Catastrophe de Challenger

« Catastrophe de Challenger » expliqué aux enfants par Vikidia, l’encyclopédie junior
Aller à : navigation, rechercher
Drapeau des Etats-Unis.svg
Cet article est une ébauche concernant les États-Unis. Améliore-le !
Ébauche astronomie Cet article est une ébauche concernant l’astronomie. Améliore-le ! (Aide sur la syntaxeConseils de rédaction)
De haut en bas et de gauche à droite : la trainée de fumée après l'explosion en vol de la navette spatiale Challenger ; un débris de propulseur d'appoint à poudre ; les joints toriques brûlés qui n'ont pas pu assurer l'étanchéité de la jonction des segments d'un booster ; le dernier décollage de Challenger ; le service commémoratif tenu par le président Ronald Reagan en hommage aux astronautes ; l'explosion en vol de Challenger.

Lors de la froide matinée du 28 janvier 1986, la navette spatiale Challenger prend son envol pour la vingt-cinquième mission de la navette spatiale. La veille du lancement, un groupe d'ingénieurs pressentent une catastrophe et demandent le retardement du vol. Toutefois, la NASA ne prend pas leur inquiétude au sérieux, jugeant les données peu concluantes. Malheureusement, cette catastrophe anticipée par les spécialistes devient réalité : 73 secondes après le décollage, la navette explose sous les yeux de nombreux spectateurs, dont les familles des astronautes. Challenger est détruite et son équipage, constitué de sept membres dont une enseignante du Teacher in Space Project, perd la vie dans l'accident : c'est la Catastrophe de Challenger.

Cet accident spatial est vécu comme un véritable coup de tonnerre à travers le monde et marque un retour à la réalité car c'est la première fois dans l'histoire des États-Unis et de leur programme spatial que des astronautes sont tués en vol. La répercussion médiatique de l'évènement est énorme. Le désastre alimente de nombreux débats sur la sécurité technologique ainsi que sur les prises de décision. La NASA vit une forte crise et interrompt pendant trois ans le programme des navettes le temps de trouver la défaillance et de la corriger.

L'enquête relative à la catastrophe réalisée par la Commission Rogers démontrera que, du fait de l'avertissement des ingénieurs, la catastrophe était parfaitement évitable et qu'elle s'est produite à cause de sous-estimation du danger, de mauvaises décisions, d'un horaire de vol irréaliste, de la météo inadaptée et de l'absence de système de survie.

STS-51-L[modifier]

Le dernier équipage de la navette spatiale Challenger. Smith, Scobee et McNair au premier rang, Onizuka, McAuliffe, Jarvis et Resnik au second. Ils sont tous décédés en conséquence de cet accident.

C'est au cours du lancement de la navette, lors du vol STS-51-L, que l'accident s'est produit. L'équipage était constitué de sept membres, tous de nationalité américaine :

  • Francis Dick Scobee est le commandant de la mission. Après avoir piloté Challenger lors de la mission STS-41-C (qui avait consisté à déployer un satellite et à en réparer un autre), il se voit confier ce rôle.
  • Michael John Smith est le pilote de la mission. Ancien vétéran de la Guerre du Viêt Nam, c'est sa première mission dans l'espace.
  • Judith Arlene Resnik effectue son deuxième vol en tant que spécialiste de mission. Sa première mission était le vol inaugural de la navette Discovery, STS-41-D, lors duquel trois satellites ont été déployés.
  • Ellison Onizuka, d'origine japonnaise, est sélectionné pour son deuxième vol. Ingénieur de vol de l'United States Air Force, élevé au grade d'Eagle Scout, il avait participé à la mission STS-51-C de Discovery au service du département de la Défense des États-Unis.
  • Ronald Erwin McNair est le troisième spécialiste de mission. Il avait déjà volé à bord de Challenger lors de la mission STS-41-B où des sorties extra-véhiculaires avaient été réalisées.
  • Gregory Bruce Jarvis, spécialiste des satellites, capitaine de l'United States Air Force et membre du personnel pour Hughes Aircraft, s'offre son premier voyage dans l'espace en tant que spécialiste de charge utile.
  • Christa McAuliffe, sélectionnée pour être la première enseignante à aller dans l'espace.

Les principaux objectifs de la mission étaient :

La mission est la plus attendue depuis les heures glorieuses du programme Apollo. Christa McAuliffe, mère de deux enfants, a connu un entraînement de cinq mois en vue de cette mission dont elle est consciente de l'enjeu. Sa sélection a fait d'elle une célébrité nationale.

La vingt-cinquième mission de la navette spatiale sera donc bien plus qu'un simple voyage dans l'espace. Elle a pour vocation de donner un second souffle au programme des navettes spatiales car après vingt ans de coûts budgétaires et de désintérêts publics, la navette spatiale, qui promettait un service de transport régulier dans l'espace à un prix abordable, n'a jamais pu tenir sa promesse à cause des coûts d'entretien que la NASA avait sous-estimé lors de sa conception et de nombreuses missions ont été annulées. En envoyant Christa McAuliffe dans l'espace, l'agence spatiale américaine espère restaurer la confiance dans sa création.

