Éléphant

« Éléphant » expliqué aux enfants par Vikidia, l’encyclopédie junior
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Une femelle éléphant d'Afrique avec son bébé au Kenya

Les éléphants sont les plus grands animaux terrestres vivant actuellement.

Ce sont des mammifères herbivores à la peau très épaisse. C'est pour cela qu'ils sont aussi appelés pachydermes, pachy- signifiant épais en grec et -derme la peau. Chaque jour, ils ont besoin de 50 à 100 kg de végétaux (herbe, feuilles, fruits, rameaux) et de 50 à 100 l d'eau.

La femelle ne donne naissance qu'à un seul petit à la fois, après l'avoir gardé dans son ventre pendant 22 mois. L'éléphant sait nager, mais la mère porte le petit sur son dos. Il entend très bien grâce à ses grandes oreilles, a un bon odorat avec sa trompe, mais la vue est assez faible avec ses petits yeux. Son cri s'appelle le barrissement.

Les éléphants vivent de 50 à 70 ans environ. En captivité, ils peuvent vivre plus longtemps.

Éléphants d'Afrique et éléphants d'Asie

Éléphant d'Afrique
Un éléphant d'Asie

Il existe trois espèces : l'éléphant d'Asie, l'éléphant de savane d'Afrique et l'éléphant de forêt d'Afrique, ces deux dernières espèces étant assez proches : elle font partie du même genre.

L'éléphant d'Afrique, peut mesurer jusqu'à 3,70 m au garrot, peser jusqu'à 6 tonnes. Il possède de très grandes oreilles et sa trompe se termine par deux doigts. Deux variétés d'éléphants habitent l'Afrique, ceux des forêts et ceux de la savane, les plus grands. Ils se déplacent pour trouver suffisamment de nourriture. Les femelles marchent d'abord, avec les petits, et les mâles restent en arrière et n'interviennent qu'en cas de danger.

L'éléphant d'Asie est plus petit, environ 3 m au garrot, possède des oreilles nettement plus petites et sa trompe se termine par un seul doigt. La principale différence est que l'éléphant asiatique, capturé jeune, se laisse apprivoiser s'il est bien soigné. Il est dirigé par son cornac, un homme qui est à la fois son soigneur et son dresseur. L'éléphant vivant très longtemps, c'est presque une union pour la vie entre cet homme et l'animal.

La trompe

Un éléphant du cratère du Ngorongoro, en Tanzanie

La trompe de l'éléphant est l'allongement de son nez et de sa lèvre supérieure. C'est un organe puissant constitué d'environ 15 000 muscles qui lui permet de réaliser des gestes indispensables à sa vie quotidienne. Elle lui sert à sentir, à toucher, à saisir des aliments, des objets ou encore à caresser les membres de sa famille. Elle lui permet d'aspirer jusqu'à 10 l d'eau pour les verser ensuite dans sa bouche, s’asperger lors de sa toilette ou de celle des petits. En s'enroulant autour d'une branche, la trompe peut la casser ou l'écarter. La trompe des éléphanteaux leur permet de s'accrocher à leur mère lors des longs trajets. C'est un véritable outil à tout faire.

L'ancêtre des éléphants

Il y a 60 millions d'années, l'ancêtre des éléphants et des mammouths s'appelait le phosphaterium, dont un squelette fossile a été découvert en 1996. Le phosphaterium, ressemblant un peu à un tapir actuel, avait la taille d'un chien, pesait environ 15 kg et n'avait pas de trompe1.

Les défenses et le braconnage

L'éléphant possède deux longues défenses qui sont le développement de deux de ses incisives, alors que ses autres dents sont des molaires. Elles sont moins une arme d'attaque que de dissuasion contre des menaces. Il suffit que l'adversaire s'éloigne pour stopper toute violence. Les défenses servent surtout d'outil pour déterrer ou soulever ce qui sera saisi avec la trompe. On a remarqué que les éléphants utilisent toujours la même défense qui s'use plus que l'autre. Comme les humains, certains sont droitiers, d'autres gauchers.

Comme nos dents, les défenses sont en ivoire, une matière très fine, recherchée depuis des siècles, car elle permet de magnifiques sculptures. Cet ivoire lui a valu d'être abondamment chassé par des hommes qui en faisaient commerce.

Cette chasse a eu pour conséquence, en Afrique, la quasi disparition de l'espèce. Les éléphants sont maintenant une espèce protégée, c'est-à-dire qu'il est illégal de les tuer, mais le braconnage (chasse clandestine interdite) continue, pour l'ivoire mais aussi pour le plaisir de certains chasseurs, prêts à payer des fortunes pour pouvoir tuer un éléphant au cours d'un safari.

Dans certains pays (Afrique du Sud, Zimbabwe, Namibie) le commerce de l'ivoire est légal mais il est généralement interdit en Afrique Australe. En 2002, les braconniers en vendaient à des acheteurs principalement français, allemands et italiens. Bien qu’on en parle moins, ce braconnage est toujours d'actualité.

L'éléphant et l'homme

L'éléphant d'Asie est utilisé comme animal domestique et il est dirigé par un cornac. L'éléphant vivant très longtemps, c'est presque un mariage pour la vie entre cet homme et l'animal. Le cornac devra s'occuper toute sa vie de l'éléphant qui, en échange, apportera sa force pour transporter de lourdes charges.

L'éléphant au travail

Les éléphants sont dotés d'une force impressionnante, souvent exploitée en Asie pour le transport de lourdes marchandises sur leur dos. Capables de travailler cinq à six heures sans interruption, les éléphants sont également exploités pour l'agriculture et le transfert de troncs d'arbres qu'ils saisissent avec leur trompe.

