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Abeille à miel

« Abeille à miel » expliqué aux enfants par Vikidia, l’encyclopédie junior
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Deux abeilles sauvages sur une fleur de dahlia

L'abeille à miel est une sorte d'abeille qui butine des fleurs et fabrique du miel destiné à nourrir les siens pendant l'hiver. C'est l'abeille la plus connue, aussi la nomme-t-on très souvent juste abeille (le terme « abeille » peut donc prêter à confusion). Par rapport au nombre d'espèces qu'on peut plus largement qualifier d'abeilles (plus de 20 000), elles représentent une minorité car la plupart ne stockent pas le nectar qu'elles récoltent sous forme de miel.

Comme les fourmis ou les termites, les abeilles à miel font partie des insectes sociaux (ce qui n'est pas le cas de toutes les abeilles)1, ne pouvant survivre qu'au sein d'une communauté de plusieurs milliers d'individus : la colonie ; et leur mode de vie est très évolué.

Sauvages ou domestiquées, elles sont essentiellement composées d'espèces du genre Apis. En apiculture, l'abeille la plus utilisée dans le monde en raison de son haut rendement en miel et de son tempérament assez calme est l'abeille domestique occidentale (originaire d'Asie de l'Ouest, d'Europe et d'Afrique), dite aussi, par exemple, « abeille européenne » (nom scientifique : Apis mellifera).

Quelques caractéristiques anatomiques[modifier]

Le dard d'une femelle

L'abeille possède deux paires d’ailes et ses yeux comportent chacun 4 000 facettes : ce sont des yeux composés, soit des yeux constitués d'un ensemble de récepteurs sensibles à la lumière et savamment appelés « ommatidies ».23

Les femelles possèdent un dard pour se défendre. Comme il forme un harpon, il reste dans la victime. Elles ne peuvent donc s'en servir qu'une fois, à la différence des guêpes qui peuvent piquer plusieurs fois de suite.

N’ayant pas de trompe comme le papillon, elle lèche le nectar sucré du cœur des fleurs avec la langue, en remplit son jabot et retourne dans sa communauté recracher sa provision de nectar qui deviendra du miel.

Un insecte social très évolué[modifier]

Le nid d'une colonie d'abeilles sauvages géantes

Comme par exemple les fourmis ou les termites, les abeilles à miel :

À l'état sauvage, elles construisent leur nid dans la nature, dans des cavités naturelles, par exemple dans le creux d'un arbre. Mais depuis l'Antiquité, l'homme en a domestiquées en leur construisant des ruches pour favoriser leur installation et recueillir plus facilement la cire et le miel qu'elles fabriquent à partir du nectar butiné sur le cœur des fleurs. On appelle apiculture l'élevage des abeilles.

La vie de la colonie[modifier]

Gros plan sur une reine

Le personnage principal de la colonie est la reine, seule femelle reproductrice (et donc la mère de tous). Sa seule activité est de pondre des œufs qui deviendront presque tous des ouvrières (femelles stériles), plus des mâles reproducteurs, appelés faux-bourdons. Comme la reine est nourrie et soignée par ses ouvrières, elle communique avec elles par des messages chimiques : les antennes captent et décodent ces messages.

L'hiver, comme il n'y a rien à butiner au dehors, toute la famille hiberne et vit sur ses réserves de miel. L'activité ne reprendra qu'avec les premières floraisons dans la nature et lorsque la température permettra aux abeilles de voler.

Les métiers successifs de l'abeille ouvrière[modifier]

