Dynamique de la végétation

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La dynamique de la végétation est le phénomène par lequel différentes plantes vont se succéder à un même endroit au cours du temps, en fonction des conditions du milieu, et notamment du type de sol. Plus le sol est épais, plus de grandes plantes peuvent s'y développer ; en même temps, ce sont les plantes qui modifient le sol, en fournissant la litière qui deviendra l'humus. Les plantes et le sol évoluent donc ensemble.

Principe[modifier]

La plupart des plantes ont besoin de sol pour pousser. Mais toutes n'ont pas besoin de la même épaisseur de sol, il y en a qui sont plus exigeantes que d'autres. Plus une plante a de grandes racines, plus il faudra que le sol soit épais pour pouvoir se développer : elle ne pourra pas pousser simplement sur de la roche.

Le sol est formé en grande partie par les plantes : ce sont les plantes qui, avec leurs racines, cassent la roche, et retiennent l'eau qui la dissout. En même temps, les feuilles mortes, et autres débris apportés essentiellement par les plantes forment la litière. Cette litière se décompose lentement, et se mélange avec des éléments minéraux de la roche-mère pour former l'humus, qui est la partie la plus importante du sol.

Quand une plante se met à pousser sur un sol, elle l'enrichit, et le rend plus profond, et donc, elle prépare le terrain pour des plantes plus exigeantes qui pourront pousser après elle. C'est ce qui fait que l'on ne trouvera pas le même type de végétation à différents moments, au même endroit, car le sol aura évolué et permis à des plantes différentes de pousser.

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : sol.

Les différents stades[modifier]

Le stade pionnier[modifier]

Tout d'abord, viennent les végétaux que l'on appelle pionniers1, ceux qui n'ont pas besoin de sol, ou pratiquement pas.

Ils peuvent pousser sur la roche nue : ce sont, pour la plupart, des lichens, ainsi que des cyanobactéries, qui vivent, pour la plupart, dans l'eau, mais dont certaines espèces peuvent vivre à l'air libre, pour peu qu'il y ait un tout petit peu d'humidité. Ce sont elles qui forment ces taches noires sur les rochers, à l'endroit où l'eau a coulé.

Ils sont accompagnés de quelques plantes, essentiellement des mousses. Les mousses et les lichens n'ont pas vraiment de racines, ils n'ont pas besoin de sol. Par contre, ils retiennent l'eau, et, une fois qu'ils sont présents, un minuscule sol, un peu sableux, et très pauvre en humus, commence à se former.

Quelques autres plantes peuvent les accompagner, qui elles, ont des racines, et ont donc besoin d'un sol, mais qui ont l'habitude des rochers : elles savent profiter de la moindre fissure de la roche, pour y trouver un tout petit peu de sol. Elles poussent donc plutôt entre les rochers que sur les rochers : ce sont les plantes « de rocaille », on les trouve, par exemple, souvent à la montagne, ou également sur les vieux murs : des fougères, comme la capillaire, ou la rue des murailles, des orpins, des joubarbes...

Par endroit, le climat est très rude, et ne permet pas à d'autres espèces, moins résistantes, de venir remplacer les pionniers, malgré le sol qui commence à se créer : ils peuvent donc rester, tranquillement, au même endroit, sans courir le risque d'être dérangés ! C'est le cas, par exemple, en haute montagne, où les rochers instables ne sont jamais couverts que de plantes de rocailles, ou de l'étage nival, le plus haut étage de la végétation, qui n'est composé que de lichens et de rares mousses.

La toundra est une forme de la végétation des milieux très froids, formée essentiellement de mousses et de lichens.

Le stade pelouse[modifier]

Dès lors que les végétaux pionniers ont préparé le terrain, c'est-à-dire, formé un petit peu de sol (quelques centimètres suffisent !) sur les rochers, apparaît le stade herbacé, ou stade pelouse. Comme son nom l'indique, il est essentiellement formé d'herbes, de toutes les sortes possibles, mais, essentiellement, des graminées. Les herbes sont les championnes de l'adaptation : elles ont conquis le monde entier, et il existe tant et tant d'espèces de graminées, qu'elles semblent s'être adaptés à presque tous les climats et tous les milieux sur Terre. Avec leurs racines courtes, mais nombreuses, elles se cramponnent fermement dans ce petit peu de sol qui est présent, et ne craignent pas d'être déracinées, ni par le vent, ni par les animaux qui viennent les brouter. Mieux, cela fortifie leur croissance, et leur permet de se développer d'avantage !

