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Crise de l'été 1914

« Crise de l'été 1914 » expliqué aux enfants par Vikidia, l’encyclopédie junior
La presse américaine annonce l'attentat de Sarajevo contre l'archiduc François-Ferdinand et sa femme

La crise de l'été 1914 est la succession des évènements qui aboutissent au déclenchement de la Première Guerre mondiale. Elle commence avec l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand de Habsbourg, héritier d'Autriche-Hongrie, le 28 juin 1914 à Sarajevo en Bosnie. Elle se termine le 4 août 1914, quand le Royaume-Uni décide de se lancer dans la guerre aux côtés de la France, de la Russie et de la Serbie contre l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie.

Sommaire

[modifier] L'enchaînement des évènements

Les systèmes d'alliance en Europe en 1914
  • 28 juin 1914 : assassinat de l'archiduc François-Ferdinand de Habsbourg à Sarajevo en Bosnie. L'assassin est Gavrilo Princip un étudiant bosniaque lié aux services secrets de la Serbie.
  • 5 et 6 juillet 1914 : rencontre entre les dirigeants allemands et autrichiens à Potsdam près de Berlin. Tout en espérant que la guerre se limitera à l'Autriche et la Serbie les deux pays acceptent l'éventualité d'une guerre générale en Europe.
  • 23 juillet 1914 : l'Autriche-Hongrie lance un ultimatum à la Serbie. L'Autriche exige des mesures contre les activités anti-autrichiennes jusque-là tolérées par la Serbie. La France fait savoir qu'elle appliquera les mesures militaires de son alliance avec la Russie.
  • 25 juillet 1914 : la Serbie refuse l'ultimatum austro-Hongrois, écrit pour être inacceptable . La Russie apporte son soutien militaire à la Serbie.
  • 27 juillet 1914 : l'Allemagne refuse le projet britannique d'une conférence à quatre (Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie) pour résoudre la crise austro-serbe
  • 28 juillet 1914 : malgré les conseils de prudence de l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie attaque la Serbie.
  • 29 juillet 1914: la Russie commence la mobilisation partielle de son armée pour faire pression sur l'Allemagne.
  • 30 juillet 1914 : la Russie décide la mobilisation générale de son armée à partir du 31 juillet.
  • 31 juillet 1914 : l'Allemagne lance un ultimatum à la Russie. Assassinat du leader socialiste français Jean Jaurès à Paris, il était partisan du maintien de la paix.
  • 1er août 1914 : l'Allemagne décide la mobilisation générale de son armée et déclare la guerre à la Russie. La France décide la mobilisation générale pour le 2 août.
  • 2 août 1914 : la France commence la mobilisation de son armée. L'Allemagne envahit le Luxembourg.
  • 3 août 1914 : l'Allemagne envahit la Belgique (qui est un pays neutre) et déclare la guerre à la France.
  • 4 août 1914 : le Royaume-Uni déclare la guerre à l'Allemagne en raison du traité de 1831 qui garantissait l'indépendance et la neutralité belges.

On peut remarquer la responsabilité de certains pays dans le déclenchement de la guerre. Le gouvernement et l'État-major allemands, en n'écartant pas le risque d'une guerre généralisée et en apportant leur soutien à l'Autriche, poussent cette dernière à être très dure envers la Serbie avec le risque d'un conflit russo-autrichien. En faisant savoir qu'elle soutiendrait la Russie si elle était attaquée, la France encourageait la Russie à soutenir la Serbie avec le risque d'un conflit franco-allemand. Enfin le gouvernement britannique en ne faisant pas connaître clairement qu'il ferait jouer l' alliance franco-britannique en cas d'agression allemande contre la France ou la Belgique, pouvait laisser croire aux Allemands que le Royaume-Uni n'interviendrait pas en cas de conflit.

[modifier] Motivations des différents adversaires

Visite officielle du président Poincaré en Russie, le 21 juillet 1914. Poincaré (à gauche en civil) passe en revue les marins russes, à sa gauche se trouve le tsar Nicolas II en uniforme

[modifier] L'hostilité entre l'Auriche-Hongrie et la Russie

Dans les Balkans, l'Autriche-Hongrie se heurte à l'influence grandissante de la Serbie. En effet en Bosnie, en Croatie et en Slovénie, territoires de l'empire d'Autriche-Hongrie, ou au Monténégro, l'influence serbe est de plus en plus importante. Beaucoup de peuples slaves des Balkans souhaitent s'unir, autour de la Serbie, pour former un royaume des Slaves du sud, qui s'appellerait la Yougoslavie. Cela provoquerait l'éclatement de l'empire austro-hongrois. En 1908, l'Autriche-Hongrie annexe la Bosnie-Herzégovine, territoire situé dans les Balkans et qui appartient à l'empire turc ottoman, qu'elle administrait depuis 1878. Les protestations de la Serbie et de la Russie sont sans effet. En 1912-1913, deux guerres ont lieu dans les Balkans. La Grèce, la Serbie et la Bulgarie combattent l'empire turc encore maître d'une partie des Balkans. Celui-ci qui perd en mai 1913. Afin de barrer l'accès de la mer Adriatique à la Serbie, l'Italie et l'Autriche obtiennent la création du royaume d'Albanie qui est un état indépendant. Puis en 1913, la Serbie et la Bulgarie se font la guerre à propos du partage de la Macédoine. Au final la Bulgarie, qui perd cette seconde guerre, doit céder la région d'Andrinople à la Turquie, le sud de la Dobroudja à la Roumanie et la Macédoine à la Grèce et à la Serbie. Pour l'Autriche-Hongrie, la première occasion de se débarrasser du danger serbe doit être mise à profit. L'attentat de Sarajevo est l'occasion rêvée.

