Chevalier (Rome antique)

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Le groupe des chevaliers est un grand bénéficiaire de la conquête de l'empire romain. Les chevaliers sont des citoyens romains dont la fortune très importante les classe pour servir comme cavaliers dans l'armée romaine (c'est pour cette raison qu'on les appelle chevalier, ils font partie de l'ordre équestre).

Origine des chevaliers romains[modifier]

L'armée romaine disposait dès l'origine d'une cavalerie. Comme le cavalier s'équipait à ses frais (armes et cheval), cette fonction ne pouvait être tenue que par les Romains les plus riches. Ils formaient l'ordre équestre, qui dans les comices centuriates disposaient de grands pouvoirs au moment du vote des lois ou pour l'élection des magistrats.

Avec l'augmentation des effectifs de l'armée romaine, due à l'extension des conquêtes de plus en plus lointaines, les Romains les plus riches ne suffisent plus pour être cavaliers. On a donc enrôlé des Romains moins riches. Mais les anciens chevaliers ne voulaient pas perdre leur pouvoir politique. Aussi on distingue désormais le rôle militaire de l'appartenance à une classe sociale riche.

Les chevaliers devaient avoir une fortune confortable (plus de 400 000 sesterces dans les derniers siècles de la République romaine). Tous ceux qui étaient au dessus de cette condition étaient inscrits dans l'ordre équestre par les censeurs au moment de l'opération quinquennale du cens. Les sénateurs faisaient donc à l'origine partie de l'ordre équestre.

Séparation entre sénateurs et chevaliers[modifier]

Ce n'est qu'en 219 av. J.-C., qu'une loi interdit aux sénateurs de participer aux opérations financières très rentables que provoquaient les conquêtes grandissantes. Certains chevaliers optèrent pour la carrière politique organisée par le cursus honorum, d'autres décidèrent de faire des affaires et restèrent chevaliers.

Vers 129 av. J.-C., une loi décide que les titres de sénateur et de chevalier seraient incompatibles. Tout citoyen que les censeurs élèveraient à la fonction de sénateur serait rayé de la liste des chevaliers. Désormais chevaliers et sénateurs étaient séparés par une barrière légale.

Rôle des chevaliers romains[modifier]

Rapidement les chevaliers ont pour métier le maniement de l'argent. Ils pratiquent le grand commerce d'import-export avec les provinces ; ils sont banquiers, armateurs. Ils sont aussi usuriers (ils prêtent de l'argent avec un intérêt annuel exorbitant de 50 % !). Ils sont aussi publicains, c'est-à-dire qu'ils rendent un service public. Ils se regroupent dans de grandes sociétés pour réaliser les grands travaux publics décidés par l'État romain (routes, aqueducs...), ils fournissent aussi le matériel militaire, évidemment ils réalisent alors de grands bénéfices (en dépensant moins qu'ils ne reçoivent de l'État). Surtout ils prennent en charge la perception des impôts dus par les provinces. Ils versent à l'État d'un coup le montant de l'impôt et se chargent ensuite de récupérer sur les contribuables (l'État ferme les yeux sur les moyens employés alors pourvu qu'ils ne provoquent pas des troubles).

Les chevaliers romains pendant l'empire[modifier]

À partir du règne de l'empereur Auguste, les chevaliers romains deviennent une noblesse de fonctionnaires servant l'empereur. Les conditions pour faire partie de cette noblesse sont toujours la fortune (plus de 40 000 sesterces) et être de naissance libre. Mais l'appartenance à l'ordre équestre n'est pas héréditaire. L'empereur ( qui s'est attribué les pouvoirs des deux censeur) y nomme qui il veut. Deviennent alors chevaliers romains, des fils de chevaliers, des notables administrant les villes disséminées dans l'empire, des intellectuels ou des artistes, des centurions.

Pour les distinguer du commun du peuple comme des sénateurs, les chevaliers portent un anneau d'or. Ils sont vêtus de la toge blanche à bande de pourpre étroite (appelée angusticlave). Chaque année, le 15 juillet (qui correspond aux Ides de juillet), les chevaliers participent à une parade équestre dans Rome. Pour honorer l'ordre équestre Auguste place à sa tête ses petits enfants, les princes impériaux titrés Princes de la Jeunesse.

Une carrière de fonctionnaire est organisée pour les chevaliers. Elle se distingue de l'ancien cursus honorum, qui subsiste pour les sénateurs.

La carrière commence par le service militaire. Il dure trois ans. Les jeunes chevaliers y occupent des fonctions d'officiers : tribun, préfet de cohorte auxiliaire, tribun de légion ... À partir du règne de l'empereur Hadrien, il n'est plus nécessaire d'avoir fait son service militaire. On peut devenir chevalier en ayant occupé les fonctions d'avocat du fisc où on défend les intérêts de l' État face aux contribuables.

Vers 27 ans, on commence la carrière proprement dite. La plupart des chevaliers resteront toute leur carrière dans le premier échelon. Ils seront procurateurs financiers, gouverneurs de province dite procuratorienne. Ils s'y occupent des aspects économiques et fiscaux de l'administration étatique.

Quelques chevaliers atteignent le second échelon, extrêmement prestigieux. Il s'agit des fonctions liées au palais de l'empereur, donc la direction des bureaux centraux du fisc et de l'administration. Au dessus se trouvent les sept grandes préfectures : les deux préfectures des flottes de Misène et de Ravenne, la préfecture d'Égypte, la seconde en importance après celle du prétoire et celle de Mésopotamie, les trois préfectures urbaines administrant Rome : le préfet des vigiles (le service de sécurité de la ville), le préfet de l'annonce (le ravitaillement de la ville) et en haut de la hiérarchie le préfet du prétoire.

Les membres de l'ordre équestre peuvent également obtenir quelques fonctions de prêtres comme les luperques et les haruspices.

Enfin, l'empereur peut toujours faire entrer un chevalier dans l'ordre sénatorial. Il y a d'ailleurs de nombreuses passerelles entre les deux ordres, en particulier par le biais des mariages.

Sous le règne de l'empereur Dioclétien, les chevaliers ne sont plus recrutés des critères basés sur la fortune, mais uniquement sur la gestion de certaines fonctions civiles et militaires, qui donnaient droit à l'appellation de « perfectissimes ».

Sous le règne de l'empereur Commode (milieu du IIe siècle) il y a 135 postes, et au milieu du IIIe siècle, il y en a 182.

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