Une abeille domestique butinant des fleurs de romarin

Les abeilles ouvrières ont plusieurs rôles au sein de leur colonie. En fonction de leur âge, mais aussi de la saison et des besoins (la saison où la récolte de nectar est abondante est souvent courte), elles effectuent plusieurs travaux : la jeune abeille nettoie chaque alvéole pour permettre à la reine d'y pondre un œuf, puis elle devient nourrice des larves qui viennent de naître. Ensuite, quand les glandes de son abdomen commencent à produire de la cire, elle s'en sert pour construire des alvéoles en forme d'hexagones soudés entre eux. Quand il le faut, elle devient ventileuse en battant des ailes pour faire baisser la température intérieure de la ruche (ou de la cavité naturelle), puis sera l'une des gardiennes de l'entrée pour empêcher d'entrer tout ce qui n'est pas de la famille (ceux qui veulent forcer le passage recevront un coup d'aiguillon venimeux, même si cela peut coûter la vie de l'abeille). Enfin, elle devient butineuse et va puiser, dans le cœur des fleurs, le nectar, jus sucré qui sera transformé en miel. Elle collecte aussi d'autres substances comme du pollen qui, riche en protéines, servira à nourrir les larves, et pourra être aussi emmagasiné aussi dans des alvéoles ; et la propolis, une résine ramassée sur les bourgeons.

Lors de son passage d'une fleur à l'autre, elle transporte involontairement d'une fleur à l'autre du pollen des étamines. Ce qui joue un rôle utile dans la pollinisation des plantes, c'est-à-dire la fécondation des pistils et la formation de graines.

Quand une abeille a découvert un espace fleuri, parfois éloigné de la ruche, elle le signale à ses sœurs en frétillant des ailes et en exécutant une danse en forme de 8, dont un axe désigne la direction à prendre par rapport au Soleil et la distance de cette zone. L'odeur de fleur portée par son corps complète le message et incite les autres à rejoindre massivement l'espace fleuri. Les abeilles récoltent du nectar dans un rayon d'environ trois kilomètres. Bien sûr, les fleurs les plus proches sont les plus intéressantes pour les abeilles.


Le butinage[modifier]

Une abeille en train de butiner. On observe la pelote de pollen (la boule jaune) sur sa patte arrière

L'abeille butine au moment de la floraison des différentes plantes. Comme elle est recouverte de poils en s'agitant elle fait tomber avec ses pièces buccales les grains de pollens sur son corps. Pour éviter que cette poussière ne grains de pollen en s'envole, l'abeille l'humecte avec du nectar . Ensuite l'abeille brosse cette poussière avec ses pattes pour en faire des pelotes qu'elle place dans des corbeilles situées sur la face externe de sa dernière paire de pattes à l'arrière.

Pendant chacun de ses envols l'abeille ne visite qu'une seule sorte de fleurs, ce qui explique la couleur différentes des pelotes (grise, marron, noire, verte...)

À la fin du printemps, pour faire tomber le pollen et le récupérer, l'apiculteur place à l'entrée de la ruche des trappes à pollen. L'abeille qui rentre dans la ruche doit traverser une grille. Les pelotes de pollen tombent alors dans un tiroir rendu inaccessible. Ce tiroir est vidé tous les deux jours puis remis en place.

Les mâles ou faux-bourdons[modifier]

Un faux-bourdon en vol

Les mâles d'abeilles sont appelés faux-bourdons. Ils sont légèrement plus gros que les abeilles femelles, mais de même couleur. Leur conformation les empêche de butiner, mais il est probable qu'ils aident à transformer le miel en nectar.

Au printemps, et plus rarement au cours de l'été, les jeunes reines venant de naître feront quelques sorties pour être fécondées (des vols nuptiaux). Plusieurs mâles pourront alors féconder une reine, chacun d'entre eux ne s'accouplant qu'une fois avant de mourir. La reine aura alors accumulé des spermatozoïdes qui lui permettront de pondre le reste de sa vie.

Les faux-bourdons se déplacent sur des distances beaucoup plus grandes que les ouvrières, ce qui leur permet de féconder les reines de nids (ruches ou autres) relativement éloignés.

En fin de saison de miellée (récolte du nectar des fleurs) et de reproduction, les mâles sont chassés des nids et meurent de faim.

L'essaimage[modifier]

Déplacement d'abeilles au cours d'un essaimage

Au printemps, quand la colonie devient assez ou même trop nombreuse et à l'étroit dans le nid, la reine peut partir avec la moitié de sa famille pour s'installer ailleurs. Les abeilles qui partent se déplacent alors en essaim et forment une sorte de nuage d'abeilles. L'essaim fait une halte sur un arbre, en attendant que des ouvrières trouvent un endroit pour se nicher. À cette étape, il est assez facile à un apiculteur de récupérer l'essaim en le faisant tomber dans une ruche vide ou dans un sac avant de déposer les abeilles dans une ruche.