Les pelouses apparaissent également partout où la végétation a disparu, mais où il reste du sol - ne serait-ce qu'un tout petit peu - : les endroits brûlés par les incendies, par exemple, sont généralement couverts de belles pelouses au printemps suivant2. Il y a aussi des endroits où l'Homme coupe exprès la végétation (forêt, broussailles...) pour y voir pousser des herbes : cela forme les prairies, qui servent au pâturage, ou à la fauche...

Les graminées, ainsi que les autres herbes, fournissent également un humus de très bonne qualité, ce qui n'était pas le cas des mousses et des lichens. Rapidement, les terres deviennent cultivables, et l'Homme peut les exploiter. S'il ne le fait pas, de plus en plus d'espèces apparaissent dans ces pelouses, qui sont, de fait, source d'une très grande biodiversité.

Et puis, les premiers végétaux ligneux, c'est-à-dire les arbustes et les buissons, font leur apparition.

Les stades ligneux[modifier]

Après la pelouse, composée de plantes herbacées, apparaissent les premières plantes ligneuses, c'est-à-dire celles qui sont faites de bois. Mais « bois » ne veut pas forcément dire « arbre » : les arbres ont vraiment besoin d'un sol très épais pour pouvoir pousser, ce qui n'est pas encore le cas. De nombreuses plantes ont, en revanche, du bois, sans pour autant être des arbres : ce sont les buissons, les arbustes... Ces plantes sont vivaces, contrairement aux herbes, qui étaient souvent annuelles : elles vivent plus longtemps, et s'installent durablement. Ce qui était, jusque-là, une pelouse commence alors à ressembler plutôt à des broussailles.

Il existe des stades ligneux très différents selon les endroits, le climat, et la nature du sol : en effet, ce ne sont pas les mêmes végétaux qui vont pousser. Par exemple, en climat méditerranéen, sur un sol calcaire, très vite on va voir apparaître du thym, du romarin, et puis des chênes kermes, qui vont rapidement transformer la pelouse en garrigue. Au contraire, si le sol est acide, la transformation sera plus lente : on va voir apparaître une lande, quand les premières lavandes vont pousser, accompagnées de cistes, puis de bruyères. Et puis, des buissons de plus en plus grands et des arbustes apparaissent, bruyère arborescente, arbousier, et, finalement, chêne liège, qui transforment définitivement la pelouse en maquis.

Les stades forestiers[modifier]

Alors seulement, les arbres peuvent faire leur apparition. Ils poussent dans le sol, désormais suffisamment épais, et, en grandissant, font de l'ombre aux plantes qui sont là, et qui finissent par disparaître. Cela fait plus de place au sol pour de nouveaux arbres, et nouvelles plantes basses apparaissent, qui sont adaptées à la pénombre des forêts : ce sont les plantes de sous-bois, comme les fougères, les fraise des bois...

Il ne faut pas croire que les forêts n'évoluent pas : au cours de la vie d'une forêt, on ne trouvera pas toujours les mêmes arbres pour la constituer. Par exemple, en climat méditerranéen, les forêts sont essentiellement composées de pin d'Alep : en effet, les jeunes pousses de pins apprécient la lumière et la chaleur, et peuvent donc pousser, même au milieu d'une garrigue très ensoleillée, pour la transformer petit à petit en forêt. Les chênes pubescents, au contraire, n'aiment pas trop la lumière et la chaleur, du moins quand ils sont jeunes : si un gland venait à germer dans la garrigue, la jeune plante mourrait rapidement, sous l'effet de la sécheresse. Au contraire, si le chêne pousse dans une forêt de pins, l'ombre apportée par les arbres lui permet de grandir, jusqu'à ce qu'ils deviennent un grand et bel arbre : pour que le chêne puisse pousser, il faut qu'il y ait déjà une forêt (de pins ou de chênes, peu importe). Au contraire, quand la forêt devient trop épaisse et sombre, les jeunes pousses de pins, elles, ne trouvent plus assez de lumière, et ne peuvent plus pousser. C'est ainsi qu'au cours du temps, les pins sont peu à peu remplacés par les chênes, et qu'une pinède se transforme en chênaie...

On peut ainsi estimer l'âge de la forêt : plus elle est vieille, plus il y aura de chênes, et moins il y aura de pins.