[modifier] L'hostilité entre la France et l'Allemagne

Le gouvernement allemand sait que la France rêve de récupérer l'Alsace-Lorraine cédée à l'Allemagne en 1871 et qu'un conflit est inévitable. Il sait que l'alliance franco-russe va obliger l'Allemagne à combattre sur deux fronts : à l'ouest contre la France, à l'est contre la Russie. Or l'armée russe bénéficiant des crédits français se renforce et vient de décider une augmentation de ses effectifs et de l'armement sur quatre ans. Il faut donc l'abattre avant qu'elle ne soit trop forte. L'État-major allemand pousse donc à profiter de la première occasion pour entrer en guerre contre la Russie.

[modifier] La rivalité entre l'Autriche-Hongrie et la Russie dans les Balkans

La Russie a subi une humiliation à cause de ses défaites face au Japon en 1904. Cela a provoqué une révolution et aboutit à l'installation d'un régime constitutionnel qui fonctionne mal car il est mal accepté par le tsar et son entourage. La Russie qui se pose en grand-frère des peuples slaves ne peut se laisser une nouvelle fois humilier, comme elle l'a été en 1908 à propos de la Bosnie-Herzégovine, en abandonnant la Serbie (peuple slave) face aux exigences de l'Autriche. La Russie bénéficie du soutien de la France en cas de conflit. Ce soutien vient d'être réaffirmé en juillet 1914, pendant la visite à Saint-Pétersbourg, de Raymond Poincaré, président de la République française. Ce soutien français devrait freiner les ardeurs guerrières de l'Allemagne. Le gouvernement russe pense qu'une guerre contre les Autrichiens ne peut que favoriser l'union des Russes autour de leur gouvernement et résoudre ainsi les problèmes de politiques intérieures russes.

Caricature britannique dénonçant l'agression de l'Allemagne contre la Belgique. L'Allemagne est caricaturée avec le personnage dont les poches libèrent un chapelet de saucisses

Depuis 1912, Raymond Poincaré domine la politique extérieure de la France. Comme beaucoup de Français, il veut récupérer l'Alsace-Lorraine, même au prix d'un nouveau conflit avec l'Allemagne. Il ne veut plus céder aux exigences coloniales de l'Allemagne, comme son prédécesseur Joseph Caillaux l'avait fait en 1911 au moment de l'Affaire d'Agadir au Maroc. Le conflit lui paraissant inévitable, il veut être sur d'une intervention militaire des Russes aux côtés de la France. En échange il assure la Russie que la France la soutiendra dans les affaires balkaniques, en particulier contre l'Autriche. Sous son influence le gouvernement français en 1913 fait voter la loi portant le service militaire obligatoire à trois ans dans le but de répondre à l'Allemagne qui envisage d'en faire de même.

[modifier] Les nombreuses rivalités entre le Royaume-Uni et l'Allemagne

Les Britanniques sont inquiets de la concurrence allemande dans des domaines qui étaient jusque-là leurs « chasses gardées ». La marine de guerre allemande est en train de rattraper la Royal Navy. Malgré de nombreuses négociations, les Allemands refusent de ralentir leurs constructions de navires de guerre. Or la maîtrise des mers est une nécessité absolue pour le Royaume-Uni dont les échanges se font par voie maritime. Les Britanniques sont donc obligés d'accroître le volume de leurs propres constructions navales de guerre, ce qui est coûteux à un moment où le gouvernement envisage d'améliorer la vie de la population. Du point de vue industriel, qui avait été leur grande réussite du XIXe siècle, les produits britanniques sont partout concurrencés par les produits allemands souvent plus adaptés aux goûts ou aux besoins des clients et souvent bien moins chers. Les Allemands ouvrent de nombreux chantiers dans l'empire turc et se rapprochent du golfe persique, région riche en pétrole et proche des Indes, le joyaux de l'empire colonial britannique. Conscient des menaces le gouvernement britannique a tenté, sans succès, d'établir le service militaire obligatoire afin de créer une armée susceptible d'intervenir en Europe. Pourtant le Royaume-Uni a besoin de la paix pour continuer ses affaires. Pour cette raison en juillet 1914, il propose, en vain, une réunion « à quatre » pour résoudre la crise austro-serbe. C'est l'invasion de la Belgique qui fait basculer les Britanniques dans la guerre (la neutralité de la Belgique est un des axes de la politique britannique en Europe).

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