. Parti de Lisbonne le 9 mars 1500, il parvint le 22 avril 1500 sur les côtes du Brésil, en cherchant, suivant les instructions de Vasco de Gama, à contourner l'Afrique. Il prit possession du territoire au nom de la couronne portugaise.

Après une brève escale, il renvoya un bateau, commandé par Gaspar de Lemos, au Portugal pour informer le roi de sa découverte. Il repartit vers l'est, et doubla le cap de Bonne-Espérance au sud de l'Afrique, explora les côtes du Mozambique. Il parvint à Calicut le 13 septembre 1500 qu’il assiégea après avoir conclu un traité de commerce avec le prince de Cochin et où il établit un comptoir.

Il rentra à Lisbonne le 31 juillet 1502. Il est enterré à Santarém.

Une richesse illusoire[modifier]

Arrivée de Vasco de Gama à Calicut en 1498.

Le Portugal avait malgré tout présumé de ses forces : en 34 ans, de 1521 à 1555, 32 navires se perdirent. La population du pays passa de 2 à 1 million d'habitants en raison des départs outre-mer. Les richesses faisaient augmenter le nombre d'oisifs et d'aventuriers ; la terre n'était même plus cultivée et il fallut importer du blé et du seigle. L'artisanat périclita, la vie devint très chère. L'or étant échangé contre des produits venant des Pays-Bas ou de France, la fortune du Portugal ne fut bientôt plus qu'une illusion.

Le 4 août 1578, le jeune roi Sébastien 1er fut tué à El Ksar el Kébir, au Maroc, où il était venu combattre les musulmans. Deux ans plus tard, le Portugal passa sous le contrôle de l'Espagne : Espagnols et Néerlandais se partagèrent une bonne part de son empire.

Voir aussi[modifier]

Vikiliens pour compléter sur les grandes découvertes maritimes[modifier]

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