Le stade final d'une forêt est appelé climax : le climax est la dernière végétation (souvent une forêt, mais ce peut être une pelouse, ou même des mousses et des lichens) qui poussera à un endroit, et qui, à cet endroit, ne serait remplacé par aucune autre.

Retour à zéro[modifier]

Le chablis[modifier]

Par endroit, il arrive qu'un très vieil arbre finisse par mourir. En tombant, il libère une grande place au sol, et fait un gros trou dans la forêt : c'est ce que l'on appelle un chablis.

Le tronc et les feuilles de l'arbre mort vont fournir de la nourriture à un grand nombre de décomposeurs, et notamment des champignons. A l'endroit du chablis, il se forme une clairière, c'est-à-dire un endroit dans la forêt où la lumière peut pénétrer jusqu'au sol. Les plantes de sous-bois, qui n'aiment pas tellement la lumière, ne vont pousser qu'à la lisière de cette clairière. On va y voir apparaître des nouvelles plantes, qui aiment les sols bien riches des forêts, mais aussi la lumière, comme les framboisiers, par exemple.

Les catastrophes naturelles[modifier]

Pourtant, les forêts ne sont pas éternelles. Les catastrophes naturelles, et, aujourd'hui, l'Homme, peuvent détruire les forêts. Ainsi, en 1999, la tempête qui a eu lieu fin décembre a abattu près de 140 millions de mètres cubes de bois dans les forêts françaises. Une autre tempête, en 2009, a également fait des dégâts considérables.

Les incendies détruisent également les forêts : dans les régions méditerranéennes, notamment, les incendies sont fréquents, et une même zone brûle naturellement au moins en partie tous les trente ans environ. S'y ajoutent en plus des incendies d'origine humaine (incendies volontaires ou accidentels), qui aujourd'hui font que la forêt brûle presque tous les ans.

Quand la forêt est détruite, une partie du sol l'est également : soit emporté par les pluies, lors des tempêtes, quand les racines ne le retiennent plus, soit brûlé en même temps que la végétation, lors des incendies. En général, le sol n'est jamais totalement détruit cependant. Sur ces sols, de bonne qualité, mais peu épais, mis à nu par de tels cataclysmes, on voit rapidement pousser des herbes, qui colonisent le milieu pour former des pelouses.

L'action de l'Homme[modifier]

L'Homme agit également à deux niveaux sur la dynamique de la végétation :

  • soit en provoquant l'apparition de pelouses : on déboise, c'est-à-dire en abattant les forêts, pour que les herbes poussent à la place : les pelouses ainsi formées portent le nom de prairies. On peut créer de telles prairies pour y emmener brouter les troupeaux : cela s'appelle des prairies de pâtures, ou des pâturages. On peut également créer des prairies pour y récolter l'herbe qui y pousse, de manière sauvage : l'herbe est fauchée pour fournir le fourrage, ou foin, qui sert de nourriture aux troupeaux pendant l'hiver : on appelle cela des prairies de fauche.
  • soit en reboisant, comme cela a été le cas après les deux grandes tempêtes de 1999 et 2009 : dans les zones où l'Homme exploite la forêt, on a préféré replanter des arbres, pour que la forêt repousse plus vite, plutôt que de laisser réapparaître les prairies, etc.

Parfois, l'Homme laisse également agir la dynamique de la végétation même sur les terres cultivées : on va cesser de cultiver une parcelle de terre, pendant quelques années, et laisser les plantes sauvages l'envahir : cela s'appelle la jachère. La jachère permet de reconstituer le sol, sans y apporter d'engrais, mais aussi de favoriser la biodiversité. C'est une technique d'agriculture écologique. Elle était très utilisée avant l'apparition des engrais ; mais elle a un gros défaut, c'est qu'elle fait perdre beaucoup de temps et d'espace cultivé à l'agriculteur, et c'est pourquoi elle n'est plus très utilisée aujourd'hui. Avec les nouvelles politiques écologiques, on commence peu à peu à revenir à cette technique ancestrale.

Voir aussi[modifier]

Vikiliens pour compléter[modifier]

Notes[modifier]

  1. Un pionnier, c'est le premier à s'installer quelque part, avant l'arrivée des autres. Ainsi, les premiers européens à s'installer en Amérique étaient aussi appelés les pionniers
  2. On trouve d'ailleurs souvent dans ces pelouses des herbes très rares et très belles, qui ne poussent quasiment que dans les zones brûlées : les orchidées Serapias, les asphodèles..
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