Drogue

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Aux yeux de la médecine, une drogue, ou un stupéfiant est une substance chimique qui, absorbée par l'organisme, agit sur le corps et sur le cerveau. La drogue est consommée le plus souvent pour obtenir un plaisir immédiat, ou un soulagement d'une douleur psychologique (on se sent mal dans sa peau).

Mais les drogues provoquent une destruction plus ou moins lente du corps, et entraînent une dépendance, c'est-à-dire qu'on ne peut plus s'en passer, et qu'elles finissent par occuper toutes les pensées de celui qui se drogue.

des plants de marijuana, une drogue

Pourquoi se drogue-t-on ?[modifier]

Dans la vie, chacun va rencontrer des malheurs, des angoisses, des moments de déprime, lors des problèmes familiaux ou encore pour faire le malin avec les copains et copines. C'est normal et cela fait partie de la vie mais attention, on devient vite accroc à toutes ces substances. Quand son chat meurt, par exemple, on est triste et on pleure. Cela finit par passer et la vie continue.

Dans ces moments de difficultés si on entre en contact avec une drogue, celle-ci va permettre d'oublier les chagrins, de se sentir à nouveau bien, de façon très temporaire (pas très longtemps). C'est très dangereux, car les problèmes qui viendront après à cause de la drogue mettront beaucoup plus de temps à disparaître, voire ne disparaîtront jamais !

Différents types de drogue[modifier]

Il existe toutes sortes de produits qui sont ou deviennent des drogues. L'alcool, les médicaments, la cigarette, ainsi que les autres drogues illégales comme le cannabis ou autres.

Le corps comme l'esprit s'habitue à la drogue, et la réclame si on tente d'arrêter d'en prendre. C'est la dépendance.

Certaines personnes peuvent se droguer avec des produits étonnants1 ou des comportements addictifs, comme les jeux vidéo ou les jeux d'argent (casino, machine à sous). Ces comportements correspondent à une drogue, car la personne affectée sera vraiment dépendante de ce comportement, aura également besoin d'augmenter les doses (par exemple, de jouer plus souvent ou plus longtemps), et sera vraiment malade si on l'empêche. Le cas des jeux d'argent est exemplaire : les personnes droguées de la sorte perdront tout leur argent, leur travail, et seront très malheureuses aussi sûrement que si elles se droguaient avec de l'héroïne.

Une dépendance du corps[modifier]

Le corps s'adapte à la consommation de la drogue, le cerveau se modifie. Lorsqu'on arrête la drogue, le corps souffre et devient malade. Selon la drogue, on tremble, on a des vertiges, on perd l'envie de manger. L'ensemble de ces phénomènes porte le nom de syndrome de sevrage. Souvent, pour que ces troubles cessent, on recommence à se droguer.

Une dépendance de l'esprit[modifier]

Au lieu d'affronter ses problèmes, ses petits soucis, on prend l'habitude de se droguer pour ne plus y penser. C'est très rapide : un verre d'alcool pour celui qui boit, par exemple. Mais les soucis reviennent le lendemain et le problème ne sera jamais réglé.

La dépendance de l'esprit — on dit dépendance psychologique — est très longue à soigner et peut prendre des années, à cause d'un problème qui aurait pu être réglé beaucoup plus vite.

Les motivations d'une personne qui se drogue sont très complexes, mais on retrouve souvent la volonté de fuir la réalité, de ne pas se confronter à un problème, de rechercher le plaisir à tout prix ; mais aussi de se conformer à un modèle social (« si tu ne bois pas, tu es une mauviette »). Il est plus facile de se laisser aller à la drogue plutôt que d'affronter ses peurs et ses doutes. Bien sûr, plus on se drogue, plus les problèmes s'accumulent, alors on a de moins en moins envie d'arrêter la drogue !

Dans le langage courant[modifier]

Le terme drogue peut aussi désigner des choses plus positives. On peut l'entendre pour parler de la musique, du sport. Dans ce sens, cela signifie simplement qu'on ne se voit pas vivre sans. Là, il n'y a rien de mal, au contraire. Avoir besoin de musique, de sport, en faire lorsque cela va mal est encore le meilleur moyen de gérer les petits moments difficiles. Mais là encore, il faut se méfier des excès.

