Histoire de la Chine impériale du VIe au début du XXe siècle

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Après plus de trois siècles de division et l'installation en Chine du Nord de plusieurs dynasties d'origine turque, en 577, la dynastie Sui réunifie la Chine. Les dynasties Tang et Song qui lui succèdent pendant six siècles vont connaitre une civilisation remarquable, en dépit de périodes de division. Au début du XIIIe siècle, les Mongols sous la conduite de Gengis Khan et de KoubilaI conquièrent la totalité de la Chine, c'est la dynastie Yuan. Au milieu du XIVe siècle, une réaction chinoise installe la dynastie Ming. Cette dynastie pacifique fige la Chine alors que les premiers Européens arrivent sur les côtes chinoises. La dernière dynastie celle des Qing est fondée en 1651 par les envahisseurs mandchous. Elle conquiert l'espace actuel de la Chine mais ferme le pays aux influences occidentales. Au milieu du XIXe siècle, les puissances occidentales (Européens et États-Unis) obtiennent par la force de nombreux avantages en Chine, ce qui provoque des révoltes nationalistes. En 1911, la République de Chine est proclamée. Mais rapidement le conflit éclate entre les conservateurs (nationalistes) et les communistes chinois. Dans les années 1930, le Japon commence à conquérir l'Est du territoire chinois. En 1949, la République populaire chinoise est proclamée par les communistes victorieux.

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Le système de transcription du chinois (mandarin) en alphabet latin utilisé ici est le système Pinyin ("épeler les sons"). Ce système de transcription phonétique a été adopté en 1958 par la République populaire de Chine et approuvé par l'organisation internationale de normalisation en 1979. L'orthographe des noms peut donc être différente de celle que l'on peut trouver dans des publications anciennes sur la Chine ou dans des livres qui n'utilisent pas ce système.

La dynastie Sui (589-618)[modifier]

Malgré sa brièveté la dynastie Sui joue un rôle considérable. Elle réunifie la Chine et fait de Xian sa capitale. Certains Chinois du sud reviennent au Nord. L'empereur Sui Wendi reconstruit et allonge la Grande Muraille, il fait creuser le Grand Canal qui réunit la Chine du Nord et celle du Sud. Mais ces travaux sont faits à l'aide du travail forcé des paysans. L'expansion territoriale reprend à l'ouest vers le bassin du Tarim ce qui permet la réouverture de la route de la soie. Cependant l'expédition militaire en Corée est un échec coûteux (les paysans se mutilent pour ne pas être mobilisés comme soldats). La trop forte fiscalité, le refus de la conscription militaire, les intrigues sanglantes de la Cour impériale provoquent des révoltes qui finissent par abattre la dynastie.

La dynastie Tang (618-907)[modifier]

Figurines en terre cuite reflétant une population heureuse au VIIe siècle
Un plat à offrandes de l'époque Tang

La dynastie Tang, d'origine turco-chinoise, a son berceau dans le Shanxi. La capitale est Xi'an, ville qui, à l'époque, avec deux millions d'habitants, était la plus grande ville du monde. La Chine comptait alors cinquante millions de personnes et était l'état le plus peuplé du monde. Les premiers empereurs font une réforme agraire qui supprime le fermage et fait de la Chine un pays de paysans petits propriétaires. Le gouvernement revient au confucianisme qui avait été malmené sous les Sui. Mais le bouddhisme se répand tandis que de nouvelles religions comme l'Islam et le christianisme apparaissent en Chine. L'empereur Taizong (626-649) agrandit considérablement l'empire chinois. Il oblige le roi du Tibet à le reconnaitre comme suzerain, il soumet les oasis du Tarim, les Turcs de Mongolie et du Turkerstan. L'empire atteint alors la mer Caspienne. Cependant, la défaite des Chinois devant les musulmans à Tlalas en 751, arrête l'expansion vers l'ouest. L'influence chinoise est considérable en Asie orientale où la langue chinoise devient le moyen de communication international. La Chine est prospère et la civilisation Tang est brillante : l'imprimerie est inventée ainsi que sous le règne de Xuanzong (712-756) l'opéra chinois. La littérature et les arts sont florissants.