Vu que la catastrophe s'est déroulée au décollage, c'est à dire avant la réalisation dans l'espace, aucun de ces objectifs n'a pu être rempli. Dans l'accident, Christa McAuliffe est morte avec tout l'équipage et le satellite a été détruit. La confiance dans la navette, qui jusqu'ici était réputée pour sa fiabilité, a été davantage ébranlée au lieu d'être restaurée.

Retardements[modifier]

Le décollage de cette mission, prévu à l'origine pour le 22 janvier, fut d'abord reporté au 23 pour le retard qu'avait eu le vol de la mission précédente, puis au 24 pour la même raison. Le lancement fut de nouveau reporté au 25 pour des problèmes de météo, puis au 27 à nouveau pour ce même problème. Le matin du 27 janvier, au moment du lancement, une petite anomalie sur la trappe de la navette retarda de nouveau le vol, sans pour autant le reporter. Quand le problème fut réparé, le vent se leva. Il était trop fort pour permettre le lancement et la NASA attendit que le vent faiblisse, mais l'attente fut trop longue et le décollage fut finalement reporté au 28.

Le vol funeste...[modifier]

Le matin du lancement[modifier]

Stalactites sur la tour de lancement le matin de la Catastrophe de Challenger.

La nuit précédant le lancement, il fait très froid puisque la température n'excède pas -0,5°C. Des spécialistes lâchent des ballons sonde pour vérifier les conditions météorologiques. Rien d'anormal n'est signalé et toutes les données semblent favorables. Cependant un problème subsiste : la vague de froid exceptionnel a généré des couches de glace de plus de sept centimètres ainsi que des stalactites de plus d'un mètre. Jamais une navette n'a été lancée par le passé dans un temps aussi glacial. En conséquence, le centre de contrôle décide de reporter la mise à feu de deux heures.

Au centre spatial Kennedy, on achève les derniers préparatifs en vue de la mission la plus attendue depuis le programme Apollo et les voyages lunaires. Les spectateurs affluent à Cap Canaveral. Dans quelques instants, la navette va faire date en embarquant la première passagère de l'espace.

À 8h38, une heure avant le décollage, l'équipage commence à embarquer à bord de Challenger. À ce moment-là, cette navette, qui est la cadette de la flotte, est de loin la plus fiable des quatre orbiteurs du programme spatial. Depuis sa mise en service en 1983, elle a réalisé à elle seule 40% des 24 précédents vols de navettes avec un total de 9 missions et 51 astronautes à son bord.

À neuf minutes du décollage, après la fonte de la glace, la tour de contrôle s'assure que tous les systèmes de propulsion fonctionnent bien. Ils sont déclarés opérationnel et Challenger est autorisée à voler.

Trois minutes avant le lancement, les réservoirs d'hydrogène et d'oxygène sont mis sous pression et les moteurs-fusées principaux de la navette sont chauffés. Aucun problème n'est détecté dans le compte à rebours. Six secondes avant le lancement, les moteurs-fusées de la navette sont mis à feu. À ce moment, la navette est maintenue au sol par des boulons. Sous la formidable poussée, le nez de la navette qui est attachée au sol s'incline de deux mètres puis revient à la verticale. C'est le moment où les boulons explosent et les propulseurs d'appoint sont mis à feu. Le retour en arrière n'est plus possible. Le lancement a débuté, et au sol, les contrôleurs sont tendus et espèrent que tout va se dérouler comme prévu...

Le décollage[modifier]

L'ascension fatale de Challenger.

À 11h38 en heure locale, le vaisseau spatial s'arrache de la plateforme de lancement pour la vingt-cinquième mission sous les yeux des familles des astronautes, de millions de spectateurs, devant la télévision ou sur place, et sous des tonnerres d'applaudissements.

« Liftoff ! Liftoff of the 25th space shuttle mission, and it has cleared the towerPrécision »

— PAOPrécision

Presque immédiatement après le décollage, soit 7 secondes, la navette entame une manœuvre de pivotement pour se placer sur la trajectoire qui la mènera en orbite. L'ordre est donné par le commandant Scobee :

« Houston, Challenger - Roll program.Précision »

— Commandant Francis Dick Scobee

« Roger roll, Challenger.Précision »

— CAPCOMPrécision

La manœuvre prend fin 16 secondes après le décollage.

« Good roll program confirmed. Challenger now heading downrange.Précision »

— PAO

Challenger se prépare alors à rentrer dans la zone désignée sous le nom de « Max Q ». Cette zone est un point de dynamique maximale où les forces aérodynamiques subies par la structure sont les plus fortes. En cas de vitesse trop élevée, la navette peut se désintégrer. Pour éviter de la soumettre à des contraintes excessives pouvant aboutir à une catastrophe, on réduit la poussée à 65% sous les ordres du directeur de vol Jay Greene.