Quand on est dépendant de quelque chose (d'une drogue, au sens médical, ou d'une passion), on dit souvent qu'on est « accro » : accro à la cocaïne, accro aux jeux vidéo, etc.. On parle aussi d'« être accroché » ; et de « décrocher » pour ne plus être dépendant d'une drogue.

Pourquoi ne faut-il pas se droguer ?[modifier]

Il faut éviter de se droguer, car les drogues détruisent la vie des personnes qui les utilisent, plus ou moins vite, et de manière plus ou moins réversible (c'est-à-dire plus ou moins définitivement).

Des dégâts pour le corps[modifier]

De nombreuses drogues sont des produits toxiques, des poisons, qui vont détruire le corps et l'esprit, très rapidement ou plus lentement selon les drogues, et cette toxicité va entraîner des maladies. Ainsi, les drogués de la cigarette sont-ils souvent affectés de maladies de la bouche, de l'estomac et des bronches, mais aussi de maladies du cœur. Ils sont plus concernés que les autres gens par les cancers touchant ces organes et par les maladies cardio-vasculaires. Les drogués de l'alcool sont des gens qui ont des maladies spécifiques (c'est-à-dire qu'il n'y a presque que les alcooliques qui les ont !) touchant le foie, le cerveau, le pancréas...

Le cannabis est également un toxique léger pour le cerveau ; de plus, sa consommation sous forme de joint expose les fumeurs de cannabis aux mêmes problèmes que les fumeurs de tabac.

Une plante de cannabis femelle

Enfin, les drogues utilisées par injection intraveineuse (avec une seringue) sont très dangereuses à cause du risque de contamination par une maladie sanguine (telle que le sida ou l'hépatite B). Les toxicités spécifiques à la cocaïne et l'héroïne sont très particulières. (Voir les articles dédiés.)

Il faut également noter que la plupart des drogues affectent la conscience de la personne droguée. Tant que l'effet de la drogue se fait sentir, sa personnalité est altérée, modifiée, et cette personne fera ou laissera faire des choses qu'elle refuserait en temps normal, même des choses dangereuses. Il existe un réel danger de se faire du mal ou de mourir sous l'influence d'une drogue.

Des dégâts pour le cerveau[modifier]

Toutes les drogues, quelle que soit leur nature, possèdent un point commun : elles altèrent quelque chose dans le cerveau, le système de la récompense, c'est-à-dire la source de tous nos plaisirs. Suite au fort pouvoir d'adaptation de notre cerveau, ce circuit du plaisir va se rétrécir, c'est le phénomène d'accoutumance. Ainsi, notre cerveau, habitué à la drogue, ne ressentira plus aucun plaisir, sauf en présence de la drogue. C'est le phénomène de dépendance : soumis en permanence à un produit toxique, le cerveau s'adapte pour fonctionner correctement en présence de ce toxique... mais en contrepartie, le cerveau n'est plus capable de fonctionner correctement sans le produit toxique : la drogue.

Ainsi, le fonctionnement du cerveau sera de plus en plus perturbé : entre chaque dose, la personne souffre du manque de drogue qui empêche son cerveau de fonctionner, et pendant la prise d'une dose, il n'y a plus aucun plaisir puisque la drogue permet simplement au cerveau de fonctionner à nouveau. Au début de la prise de drogue, la drogue procure beaucoup de plaisir. Puis, avec le temps, ce plaisir pendant la drogue disparaît, mais est remplacé par un grand déplaisir, inconfort, mal-être, douleur, entre deux prises de drogue.

Cet effet sur le système de la récompense est commun à toutes les drogues. Par contre, de nombreuses drogues possèdent en plus des effets neurologiques (sur le fonctionnement du cerveau) particuliers, différents en fonction de la substance qui sert de drogue. (Voir pour plus de détail la page concernant chaque drogue.)

Des dégâts pour la vie sociale[modifier]

La dépendance et l'accoutumance à la drogue vont entraîner plusieurs conséquences pour la personne qui se drogue.

