Armée romaine sous l'Empire

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L'empire romain pendant le règne de l'empereur Trajan

À partir du Ie siècle, l'armée romaine stationne loin de l'Italie, près des frontières menacées par les Germains ou les Parthes. Elle recrute surtout parmi les hommes libres des provinces de l'Empire romain. Son fonctionnement n'est guère différent (sauf dans la hiérarchie) de celui de l'armée de la République romaine.

Le recrutement des soldats[modifier]

Sous l'Empire romain, l'armée monte la garde aux frontières et dans les provinces récemment conquises. Elle est donc loin de l'Italie. Le sentiment de défendre la patrie (le sol national) s'est affaibli parmi les citoyens résidant en Italie. Donc le devoir civique d'être soldat, lié au droit civique de bénéficier de la citoyenneté, disparaît. Les hommes libres d'Italie (qui sont des citoyens) confient la défense de l'Empire aux citoyens romains installés dans les provinces, donc plus exposés aux invasions. De plus les soldats auxiliaires (les indigènes des pays conquis par Rome) qui s'enrôlent dans l'armée romaine, après 25 ans de service obtiennent la citoyenneté romaine et les droits civils importants qui lui sont liés. La citoyenneté romaine ne sera accordée à tous les hommes libres de l'Empire qu'en 212 par l'empereur Caracalla. Être soldat est donc pendant longtemps un avantage.

Les enrôlements volontaires sont suffisants pour combler les besoins (morts et retraités) aussi les citoyens sont peu soumis au service réel. Le légionnaire reçoit une solde élevée (environ 500 deniers par an) à laquelle s'ajoutent des primes versées assez fréquemment. Après vingt années de service le légionnaire partant en retraite perçoit un pécule d'environ 3 000 deniers voire un lot de terre dans les colonies provinciales où il pourra fonder une famille. Le légionnaire est en effet célibataire pendant son service. Ce n'est qu'à la fin du IIe siècle que l'empereur Septime Sévère autorise les légionnaires à se marier durant le service. Les enfants des légionnaires sont alors pris en charge par l'État mais sont destinés à être soldats à l'âge adulte (cela assure un recrutement forcé pour avoir les effectifs militaires nécessaires).

L'organisation de l'armée romaine[modifier]

Les troupes romaines traversent le Danube sur un pont de bateaux. Bas-relief de la frise de la Colonne Trajane.

La légion garde la même organisation en cohortes que celle mise au point par le consul Marius à la fin du IIe siècle av. J.-C. pendant la République. Une legion est composée de dix cohortes,la cohorte est commandée par un triban qui commande 6 ceinturie commander par un centurion.

La légion est désignée par un numéro, un nom et un surnom (exemple de nom Augusta ou Gallica, exemple de surnom pia, felix...). Au milieu du IIe siècle il y a environ 150 000 légionnaires répartis dans une trentaine de légions. À côté de la légion existe l'infanterie auxiliaire d'environ 150 000 hommes. Elle est composée d'indigènes des provinces conquises et son organisation est calquée sur celle de la légion, mais le commandement est assuré par des officiers d'origine romaine. La cavalerie légionnaire, disparue au Ie siècle av. J.-C. est reconstituée par l'empereur Octave-Auguste. Chaque légion dispose ainsi de 120 à 300 citoyens-cavaliers. A ses côtés existent des cohortes mixtes où sont mélangés des cavaliers (1/4) et des fantassins (3/4). La légion dispose également d'une cavalerie des ailes formée d'engagés volontaires. En cas de nécessité on recrute une cavalerie indigène. Entre les combats, ils reçoivent une aide millitaire afin de poursuivre correctement les batailles.

Entre les périodes de combat les soldats reçoivent une formation militaire avec entraînement physique, sport, maniement d'armes. Des manoeuvres sont organisées afin d'entrainer les officiers. Les légionnaires peuvent également devenir bâtisseurs. En plus de l'édification du camp fortifié qui les abrite, les soldats participent à la construction des fortifications sur les frontières (le limes), à la création et à l'entretien du réseau routier qui sillonne l'empire. Ils sont même employés à des travaux destinés aux confort des citadins (aqueducs, monuments...)

La hiérarchie[modifier]

Le légionnaire de base peut espérer teminer sa carrière militaire parmi les 59 centurions que compte chaque légion. Auparavant par son mérite, il aura occupé une quinzaine de fonctions de sous-officier. Les centurions sont des officiers subalternes. Au-dessus, se trouvent les 6 tribuns militaires, officiers supérieurs. Ils sont choisis par l'empereur parmi les fils des chevaliers romains. Avant d'être nommés tribuns, ils ont commencé leur carrière militaire comme préfets d'une cohorte de cavalerie auxiliaire. Après leur fonction de tribuns militaires, ils peuvent devenir préfets d'une aile de cavalerie. Le sommet de la hiérarchie de chaque légion est désormais occupé par le légat impérial, général qui représente l'empereur et a le rang de sénateur. Dans les régions frontières des préfets de camp ont la responsabilité de plusieurs légions. Le général en chef de toutes les armées est l'empereur à qui les soldats prêtent le serment de fidélité.

L'armée romaine du Bas-Empire[modifier]

Depuis 212, tous les hommes libres sont désormais citoyens romains. L'armée perd donc un de ses intérêts principaux (celui d'intégrer les indigènes à la civilisation romaine). À partir du IVe siècle, les citoyens désertent la fonction militaire, y compris les postes de commandement. Les plus riches des citoyens doivent fournir un mercenaire qui les remplace. Les effectifs des légions formées de soldats-citoyens fondent. Par contre, les troupes auxiliaires prennent de l'importance, et recrutent même des étrangers à l'empire. Comme dans la société civile le métier militaire devient héréditaire. Dans les régions les plus éloignées de l'empire, donc les plus menacées, le soldat reçoit une terre à cultiver (ce qui décharge d'autant le trésor impérial, qui manque de moyens financiers)

Faute de candidat provenant des classes riches de la société, le légionnaire de base peut espérer dépasser le grade de centurion et devenir officier supérieur (ce qui jusque-là était réservé aux riches). La légion est désormais commandée par un préfet du camp, le plus souvent ancien légionnaire ou soldat auxiliaire. Nombre de Germains deviennent ainsi généraux de l'armée romaine.

A la veille de la grande invasion germanique de 406, il y a 175 légions, dont près de la moitié est stationnée dans les régions frontières. Elles y souvent mélangées à des peuples infiltrés et stabilisés par des concessions de terres.

Sources[modifier]

  • Georges Hacquard, J. Dautry, O. Maisani, Guide romain antique, Hachette, 1952, nombreuses rééditions revues et augmentées.

Pour compléter sur l'armée romaine[modifier]

Pour compléter sur l'histoire de Rome[modifier]

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