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France Prešeren

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Photo supposée de France Prešeren

France Prešeren, né le 3 décembre 1800 à Vrba, en Carniole1 et mort le 8 février 1849 à Kranj (Royaume d'Illyrie, Empire d'Autriche1), est un poète slovène. Très célèbre en Slovénie où il y est considéré comme le plus grand poète slovène, il a beaucoup apporté à la culture du pays et reste, aujourd'hui, une personnalité célébrée, dans tous le pays mais également dans toute l'Europe, comme étant celui qui représente le mieux le romantisme slovène.

Biographie[modifier]

Jeunes années et éducation[modifier]

Maison où est né France Prešeren, dans le village de Vrba

France Prešeren est né le 3 décembre 1800 dans le village de Vrba, en Haute-Carniole, une des régions qui composent la Carniole, qui est sous la domination des Habsbourg à l'époque (aujourd'hui en Slovénie). Il est né dans une famille de paysans assez aisée (« riche ») qui ont pu lui offrir une éducation pendant son enfance, voyant qu'il était particulièrement talentueux. À l'âge de 8 ans, ils l'ont envoyé dans des écoles élémentaires au sud de Ljubljana (dans une municipalité appelée Grosuplje) et dans la région de la Basse-Carniole (dans une municipalité appelée Ribnica). Ces écoles étaient tenues par le clergé catholique local. En 1812, il déménagea dans la capitale de la Carniole, Ljubljana et il étudia au Gymnasium2 et très jeune, il apprenait le latin, le grec ancien ainsi que l'allemand qui était alors la langue imposée en Carniole, aussi bien au niveau de l'éducation et de la culture que pour l'administration.

Le talent de France Prešeren fut mis en avant par le poète Valentin Vodnik qui l'encouragea à continuer et à progresser. Plus tard, quand il entra à l'université, il se lia d'amitié avec Matija Čop, un futur philologue3, qui aurait eu beaucoup d'influence sur la poésie de France Prešeren. En 1821, il entra à l'Université de Vienne (en Autriche, durant l'Empire d'Autriche) où il étudia le droit contre les désirs de sa mère, qui voulait qu'il devienne prêtre. Il se fascine pour des auteurs comme Dante Alighieri ou des auteurs du Trecento (XIVe siècle italien) tels que Pétrarque et Boccace.

Maturité[modifier]

Portrait de Julija Primičeva, peint en 1855 par Matevž Langus

Après avoir reçu son diplôme en 1828, il retourna à Ljubljana où il devient l'assistant d'un avocat du nom de Leopold Baumgartner. Tout au long de cette période, il voudra être indépendant, c'est-à-dire travailler à son compte en tant qu'avocat mais il échouera. Ainsi, afin de doper (« booster ») sa carrière, il déménagea brièvement en Autriche, dans la ville de Klagenfurt mais il revint très vite à Ljubljana. Au printemps 1833, il rencontre une femme dont il tombera amoureux, Julija Primičeva, la fille d'un riche commerçant mais cette dernière ne partage pas ses sentiments et aux alentours de 1936, France se rendit compte que son amour ne sera jamais réciproque, c'est-à-dire que jamais Julija ne tombera amoureux de lui. La même année, il rencontra une autre femme, Ana Jelovšek, avec qui il s'engage dans une relation durable et avec qui il eut trois enfants mais sans jamais se marier. Vu qu'ils n'étaient pas mariés, Prešeren l'aida en lui donnant de l'argent régulièrement et la traita comme si elle était son épouse mais dans le même temps, il avait des liaisons amoureuses avec d'autres femmes, c'est en quelque sorte un adultère (même s'ils n'étaient pas mariés). Il passa beaucoup de temps à voyager à travers la Carniole et il aimait particulièrement admirer le paysage du lac de Bled (un lieu au bord des Alpes, très apprécié des touristes) qui lui donnait de l'inspiration pour écrire ses poèmes. À partir de 1834, il travailla pour son ami Blaž Crobath mais France pouvait continuer à écrire puisque son ami lui laissait suffisamment de temps libre. En 1846, il put enfin ouvrir son propre cabinet (« bureau ») d'avocat et déménagea à Kranj avec sa famille. Il meurt le 8 février 1849 et de son lit de mort, il avoua qu'il n'avait jamais oublié Julija, la femme dont il était tombé très amoureux.

La vie de France Prešeren n'a pas été très joyeuse. Il a souffert d'une vie amoureuse instable, a connu beaucoup de rejets et a vu ses amis mourir tragiquement. Son talent n'a pas été reconnu à l'époque par la société slovène, trop peu instruite et cultivée pour l'apprécier à sa juste valeur. Par ailleurs, il souffre d'alcoolisme et tenta, à deux occasions, au moins, de se suicider.

Travail[modifier]

Ses premiers travaux[modifier]

Les premières tentatives sérieuses de France Prešeren datent de ses années d'université à Vienne. En 1824, il composa quelques-uns de ses poèmes les plus célèbres, encore sous l'influence de son ami Valentin Vodnik. L'année suivante, il composa une collection de « chansons de la Carniole » qu'il montra à un philologue3 du nom de Jernej Kopitar. Mais ce dernier la critiqua sévèrement au point que Prešeren la détruisit en la brûlant et qu'il ne publia rien avant 1827, où il publia un poème satirique pour le journal allemand Illyrisches Blatt. Il composa en 1828 son premier poème important, A Farewell to My Youth qui n'est publié qu'en 1830, dans l'almanach4 Kranjska č'belica (L'Abeille Carnolienne) qui est créé la même année.