A la mort de Xuanzong, les Chinois se divisent et la guerre civile qui en résulte fait disparaitre le tiers de la population. Les petits propriétaires ruinés par les troubles doivent vendre leurs terres et deviennent serfs dans les grands domaines (situation qui durera jusqu'au XXe siècle). Profitant des troubles les gouverneurs de provinces deviennent héréditaires. Pour faire face les empereurs s'appuient sur le peuple étranger des Ouïgours. Afin de mettre la main sur les énormes richesses que les offrandes des fidèles ont accumulées dans les temples bouddhistes, en 843 les religions étrangères sont interdites (il en est de même pour les religions très minoritaires comme l'Islam et le Christianisme). La misère déclenche de nombreuses révoltes comme en 874-880 et une réaction xénophobe (près de 10 000 étrangers sont massacrés à Guangzhou (Canton)). Les Tang disparaissent en 907 et la Chine une nouvelle fois connaît la division. Les peuples voisins (Tibétains à l'Ouest et Mongols au Nord) en profitent pour ravager la Chine.

La dynastie Song (960-1279)[modifier]

Peinture de l'époque Song
La Chine vers 1140 pendant l'époque Song

De 960 à 1127, les Song contrôlent la totalité de la Chine depuis leur capitale Kaïfeng. Mais de 1127 à 1279, ils abandonnent la Chine du Nord à la dynastie Jin (d'origine mongole). Repliée au Sud, leur capitale est alors Hangzhou . L'empire Song est gouverné à l'aide d'une bureaucratie formée et très centralisée. La Chine connaît de grandes transformations. Le commerce devient une activité importante. Les marins-commerçants chinois, utilisant la boussole, sont en relations avec le Japon, l'Inde, l'Arabie et l'Égypte. La monnaie de papier est développée pour favoriser le développement commercial. Un nouveau système de pont, avec armature en bois, sans piles dans le lit du cours d'eau, est mis au point afin de faciliter les échanges avec l'intérieur sans gêner la navigation fluviale. L'imprimerie permet aux commerçants de bénéficier de l'éducation jusque-là réservée aux mandarins pratiquant la calligraphie. La métallurgie du fer prend une grande ampleur. Les Chinois inventent la poudre à canon et le canon. Les villes qui étaient jusque-là des centres politiques et administratifs deviennent des centres de commerce et d'industrie. Le bouddhisme persécuté à la fin de la dynastie Tang décline tandis que le confucianisme impose l'idée que l'autorité est la base de l'organisation sociale (le peuple doit obéir au roi, l'enfant à son père, les jeunes aux personnes âgées). L'immobilisme social et politique se met ainsi en place.

La dynastie Yuan (1271-1368)[modifier]

La dynastie Yuan introduit une grande nouveauté : pour la première fois la Chine est gouvernée par des non-chinois. La Chine devient une partie de l'immense empire mongol créé par Gensis Khan. En 1234, les Mongols s'emparent de la Chine du Nord contrôlée par la dynastie Jin. En 1271, Kubilaï Khan, petit-fils de Gensis Khan, fonde la dynastie chinoise Yuan (nom chinois). En 1279, il s'empare de la Chine du Sud dirigée par la dynastie Song. Désormais toute la Chine est sous le contrôle des Mongols. Kubilaï très attiré par la civilisation chinoise fait reconstruire Beijing (Pékin) que son grand-père avait ravagée. Il en fait sa capitale (Kanbalik). Il fait prolonger le Grand canal jusqu'à Beijing, réouvre la route de la soie (même si les territoires mongols de l'ouest se séparent de la Chine). Cette réouverture permet l'arrivée d'Européens (Maroc Polo entre autres en 1275)). Le développement scientifique est important (invention de la clepsidre et de la sphère armillaire). Kubilaï échoue dans ses deux tentatives d'invasion du Japon (1274 et 1284), il en est de même au Viêt Nam et à Java.