Avant le départ de l'essaim, les abeilles ont nourri de gelée royale les larves qui deviendront des femelles non stériles. Une seule sera fécondée en vol par les mâles et reviendra pondre dans l'ancien nid.

Le savais-tu.png
Le savais-tu ?
L'utilisation par les hommes de la structure hexagonale des alvéoles
Des alvéoles

On a découvert que la forme des alvéoles construites par les abeilles et les guêpes donnait le maximum de solidité avec le minimum de cire. Les hommes ont adopté cette structure en « nid d'abeille », avec d’autres matériaux, pour réaliser des pièces solides et légères, par exemple pour l'aviation et l'astronautique.

La disparition des abeilles[modifier]

Dans quelles proportions les abeilles disparaissent-elles ?[modifier]

En Europe, de nombreux pays ont annoncé des pertes importantes (France, Belgique, Italie, Allemagne, Suisse (de 2003 à 2007), Espagne, Grèce, Pologne, Pays-Bas), dès l’an 2000. Dans les ruchers les plus touchés, jusqu’à 90 % des abeilles sont supposées mortes, car non rentrées à la ruche. Dans plusieurs pays européens, les apiculteurs constatent une surmortalité annuelle de 30% des abeilles. Mais si l'on continue encore trois ou quatre hivers avec des mortalités d'abeilles de plus de 30%, on va commencer à voir des apiculteurs mettre un terme à leur métier. Aujourd'hui, il faut la moitié des 2,4 millions de colonies d'abeilles américaines pour polliniser des plantations, si tout continue au même rythme, il n'y aura plus suffisamment d'abeilles aux États-Unis pour polliniser les cultures.

Pourquoi les abeilles disparaissent-elles ?[modifier]

Un frelon asiatique, prédateur des abeilles

La disparition des abeilles est due à la dégradation générale de l’environnement. Les OGM et les pesticides figurent sur la liste des suspects. D'autres prédateurs ou parasites (champignons, bactéries, virus) s'en prennent aussi aux ruches. Les produits toxiques détruisent le système nerveux des insectes.

Depuis quelques années, le frelon asiatique, introduit accidentellement dans le sud-ouest de la France et qui est un prédateur des abeilles, participe à la disparition des ruches.

L’homme est-il menacé ?[modifier]

Certains disent que la disparition des abeilles pourrait changer la face du monde et que si les abeilles venaient à disparaître, l’homme aurait de grandes difficultés à se nourrir. En effet, s’il n’y a pas d’abeilles, il n’y a pas de pollinisation et cela entraîne la disparition de certaines espèces végétales et par conséquent animales.

Chacun d’entre nous serait pénalisé parce qu'il devrait consommer moins et à des prix plus élevés. Les intérêts économiques sont très importants. Des chercheurs ont évalué à 153 milliards d’euros le travail des insectes pollinisateurs aux cultures destinées à l’alimentation dans le monde. Ce qui représente 9,5 % de la valeur de la production alimentaire mondiale.

Symbolique de l'Abeille[modifier]

L'abeille était le symbole de Napoléon Ier en remplacement de la fleur de lys des rois de France.

Voir aussi[modifier]

Vikiliens pour compléter sur les abeilles[modifier]

Sources[modifier]

Le Monde Août 2007 Gaêlle Dupont et Le Monde 2008 Christiane Galus [La disparition des abeilles]

Références[modifier]

  1. 80 % d'entre elles ne sont pas des insectes sociaux. Voir « Apoidea - Comportement ». Wikipédia. [Page consultée le 13 juin 2008.
  2. « Œil composé ». Wikipédia. [Page consultée le 27 septembre 2008
  3. « Yeux - Les divers yeux dans le monde animal ». Wikipédia. [Section de page consultée le 27 septembre 2008
  4. « Eusocialité ». Wikipédia. [Page consultée le 27 septembre 2008