« Engines beginning throttling down, now at 94 percent. Normal throttle for most of the flight is 104 percent. We'll throttle down to 65 percent shortly.Précision »

— PAO

La traversée de la zone se fait sans problème détecté. De poussée réduite, les trois moteurs principaux de la navette fonctionnent parfaitement.

La traversée de la zone Max Q.
« Engines at 65 percent. Three engines running normally. Three good fuel cells. Three good APUs. Velocity 2,257 feet per second, altitude 4.3 nautical miles, downrange distance 3 nautical miles...Précision »

— PAO

À la 65e seconde de vol, Challenger quitte avec succès cette zone de danger maximal. Elle entre dans la haute atmosphère allégée et peu dense. Désormais, pour échapper à la gravité terrestre, Challenger doit accélérer à plus de 28 000 km/h. Pour cela, il faut mettre les moteurs de la navette à pleine puissance. Le centre de contrôle donne l'ordre :

« Engines are throttling up. Three engines now at 104 percent.Précision »

— PAO

« Challenger, go at throttle up !Précision »

— CAPCOM

« Roger, go at throttle up.Précision »

— Commandant Francis Dick Scobee

Cette réponse du commandant Scobee est sa dernière communication au sol. Soudain, à la 73 e seconde de vol, immédiatement après la transmission de l'ordre, Challenger disparaît engloutie dans une immense boule de feu.

« One minute fifteen seconds. Velocity : 2,900 feet per second. Altitude : 9 nautical miles. Downrange distance : 7 nautical miles.Précision »

— PAO

« Oh oh... »

— Pilote Michael John Smith

Cette réaction du pilote est la dernière transmission au sol. Le contact a été rompu. L'équipe au sol est stupéfiée de même que les observateurs qui réalisent ce qui vient de se dérouler. Certains ne s'en rendent pas encore compte, croyant voir la séparation des propulseurs d'appoint à poudre, mais voyant les débris retomber, ils finissent par comprendre à leur tour.

Les boosters, qui continuaient de voler au moment de la désintégration, présentaient un danger pour le sol : ils sont donc auto-détruits à distance. Les débris du réservoir et de la navette retombent en laissant chacun une traînée de fumée derrière eux et percutent à vitesse supérieure à 300 km/h la surface de l'océan Atlantique. Un corps humain ne peut résister à un pareil choc : les astronautes, s'ils ont survécu à « l'explosion » sont forcément morts en touchant l'océan... Le vol est terminé. Le NASA part à la recherche de débris et enquête sur ce qui est arrivé.

La traînée de fumée laissée par l'explosion de la navette.

Les résultats de l'enquête[modifier]

Les causes de la catastrophe[modifier]

La principale cause de l'accident aurait été le froid. Dans la nuit précédant le vol, il avait fait moins de 0 °C. Les joints faisant les liaisons entre les boosters et le réservoir externe étaient sensibles à ce froid. Cette nuit-là, un des deux joints avait été fragilisé. Par conséquent, au moment du décollage, une fuite est apparue au moment du vol. Mais ce qui a principalement provoqué le drame, c'est que la fuite tapait sur le réservoir externe. Pour que la catastrophe ne produise pas, il aurait fallu que le réservoir résiste jusqu'à la séparation des boosters, mais celui dont le joint s'était fragilisé, plus correctement attaché, s'est mis à trembler et la fuite a tapé une plus grande surface du réservoir, ce qui a accéléré sa destruction et provoqué le drame.

Les analyses de la catastrophe[modifier]

La navette a été totalement désintégrée lors de la destruction du réservoir, mais un gros débris de la navette a été identifié comme étant la cabine de pilotage. Au sol, il a pu être observé que des systèmes de secours (finalement inutiles pour sauver l'équipage) avaient été activés, ce qui prouve que l'équipage a survécu au premier choc.

Bouranelancementbout.jpg

États-Unis États-Unis : Navette spatiale américaine (terminée) - Enterprise OV-101 (démonstrateur) • Pathfinder OV-098 (maquette) • Columbia OV-102 (détruite) • Challenger OV-099 (détruite) • Discovery OV-103 (terminée) • Atlantis OV-104 (terminée) • Endeavour OV-105 (terminée)
Union soviétique Union soviétique : Bourane (annulée) - OK-M OK-0.01 (démonstrateur) • OK-GLI OK-0.02 (démonstrateur) • OK-KS OK-0.03 (démonstrateur) • OK-MT OK-0.04 (démonstrateur) • OK-TVA OK-0.05 (démonstrateur) • OK-TVI OK-0.06 (démonstrateur) • OK-0.08 (démonstrateur) • OK-ML1 OK-0.15 (démonstrateur) • Bourane OK-1.01 (détruite) • Ptichka OK-1.02 (inutilisée) • Baïkal OK-2.01 (inachevée) • OK-2.02 (abîmée) • OK-2.03 (désassemblée)
France France : Hermès (abandonnée)
Russie Russie : Kliper (avenir incertain)

Portail des États-Unis - Tous les articles concernant les États-Unis.
Portail de l'astronomie - Accédez aux articles de Vikidia concernant l'astronomie.

28°38′24″N 80°16′48″O / 28.64, -80.28