Défrichement agricole au Moyen Âge

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Les défrichements en Europe occidentale entre les XIe et XIVe siècles

En Europe occidentale, du Xie siècle au XIIIe siècle les paysans procèdent à des défrichements. De nouvelles terres cultivables sont gagnées sur les landes, les forêts ou les marais. D'abord dus à l'initiative des paysans qui grignotent l'espace autour de l'espace cultivé, ces défrichements sont ensuite encadrés par les seigneurs qui vont s'attaquer aux massifs forestiers; ils espèrent tirer de nouveaux revenus de cet agrandissement de l'espace cultivable. Les défrichements vont permettre de nourrir une population plus nombreuse, avec de plus en plus de non-paysans. De plus les défrichements vont changer la condition des paysans qui vont y gagner des libertés.

Les changements en Europe[modifier]

À partir du XIe siècle le climat de l'Europe change. Il devient moins humide, ce qui favorise le murissement des céréales et évite leur pourrissement ou le développement de champignons microscopiques qui endommagent les épis. Les récoltes sont donc plus abondantes et permettent de mieux nourrir la population. Du XIe siècle au XIIe siècle la population de l'Europe aurait doublé pour atteindre environ 54 millions d'habitants.

Cette augmentation de la population fournit plus de main-d'œuvre pour l'agriculture, mais elle augmente aussi la demande en nourriture. Une partie de ce surplus de population va migrer vers les villes qui se développent à cette époque et qu'il va falloir ravitailler.

Les paysans vont donc devoir agrandir l'espace agricole. Ils doivent désormais mettre en valeur des terres, jusque-là non cultivées, faute de moyens techniques ou parce que la nécessité ne s'en faisait pas sentir.

Les outils du défrichement[modifier]

Jusque-là, les terres cultivées dessinaient des clairièresPrécision dans des étendues incultes, c'est-à-dire les landes, les forêts et les marais. Les terres argileuses, lourdes et collantes, n'étaient pas cultivées fautes de moyens de labours adaptés; les forêts, qui disposent d'excellents sols bruns étaient intactes faute de moyens pour en enlever les arbres; les maraisPrécision étaient abandonnés faute d'un système efficace de drainagePrécision.

Progressivement les paysans vont améliorer leur outillage. Le fer va venir renforcer le bois à l'extrémité du soc de l'araire. Les chevaux vont être équipés du collier d'épaule, qui fait porter l'effort de traction sur les épaules des chevaux et non sur leur cou comme avec l'ancien collier qui étranglait les animaux. Désormais le cheval double sa puissance et peut tirer une tonne. Les bœufs vont recevoir le joug frontal reposant sur la boîte crânienne. L'attelage va ainsi devenir plus efficace et fournir plus de force de travail. Les paysans vont pouvoir extraire les souchesPrécision des arbres dans les parcelles forestières où on a abattu les arbres. La charrue, déjà connue à l'époque carolingienne, va lentement se diffuser car les paysans les plus entreprenants et les seigneurs peuvent en faire l'achat qui est très coûteux. Il sera désormais possible de faire des labours profonds, donc de mieux retourner la terre.

Les défrichements[modifier]

Moines bénédictins en train de défricher

Au XIe siècle[modifier]

Les défrichements sont faits à l'initiative des paysans. Ceux-ci, pour faire face à l'augmentation de leur famille, grignotent les lisièresPrécision de l'espace inculte autour d'eux. Même si l'accord du seigneur est indispensable, il est probable que ces défrichements aient été clandestins car la surveillance par les agents du seigneur était lâche du fait de leur insuffisance en nombre. Ces défrichements se repèrent aujourd'hui par les lieux-dits qui parsèment les territoires communaux autour des bourgs (artigues, arteil, laye, fayard). A la même époque les moines s'installant dans les campagnes font également des défrichements.

Aux XIIe siècle et XIIIe siècle[modifier]

Les défrichements changent. Désormais ce sont les seigneurs qui ont l'initiative. Souvent d'ailleurs ils s'associent (un seigneur laïc et un seigneur ecclésiastique-abbaye). Ces seigneurs vont installer des paysans dans les territoires inoccupés de leur seigneurie, ce que l'on appelait souvent des "déserts". C'est un gros effort collectif car on crée de nouveaux villages. Pour attirer la main-d'œuvre, l'entrepreneur doit accorder des avantages aux futurs colons; généralement ceux-ci vont bénéficier de la liberté individuelle (d'où de nombreux affranchissements de serfs) mais aussi des allègements d'impôts seigneuriaux. Les colons vont alors former des villeneuves. Les moines cisterciens remettent en honneur le travail manuel, un peu abandonné par les bénédictins. Ils s'installent dans des endroits isolés et vont créer de nouvelles clairières de défrichement.

L'intérêt d'une telle colonisation est qu'elle permet de mieux assurer la sécurité et de mieux contrôler les régions frontières entre seigneuries (jusque-là, les frontières étaient en fait des régions désertes). De plus l'afflux d'une population nouvelle, ainsi que la mise en culture de nouveaux espaces augmentent d'une manière importante les revenus des seigneurs.

À partir du XIIIe siècle[modifier]

De nouveaux défrichements apparaissent. Les paysans s'installent isolément dans l'intervalle entre les villages. Les terres nouvellement occupées sont plus difficiles, elles ne peuvent pas nourrir une population nombreuse mais elles conviennent parfaitement à l'élevage. Cette activité est plus individualiste. La surveillance du bétail est plus facile si on n'entre pas trop en concurrence avec les cultures, desquelles il faudrait s'isoler par des clôtures.

Le développement de l'artisanatPrécision des villes mais aussi l'amélioration du train de vie seigneurial augmente la demande en viande, en laine, en cuir et fournit une clientèle nombreuse.

Pour compléter sur le cadre de vie des paysans au Moyen Âge[modifier]

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