Char de combat

« Char de combat » expliqué aux enfants par Vikidia, l’encyclopédie junior
Aller à : navigation, rechercher

Un char de combat ou char d'assaut, parfois aussi « tank », est un véhicule militaire automobile blindé à chenilles, armé d'un canon.

Image 3D 3D lunettes anaglyphiques - rouge cyan.png Char français AMX-30 (années 1960). Musée des Blindés de Saumur.

De l'idée à la réalisation[modifier]

Un souci majeur pour les attaquants en position d'infériorité a toujours été d'avancer armes à la main en étant protégé, particulièrement contre des troupes d'archers ou devant des châteaux et villes fortifiés (places fortes).

Les boucliers individuels suffisaient à protéger les hommes contre les flèches, mais non contre les carreaux d'arbalètes et autres projectiles beaucoup plus puissants. On avait alors recours à des mantelets capables d'abriter plusieurs hommes, véritables palissades mobiles bardées de fer, si lourdes qu'il fallut bientôt les monter sur roulettes.

Vers 1500, Léonard de Vinci va plus loin en imaginant des machines de guerre blindées, armées de canons et pourvues de quatre roues actionnées par la force humaine. Un dessin subsiste, dont on a fait des répliques modernes exposées dans divers musées. On y voit souvent l'ancêtre de l'actuel char d'assaut.

Vers 1900, avec l'invention de l'automobile, l'idée vient vite de construire des véhicules blindés et armés. En 1904, l'écrivain britannique de science-fiction H. G. Wells met en scène, dans un de ses romans, un engin chenillé long de 30 mètres transportant des troupes. Il ne manque plus qu'un puissant moteur pour passer à la construction réelle de ces machines d'acier.

Première guerre mondiale[modifier]

Chars britanniques
Prototype du « tank » britannique Mark I en essai de franchissement d'une tranchée, près de Londres, en 1916.

Le 15 septembre 1916 apparut sur le champ de bataille de la Somme le premier char d'assaut, connu sous son nom de code de « tank » (réservoir) Mark I, bientôt suivi des Mark II, III, IV, V, de mieux en mieux armés. L'engin de 8 m de long et pesant 24 t était capable de franchir des tranchées de 4 m. Le tir de ces premiers « tanks » était latéral.

Chars français

Les Français, eux, engagèrent pour la première fois leurs chars d'assaut le 16 avril 1917, durant l'offensive du Chemin des Dames, avec 132 chars Schneider CA1 de 14 t, qui se montrèrent trop fragiles et difficiles à manœuvrer. Ils furent suivis du char Saint-Chamond, pesant 22 t, qui n'apporta pas plus de satisfaction.

Finalement, les Français optèrent pour un char beaucoup plus petit et plus maniable, muni pour la première fois d'une tourelle pivotante et servi par deux hommes (le chef de char-tireur et le conducteur), le Renault FT-17, de 6,7 t, construit en 3800 exemplaires à partir de 1917. C'est le plus connu et le plus réussi de tous les chars de combat français de la Première Guerre mondiale. Suivant les versions, ce premier char « moderne » portait soit une mitrailleuse, soit un canon. Il fut construit aussi sous licence aux États-Unis, et en Italie sous la variante Fiat 3000.

Chars allemands

Les premiers chars allemands, les lourds A7V, furent engagés le 21 mars 1918 à la bataille de Saint-Quentin. Les Allemands avaient pris du retard sur les Britanniques et les Français, mais ils firent grande impression. On vit donc pour la première fois des chars de combat opposés les uns aux autres. Un A7V fut renversé et pris par les Français qui purent ainsi l'étudier entièrement. Dans les mois suivants, les A7V furent mis à mal par les alliés qui avaient organisé leur artillerie en conséquence. Après la guerre, ceux qui restaient furent récupérés par les Français qui, finalement, les donnèrent aux Polonais.

Seconde Guerre mondiale[modifier]

Au début de la Seconde Guerre mondiale, tous les belligérants disposent de nouveaux modèles de chars, tous construits sur des principes équivalents issus de l'expérience de la Première Guerre. Ce sont des engins de petite taille, rapides, à tourelle pivotante, armés de canons aussi lourds que possible. Ils sont tous équipés de liaisons radio et de moteurs puissants.

Au cours de la guerre, on voit des progrès aboutissant peu à peu à la conception du char moderne : structure basse, suspension efficace, blindage de fonte plutôt que de plaques d'acier, spécialisation de types de chars de différentes tailles selon les besoins. Certains chars allemands (en allemand : Panzer), de type « Tiger » ou « Panther », atteignent des masses énormes.

Char américain Sherman, utilisé par la 2e DB du général Leclerc lors de la Libération de Paris en juin 1944, conservé comme monument sur la N 20 à Bourg-la-Reine.

Vers la fin de la guerre et pour le Débarquement en Normandie, les Anglais et les Américains mettent au point des chars spécialisés, les uns équipés d'outils de déminage, de dépannage, de traçage de voies, les autres portant un armement lourd à faible portée pour la destruction rapprochée des ouvrages fortifiés allemands.

Le char américain Sherman, venu avec le Débarquement, est le plus répandu de tous les chars de la Seconde Guerre mondiale. Il fut utilisé par les forces britanniques, mais aussi françaises, en particulier par la 2e DB du général Leclerc.

Les Russes construisent leurs chars en grande série sur les mêmes principes que les Américains ou les Allemands. Des modèles bien connus sont les T-34 et T-54, utilisés lors de l'invasion de l'Allemagne et de l'Europe de l'Est.

Chars actuels[modifier]

Tous les grands pays industrialisés fabriquent actuellement leurs propres chars de combat.

En France, après la Seconde Guerre mondiale, après quelques petites séries de chars de diverses tailles, une première grande génération de chars de combat a été produite à partir du milieu des années 1950. Ce sont les chars légers AMX-13 (mise en service : 1955) et leurs corollaires plus lourds AMX-30 (mise en service : 1967). Ces chars sont encore en service. La plupart sont équipés de pièces d'artilleriePrécision, mais certains AMX-30 ont été équipés pour porter des missiles « Pluton ». D'autres chars portent des appareils de franchissement, comme des ponts pliables, des grues ou des lames de bull-dozer.

Le char français actuel est le char Leclerc, mis en service à partir de 1990. Il est relativement léger (56 t) malgré sa taille imposante et, surtout, il est rapide : 72 km/h et puissant : 1500 ch DIN ; autonomie : 500 km. Sur les 800 exemplaires produits, la moitié est entrée en service dans l'armée française, l'autre moitié a été acquise par les Émirats arabes unis.


Portail des techniques - Tous les articles sur les moyens de transport, l'informatique, les outils et les matériaux.

Source : cette page a été partiellement adaptée de la page Histoire du char de combat de Wikipédia.
(consulté le 30 décembre 2010)