En 1830, Matija Čop, un vieil ami qu'il avait rencontré à l'université, revint à Ljubljana et renoua le contact avec France Prešeren. Reconnaissant le talent de son ami, il lui persuade d'adopter les formes poétiques des langues romanes (le français, l'espagnol, l'italien, le portugais, etc). Prešeren suivit ce conseil et adopta le sonnet pour ses poèmes, c'est-à-dire que ses poèmes sont maintenant composés de deux quatrains (strophes de quatre vers) et de deux tercets (strophes de trois vers). Un érudit tchèque du nom de František Čelakovský l'admira pour son travail et écrit des critiques très positives et grâce à elles, Prešeren eut la force de continuer car elles ont amélioré son estime de soi.

La période centrale[modifier]

Entre 1830 et 1835, il composa ses poèmes les plus aboutis esthétiquement parlant, c'est-à-dire ceux pour qui il a consacré le plus de temps et de recherche pour l'améliorer. Pour ce faire, il s'est inspiré des mauvais moments de sa vie, en particulier sa relation ratée avec Julija, tout en continuant à suivre les conseils de son ami Matija Čop.

Le poème le plus important de cette période est La Couronne des Sonnets, écrit et publié en 1834, dans lequel il fait part de sa vie amoureuse malheureuse. On peut également citer parmi les importants poèmes de France durant cette période, Sonnets du malheur, écrit en 1832 mais publié en 1934. Il s'agit d'une de ses œuvres les plus pessimistes puisqu'il y décrit son désespoir.

Après la mort de Matija Čop[modifier]

1835 fut une année extrêmement difficile pour Prešeren puisqu'une succession d'événements malheureux surviennent : Son ami le plus proche, Matija Čop, se noya alors qu'il nageait dans la Save ; Julija Primic se maria avec un riche commerçant ; et Prešeren perdit l'affection d'un ami, Miha Kastelic. En hommage à son ami Matija Čop, il composa Krst pri Savici (Baptême dans la Save).

En 1837, il rencontre un activiste politique polonais, Emil Korytko, qui lui présenta le travail d'Adam Mickiewicz, un poète polonais très célèbre. Ce dernier aura d'ailleurs beaucoup d'influence sur les dernières œuvres de Prešeren et en compagnie d'Emil Korytko, il traduit l'un des poèmes de Mickiewicz, Resygnacja, du polonais vers le slovène et commença, avec son aide, à composer des chansons folkloriques de Carniole et de Basse-Styrie (une autre région de Slovénie). Mais en 1839, Korytko meurt, ce qui laisse Prešeren seul et sans personne à qui parler et échanger ses idées.

À l'automne de la même année, un ami d'enfance de Prešeren, Andrej Smole, revint d'années de voyages à l'étranger et reprit contact avec Prešeren. Les deux hommes planifièrent alors des projets littéraires et culturels, notamment la création d'un journal. Mais leurs projets échouèrent à cause de la censure. En 1840, Smole meurt brutalement ; Prešeren lui rendit hommage en composant un poème joyeux.

Ses derniers travaux[modifier]

Manuscrit d'origine de Zdravljica (1844).

Après 1840, Prešeren est laissé seul, sans personne qui appréciait ses travaux. Il continua à écrire mais beaucoup moins que dans les années 1830. En 1843, Janez Bleiweis l'invita à participer à la section culturelle de son nouveau quotidien et jamais Prešeren n'avait été si proche des lecteurs que pendant cette période.

En 1844, il composa un poème, Zdravljica, qui est le plus important travail de ses dernières années mais la censure lui interdit l'impression. Il faudra attendre la révolution autrichienne de 1848, qui abolit (« supprime ») la censure, ce qui permet au poème d'être imprimé le 26 avril 1848.

Prešeren passa les deux dernières années de sa vie entre sa vie privée et son nouveau métier, en tant qu'avocat à Kranj. Selon certains, il prévoyait plusieurs projets littéraires, notamment un roman réaliste et une pièce de théâtre mais en raison de son alcoolisme, il est atteint d'une maladie au foie.

Héritage[modifier]

Face de la pièce de 2 slovène : France Prešeren et la première ligne de la 7e strophe de la Zdravljica.

Prešeren a beaucoup donné à la culture de la Slovénie ; il est d'ailleurs considéré comme étant le poète national. En 1905, un monument lui est consacré dans le parc de Ljubljana où on le représente avec un regard fixé en direction d'un bas-relief représentant Julija. À partir des années 1920, toutes ses œuvres qui ont survécu ont été cataloguées et beaucoup d'éditions critiques ont été publiées. Des érudits commencèrent l'analyse de son œuvre. En 1944, le centenaire de sa mort est déclaré fête culturelle de Slovénie. En 1990, la septième strophe de Zdravljica est déclarée hymne national de la Slovénie, remplaçant Naprej zastava slave. Prešeren apparait également sur le billet de 1 000 tolar en 1992 et, depuis 2007, sur la pièce slovène de 2 . La plus haute décoration dans le milieu artistique est nommé Prešeren Award.

Notes et références[modifier]

  1. 1,0 et 1,1 Il s'agit de l'actuelle Slovénie. Kranj est située au nord-ouest du pays.
  2. En Allemagne et en Suède, le Gymnasium est l'équivalent du collège et du lycée en France.
  3. 3,0 et 3,1 Un philologue est quelqu'un qui fait l'étude littéraire d'une langue, qui la traite d'un point de vue historique.
  4. Un almanach est une publication, publiée tous les ans, dans laquelle figure des renseignements divers.

Voir aussi[modifier]

Les Poésies de Francè Prešeren, Éditions Ésopie, 2013. (ISBN 979-1092404005)

Liens externes[modifier]


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