  • La recherche de « toujours plus de drogue », pour ne pas en manquer et pour toujours pouvoir posséder une dose. C'est un gros problème pour deux raisons : la personne droguée peut y consacrer tout son temps et tout son argent !
  • L'augmentation des doses. Comme le cerveau s'habitue à une petite dose, la personne qui se drogue a tendance à augmenter cette dose pour ressentir à nouveau le plaisir qu'elle avait au début. Ceci pose également problème, car augmenter la consommation, cela veut dire qu'il faudra dépenser plus d'argent et que les effets toxiques directs de la substance absorbée vont se faire sentir : c'est le phénomène de surdosage, appelé couramment overdose. Ainsi la personne alcoolique va boire de plus en plus, la personne qui fume va fumer de plus en plus, etc., et le corps va souffrir de plus en plus de la présence de ces produits toxiques.

Les dealers sont des personnes vendant de petites doses de drogues illégalles à de fortes sommes d'argent. Cela peut coûter 325 € rien que pour 20g !

Globalement, ces deux phénomènes (recherche de la drogue et augmentation des doses) vont perturber la vie sociale de la personne qui se drogue. Dans les cas graves, tout son argent sera dépensé dans la drogue et tout son temps sera consacré à la drogue. Socialement, cela veut dire que la personne qui se drogue n'a plus les moyens de s'occuper de ses enfants si elle en a, de garder un travail, etc.

La seule exception à cela est la cigarette, qui est une drogue légale et qui est bien tolérée au travail2, malgré ses effets toxiques sur l'entourage des fumeurs. L'alcool, bien qu'en général toléré en privé, n'est pas tolérable au travail, et peut entraîner un licenciement. Aucune autre forme de drogue n'est normalement tolérée en société, sauf dans des circonstances où toutes les personnes présentes sont droguées.

Les effet de la drogue sur le corps[modifier]

Le cannabis : Altération de la mémoire avec diminution des capacités d’apprentissage, Aggravation des troubles psychiques, Augmentation des risques de cancers bronchiques, Dépendance pour les utilisateurs réguliers.

La cocaïne : Euphorie, Indifférence à la douleur, la fatigue et la faim, Accidents cardiaques, Troubles psychiques, Dépendance rapide et forte.

Le tabac : Troubles respiratoires, Dépendance.

L’ ecstasy : Troubles cardiaques et de la mémoire, Affaiblissement, Insomnie, Dépression, Grande fatigue, Dépendance.

LSD : Accélération du rythme cardiaque, Tremblements, Insomnie, Troubles mentaux, Hallucinations et suicide, Dépendance.

Les amphétamines : Accélération des rythmes cardiaques et respiratoires, Diminution de la capacité d’érection, Insomnie, Troubles psychiques (psychose, paranoïa), Acné majeure, Dépendance.

Comment arrêter la drogue ?[modifier]

Quelle que soit la drogue, il est possible d'arrêter et le plus tôt est le mieux. Dans tous les cas, il faut associer :

  • une prise en charge psychologique pour aider la personne malade-droguée à se libérer de sa dépendance psychologique et à affronter, puis résoudre les problèmes qui l'ont menée à la drogue ;
  • un arrêt total, ou une diminution rapide suivie par un arrêt total du comportement lié à la drogue. Un arrêt brutal de certaines drogues peut entraîner la mort, il faut alors faire cela dans un hôpital spécialisé.

La dépendance peut s'atténuer, mais le malade restera vulnérable toute sa vie à la tentation de recommencer, car son corps continuera de réclamer la drogue. Ainsi, même après des années d'abstinence, un alcoolique pourra « replonger » dans l'alcool après un simple verre de vin ou une seule coupe de champagne.

Voir aussi[modifier]

Articles liés[modifier]

Liens externes[modifier]


Notes[modifier]

  1. Comme le chocolat !
  2. En France, le tabac est interdit dans tous les lieux publics depuis le 1er févier 2007. Les débits de boisson ont une dérogation : l'interdiction de fumer ne les concernera qu'en février 2008

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