Les Mongols favorisent le bouddhisme et sont tolérants pour les autres religions (en particulier l'Islam et le Christianisme).

La dynastie Yuan est mal acceptée par les Chinois. Les Mongols pratiquent une politique de ségrégation ethnique. Ils interdisent les mariages des Mongols avec les Chinois. Ils hiérarchisent la société en quatre castes : les mongols et les peuples non-chinois venus d'Asie centrale sont dans les deux premières castes qui se réservent les bonnes places de l'administration. Les Chinois du Nord et les Chinois du Sud forment les deux dernières castes et sont systématiquement exclus (au moins jusqu'en 1315) de l'administration. Les Mongols sont tenus pour responsables des calamités naturelles de la forte fiscalité rendue nécessaire par les expéditions militaires (désastreuses). La dynastie Yuan doit faire face à la révolte des Turbans rouges à partir de 1356. Cette révolte est dirigée par un paysan Zhu Yuanzang qui en 1368 chasse de Chine les Mongols et fonde la dynastie Ming.

La dynastie Ming (1368-1644)[modifier]

Hongwu fondateur de la dynastie Ming en 1368
Une porcelaine polychrome caractéristique de l'époque Ming

Après la période mongole, l'époque Ming apparait comme un retour aux traditions chinoises. La capitale d'abord fixée à Nanjing (Nankin) est transférée en 1421 à Beijing (Pékin) où commence la construction de la Cité interdite. Hongwu, le fondateur de la dynastie, un paysan devenu chef de guerre, réalise une réforme agraire en confisquant les grands domaines, en les morcelant et en les louant à de petits paysans. Une nouvelle classe de petits propriétaires réapparait. Le confucianisme redevient la doctrine qui règle la société chinoise. L'empereur concentre de plus en plus de pouvoir. Contrairement à la période mongole l'administration est confiée à des fonctionnaires recrutés sur examen. Un cadastre est établi afin de mieux percevoir les impôts. La population est assignée à résidence, nul ne peut s'éloigner de son domicile sans un passeport. Entre 1405 et 1433, Zheng He dirige sept expéditions maritimes vers l'Afrique et dépasse le Cap de Bonne Espérance. Marins et commerçants créant un grand réseau commercial permettent à l'influence chinoise de s'étendre vers les îles de la Sonde (Indonésie) et l'Inde. Cependant, en 1513, les Portugais arrivent en Chine et en 1553, ils s'installent à Macao. En 1582, des missionnaires catholiques sont présentes en Chine. Le théâtre chinois se développe avec des pièces à sujet sentimentaux, historiques ou fantastiques. La céramique polychrome devient un objet d'exportation.

Les empereurs Ming consacrent une grande énergie à contenir la pression des peuples voisins. En 1529, 1530, 1542 puis 1550, les Mongols font des raids en Chine du Nord, malgré la doublement de la grande muraille. Les Japonais en 1592-1593 puis 1597-1598 tentent de s'installer en Chine et ravagent périodiquement les côtes chinoises. Puis en 1620, les Ming perdent la Mandchourie. C'est le début de la conquête par les Mandchous, qui en 1644 s'emparent de Beijing puis en 1651 sont maîtres de la totalité de la Chine.

