Grande Peur (Révolution française)

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La Grande Peur de l'été 1789 est le soulèvement des paysans dans les campagnes françaises. Quelquefois alarmés par une panique sans raison, les paysans attaquent les demeures des seigneurs pour exiger la destruction des registres où figurent les impôts seigneuriaux. Pour arrêter les destructions les privilégiés (la noblesse et le clergé catholique) renoncent sous conditions à leurs privilèges.

L'agitation du printemps 1789[modifier]

Depuis le printemps 1789, les campagnes françaises sont agitées. Les paysans discutent des réformes à demander au roi en vue de la réunion des États généraux. Les débats font remonter la détestation des vexations et des impositions seigneuriales subies depuis des siècles. Les cahiers de doléances en sont remplis. Mais les campagnes sont aussi perturbées par la crise économique. La moisson de 1788 a été très mauvaise. Après les prélèvements en nature pour régler la dîme et certains impôts seigneuriaux il ne reste plus grand-chose aux paysans pour consommer ou vendre. La crise industrielle (sous consommation et concurrence des produits britanniques) qui sévit pénalise beaucoup de ruraux qui tirent une partie de leurs revenus de travaux de sous-traitance pour les manufacturiers de la ville proche. Enfin les campagnes sont envahies par des chômeurs urbains, des indigents, qui pensent y trouver un peu de subsistance. Certains se regroupent en bandes qui créent l'insécurité et la peur. En mars en Provence, en mai en Cambrésis et Picardie, il y a des attaques de châteaux. Dans les chasses royales des environs de Versailles, Marly et Saint-Germain-en-Laye, le gibier destiné aux plaisirs du roi, est décimé par des braconniers.

La Grande Peur de l'été 1789[modifier]

Au début de juillet 1789, l'agitation s'amplifie. Les nouvelles de la lutte politique qui en juin a opposé le roi et les députés parviennent dans les campagnes. L'espoir mis dans la supposée volonté réformatrice du roi commence à s'effriter. Les mouvements des troupes appelées par le roi à Versailles et l'afflux des indigents chassés des villes par la chèreté du pain et le chômage inquiètent les ruraux. Le moment est de plus très sensible pour les paysans : les blés arrivent à maturité et la moisson va commencer, tous les revenus de l'année à venir son en jeu. La nouvelle de la prise de la Bastille et les révoltes urbaines vont alarmer les paysans. Les rumeurs d'un complot des aristocrates renforcé par l'intervention militaire du duc de Savoie dans le Dauphiné, des Anglais en Normandie et en Bretagne, des princes allemands en Alsace circulent. Les paysans s'arment et se tiennent en alerte. Le moindre incident (bagarres entre jeunes de villages voisins, fumée ou nuages de poussière suspects) sèment la panique. Souvent ne voyant rien venir, les paysans décident de rendre une visite au château ou au couvent voisins où se trouvent les archives renfermant les titres des redevances dues au seigneur laïc ou religieux. Par la force ils se font remettre les papiers et en font un feu de joie. S'ils rencontrent une résistance, ils s'en prennent aux personnes et aux bâtiments dont certains seront dévastés. Les fumées et lueurs des incendies ainsi provoqués alarment les villages des alentours... et le mouvement s'étend.

Les informations sur le soulèvement des campagnes arrivent à Versailles où elles inquiètent fortement les députés, nobles et ecclésiastiques qui voient ainsi partir en fumée les titres garantissant leurs revenus. Mais les députés du Tiers état, tous des bourgeois, dont certains tirent des revenus d'impôts seigneuriaux ou de propriétés rachetés à des nobles ruinés, sont également mal à l'aise devant l'ampleur de ce mouvement populaire. Pour arrêter les dévastations, les députés vont décider l'abolition des privilèges.

Pour en savoir plus[modifier]

Vikiliens pour compléter sur 1789[modifier]

Sources[modifier]

  • François Furet et Denis Richet, La Révolution française, Fayard
  • Albert Soboul, Histoire de la Révolution française, NRF, collection Idées.
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