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Émigrés (Révolution française)

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Pendant la Révolution française, les émigrés sont des Français partisans de la monarchie absolue et de l'Ancien Régime, qui, à partir de 1789 et surtout 1791, quittent la France pour des raisons politiques et se réfugient à l'étranger. Jusqu'en 1814, un certain nombre d'entre eux combattront leur pays afin d'y rétablir la monarchie des Bourbons et l'Ancien régime.

Qui sont les émigrés ?[modifier]

Caricature de 1791 sur l'armée de Condé ou de Coblence

À partir de la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, une petite partie de la Cour quitte Versailles pour se réfugier à l'étranger ; il y a en particulier le comte d'Artois (un des deux frères du roi), puis en 1791, le comte de Provence, autre frère du roi. La très haute noblesse comme les Condés (cousins du roi) et les Polignac (amis de la famille royale), certains hauts chefs militaires comme le maréchal de Castries ou le maréchal de Broglie quittent la France. L'émigration continuera jusqu'en 1793. Avec l'adoption de la Constitution civile du clergé en août 1790, et sa condamnation par le pape Pie VI en avril 1791, de nombreux prêtres catholiques qui refusent de prêter le serment civique émigrent.

La loi du 28 mars 1793, définit comme émigré tout Français qui est sorti de France depuis le 1er juillet 1789 et qui ne peut justifier de son retour en France avant le 9 mai 1792. Sont aussi concernés les Français originaires des régions non occupées par l'ennemi et qui ont gagné les territoires envahis par les Austro-Prussiens à partir du début de la guerre à la fin d'avril 1792 afin d'y trouver la protection des ennemis de la Révolution. Prouver sa non-émigration était difficile. Il fallait produire des certificats signés par huit citoyens domiciliés dans le canton de sa résidence (avec obligatoirement le certificat du propriétaire du logement ou du principal locataire de l'immeuble où on résidait si on était locataire).

Que font les émigrés ?[modifier]

Les débris de l'armée royaliste protègent le rembarquement des émigrés après l'échec de Quiberon en juillet 1795

Les émigrés se réfugient dans les principautés allemandes de Rhénanie, en Grande-Bretagne, en Sardaigne (sous protection britannique), dans les Provinces-Unies et en Russie. Mis à part les membres de la haute noblesse qui peuvent compter sur l'accueil et l'aide matérielle des souverains, la plus grande partie des familles d'émigrés vivent difficilement. Ils doivent travailler, comme précepteurPrécision, maitre de danse, maitre d'escrime ...

Le quartier général des émigrés est établi à Coblence sur le territoire du prince-évêque de trêves. Les émigrés tentent de convaincre les souverains européens d'intervenir militairement en France pour rétablir le roi Louis XVI dans tous ses pouvoirs. Certains émigrés forment une armée (l'armée de Coblence) dirigée par le prince de Condé qui combat l'armée française à partir de la déclaration de guerre à l'Autriche en avril 1792.

En juillet 1795, les émigrés tentent un débarquement dans la presqu'île de Quiberon en Bretagne. C'est une échec sanglant.

En 1801, après le traité de Lunéville l'armée de Coblence se dissout.

La lutte des républicains contre les émigrés[modifier]

Les révolutionnaires français votent des lois contre les émigrés. Le 2 septembre 1792, leurs biens sont confisqués et mis en vente comme biens nationaux. En octobre 1792, on décide que tout émigré pris les armes à la main sera exécuté ; également en octobre 1792, les émigrés sont bannis à perpétuité du territoire de la République. Ceux qui rentreraient en France après la date fixée seront condamnés à mort après jugement du tribunal criminel départemental (sauf les femmes de 14 à 21 ans qui étaient déportées). Ils étaient exécutés dans les 24 heures.

Les communes devaient établir la liste des émigrés et la communiquer aux autorités départementales. Une liste nationale comprenant le nom de près de 30 000 personnes ayant émigré est publiée. Il est interdit d'envoyer des secours monétaires aux émigrés et de correspondre avec eux sous peine de mort.

La fin de l'émigration[modifier]

Certains émigrés, non compromis dans la lutte armée contre leur pays, sont amnistiés et autorisés par Napoléon Bonaparte à regagner la France en floréal an X (1802). Quelques-uns servent Napoléon Ier comme administrateurs ou officiers. Les émigrés les plus réfractaires à la France nouvelle née de la Révolution ne rentrent qu'en 1814 après la chute de Napoléon. Ils tentent alors de prendre leur revanche sur la bourgeoisie bénéficiaire de la Révolution.

Une loi de décembre 1814, rend leurs biens aux émigrés ; mais on ne touche pas aux biens nationaux qui ont été vendus depuis 1790 (pour les biens ecclésiastiques) et 1792. Une loi de 1825 appelée loi du milliard des émigrés leur accorde une somme de un milliard de francs pour les indemniser. Cette somme est convertie en rente sur le Trésor public avec un intérêt annuel de 3% environ (soit un versement de 30 millions de francs que l'État versait annuellement aux émigrés).

Source[modifier]

  • Jacques Godechot, Les institutions de la France sous la Révolution et l'Empire.PUF. 1968
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