L'éléphant de parade

En Inde, les princes maharajas et leur suite aimaient défiler sur leur trône à dos d'éléphants magnifiquement décorés. Plus modestement, des touristes sont heureux d'être promenés à plusieurs à dos d'éléphant.

Dans les spectacles de cirque, les dresseurs montrent ce que savent faire leurs éléphants, y compris des exercices d'équilibre. Comme il est facile à diriger, on a utilisé aussi l'éléphant d'Asie dans des films, en lui ajoutant de grandes oreilles si l'on devait le faire croire africain.

L'éléphant, engin de guerre

Dans l'Antiquité, et jusqu'au Moyen Âge, les éléphants ont servi d'engins de guerre, capables d'écraser les ennemis qui ne pouvaient pas en percer la peau avec leurs lances ou leurs flèches.

Pour conquérir Rome, le célèbre Hannibal Barca, de l'antique Carthage, a franchi les Alpes après être passé par l'Espagne et le sud de la France, avec une armée contenant plusieurs éléphants.

Un récit de la Bible raconte que le roi Antiochus V avait attaqué avec une armée de 32 éléphants portant chacun sur le dos des soldats protégés dans un abri de bois. Elazar, jugeant que le plus gros éléphant devait transporter le roi ennemi, se glissa sous le ventre, à la peau moins épaisse ; et lui déchira avec son épée. Sous le poids de l'animal blessé, l'homme périt écrasé.

Par la suite, les armes à feu pouvaient tuer les éléphants qui ne servirent plus pour la guerre. Seul prolongement de cette utilisation guerrière : des chasseurs de fauves montaient à dos d'éléphant pour ne pas craindre d'être attaqués.

Des éléphants symboliques

Une tradition de l'hindouisme (l'une des religions de l'Inde) affirme que son plus célèbre texte, le Mahâbhârata, a été écrit par Ganêça ou Ganesh, dieu à tête d'éléphant qui écrivait avec l'une de ses défenses. Dans l'Asie du Sud-Est, il existe de nombreuses statues d'éléphants, notamment celle d'un éléphant à trois têtes qui gardait l'entrée de la pagode d'Angkor, au Cambodge.

L'éléphant est le symbole du Parti républicain aux États-Unis d'Amérique. On peut se demander pourquoi avoir pris pour symbole un animal qu'on ne trouve pas en Amérique en dehors d'un parc zoologique. Cela vient d'un dessinateur satirique qui, en 1870, avait caricaturé le candidat républicain (conservateur) en éléphant, puis le candidat démocrate (plus réformateur) en âne voulant courir plus vite qu'un cheval. Ces dessins ont eu un tel succès auprès du public qu'ils sont restés le symbole des deux grands partis politiques.

Dans les Misérables, Victor Hugo raconte que le jeune Gavroche avait recueilli deux enfants perdus pour les loger dans un petit réduit d'un énorme modèle en taille réelle d'éléphant en plâtre, sur la place de la Bastille, à Paris. Il s'agissait d'un projet de Napoléon, comme symbole de sa puissance. Il devait être fabriqué avec le métal des canons pris aux Espagnols. Le projet fut abandonné, mais le modèle, squatté par des vagabonds, ne fut supprimé qu'en 1846.

Pour les plus jeunes, on ne peut oublier les aventures de l'éléphant Babar ou le dessin animé de Dumbo, le petit éléphant volant grâce à ses grandes oreilles.

L'éléphant dans le langage

En plus de l'éléphante femelle et du jeune éléphanteau, l'adjectif « éléphantesque » désigne en plaisantant quelque chose d'inutilement énorme.

Dans la Chanson de Roland, grand récit du Moyen Âge, à la bataille de Roncevaux, Roland souffle dans son olifant (cor de guerre) pour appeler à l'aide l'armée de son oncle Charlemagne. Ce mot « olifant » est la déformation ancienne d'éléphant, car ce cor était fabriqué dans une défense d'ivoire.

L'expression « avoir une mémoire d'éléphant » s'inspire du fait que l'éléphant se souvient bien des ordres de son cornac et des dangers à éviter.

« Comme un éléphant dans un magasin de porcelaines » est l'image de quelqu'un de maladroit et ignare qui risque de tout bouleverser dans l'endroit où on l'introduit.


L'éléphant dans la littérature de jeunesse

L'éléphant est très présent dans les oeuvres de littérature de jeunesse.

  • L'enfant éléphant de Rudyard Kipling : un album qui raconte l'histoire d'un étrange éléphant sans trompe très curieux
  • Elmer de David Mckee : l'histoire d'un éléphant de toutes les couleurs vivant dans un monde gris. Cette fable fait réfléchir aux différences.
  • Babar, créé par Jean de Brunhoff. Babar est un éléphanteau dont la mère a été tuée par un chasseur. Il est recueilli en ville par la Vieille Dame, qui s'occupe de son éducation. Adulte, Babar retourne au royaume des éléphants, et devient le nouveau roi.

Références

  1. Évolution de l'éléphant en images, Dinosoria

Sources

  • Reinhard Kûnkel, Les éléphants toujours sans défenses, Courrier international, 20 au 26 septembre 2001, n° 568, p.60.
  • James Astill, La chasse des éléphants reprend de plus belle, Courrier international, 16 au 22 mai 2002, n° 602, p.41.
  • Sans défense, Géo, avril 1999, n°242 p.144-153.

Voir aussi