La dynastie Qing (1644-1912)[modifier]

La Chine des empereurs Qing en 1820
La Chine dépecée par les puissances européennes et le Japon

La dynastie Qing est la dernière dynastie impériale de Chine. Elle est fondée en 1616 par Nurhachi un chef mandchou qui pour faire la conquête de la Chine s'allie à certaines tribus mongoles. En 1642, les Mandchous repoussent les Chinois Ming au sud de la Grande muraille et en 1644 ils sont maîtres de la totalité de la Chine. Sous le règne de l'empereur Kangzi, les Manchous s'emparent de Taïwan (1683) et en 1720 imposent leur protectorat sur le Tibet. Pendant le règne de Qianlong (1735-1796) la Chine s'empare du Xinjiang, de la Mongolie extérieure, elle renforce son protectorat sur le Tibet (1792). Mais Qinlong échoue dans ses tentatives militaires en Birmanie et au Viêt Nam. La Chine atteint alors son maximum d'extension. L'adaptation rapide des Mandchous à la civilisation chinoise leur fit conserver la bureaucratie des mandarins qui rejette toutes innovations. Le gouvernement devient de plus concentré et autoritaire. Dans le premier siècle de leur gouvernement les Qing ont mené une politique favorable aux paysans en les exonérant d'impôts. D'abord favorables aux missionnaires catholiques (en particulier les Jésuites qui fournissent des conseillers aux empereurs) les Qing sont déçus par le refus de la papauté de permettre l'existence d'une adaptation du catholicisme à la Chine. À partir de 1717, le gouvernement persécute les Chrétiens. La Chine se ferme alors aux étrangers, seul le port de Xuangzhou (Canton) permet le commerce avec le reste du monde.

L'agression militaire des Européens va alors bouleverser la Chine. Les Britanniques qui trafique la drogue de l'opium en Asie, sont furieux que le gouvernement chinois interdise l'introduction en Chine de l'opium produit dans l'Inde britannique. En 1839-1842, a lieu la première guerre de l'opium. Vaincus les Chinois doivent céder Hong-Kong au Royaume-Uni, ouvrir cinq ports aux navires anglais. Des avantages identiques sont rapidement obtenus par les États-Unis et la France. Cette défaite qui s'ajoutent à de graves difficultés économiques provoque le soulèvement des Taïping. De 1851 à 1864, ces paysans révoltés contre le gouvernement impérial créent un royaume en Chine du Sud ; ils y installent une société de type communiste (pas de propriété privée, biens de consommations distribués en fonctions des besoins des familles, égalité des sexes, interdiction des drogues). Il faudra l'aide de mercenaires étrangers pour que le gouvernement parvienne à anéantir la révolte. Une seconde intervention franco-britannique a lieu en 1858 et 1859-60. Elle aboutit au ravage de Pékin (sac du palais d'été). La Chine doit alors accepter la présence de missions chrétiennes à l'intérieur de l'empire, elle doit ouvrir de nouveaux ports, elle est contrainte de verser une très forte indemnité de guerre. Parallèlement les Russes en profitent pour annexer des territoires sur la rives sud du fleuve Amour et en Mandchourie où ils construisent Vladivostok. En 1894-1895, le Japon attaque la Chine. Victorieux le Japon obtient la Corée, Taïwan. Cette succession d'humiliations permet au jeune empereur Guangxu de tenter en 1898 une modernisation politique de la Chine en proposant une monarchie constitutionnelle. Mais l'impératrice douairière Xici, qui gouverne de fait depuis 1861, fait interner l'empereur. Pour lutter contre les Occidentaux, Xici favorise le mouvement xénophobe des Boxers (1898-1901). La défaite des Boxers permet aux Occidentaux d'obtenir des droits supplémentaires. Xici se résout à faire des réformes mais elle meurt en 1908. Le nouvel empereur Xuangtong-Puyi est un enfant de trois ans, son entourage annule les réformes. En 1911, en Chine du Sud puis en Chine du nord des révoltes parviennent à abattre le gouvernement impérial. La république est proclamée en décembre à Nanjing. En février 1912, Puyi abdique, mais jusqu'en 1924, il restera cloîtré dans la Cité interdite à Beijing.

Voir aussi[modifier]

Sources[modifier]

  • Michel Mourre, Dictionnaire encyclopédique d'histoire, Bordas
  • Encyclopédie Wikipédia (articles consacrés aux différentes dynasties et à certains empereurs).

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