Transformations de Paris sous le Second Empire
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Les transformations de Paris sous le Second Empire constituent une modernisation d'ensemble de la capitale française menée à bien de 1852 à 1870 par Napoléon III et le préfet Haussmann.
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[modifier] Les objectifs
Louis-Napoléon Bonaparte, lorsqu’il devient président de la République en 1848, découvre Paris pour la première fois depuis son enfance. Lui qui a connu Londres, ses jardins et ses quartiers aérés mais aussi les États-Unis où il a vu naître des villes aux tracés réguliers, trouve une ville archaïque, sombre et insalubre. Son oncle, l’empereur Napoléon Ier, avait voulu faire de Paris la plus belle ville du monde, mais n’avait pu réaliser qu’une partie de ses projets. Le prince président et futur empereur Napoléon III, pendant près de vingt ans va donc entreprendre la transformation de Paris. Il exprime d’ailleurs cette volonté par un décret, en 1849, année d’une épidémie de choléra qui frappe la capitale.
Napoléon III souhaite réaliser de grandes percées pour :
- Assainir la ville
- Améliorer l’éclairage naturel
- Faciliter la circulation et les échanges industriels et commerciaux
- Élever des monuments prestigieux
- Rénover l’habitat
- Donner du travail de manière à résorber le chômage (menace d’instabilité politique)
- Construire des casernes de manière à réprimer les éventuelles émeutes, empêcher à tout jamais que ne puissent se reconstituer des barricades.
La transformation de Paris, un chantier immense, coûta très cher, près de deux milliards de l’époque. Haussmann fut beaucoup critiqué, Napoléon III le lâchera même à la veille de l’écroulement du Second Empire. Pourtant le baron Haussmann lui restera fidèle, il assistera même à ses obsèques en Angleterre en 1873. Georges-Eugène Haussmann s’éteindra à son tour en 1891.
Paris est devenue une ville assainie et aérée, et l’on peut bien se demander ce que serait aujourd’hui Paris sans Napoléon III et le baron Haussmann !
[modifier] Les moyens
Pour entreprendre cette immense tâche, Napoléon III a besoin de :
- Moyens financiers
- Temps
- Du pouvoir d’expropriation
- D’un fidèle maître d’œuvre.
[modifier] Les moyens financiers
Le pays est en bonne santé économique et par simple décret Napoléon III s’est donné la possibilité d’ouvrir des crédits extraordinaires, basés sur les bénéfices qui résulteraient de ces opérations.
[modifier] Le temps
La France connaît une longue période de paix de plus de vingt ans.
[modifier] Le pouvoir d’expropriation
Napoléon III, par un décret de 1852 complète la loi d’expropriation créée sous Louis-Philippe, loi qui lui permet de maîtriser les terrains de part et d’autre des percées.
[modifier] Un fidèle maître d’œuvre
Il s’agit de Georges Eugène Haussmann, protestant d’origine alsacienne, qui à 44 ans est un fonctionnaire fidèle et zélé. Napoléon III le nomme préfet de la Seine par décret du 22 juin 1853.
Tous les moyens sont maintenant réunis pour permettre à Napoléon III de mener à bien son grand dessein pour Paris.
[modifier] La transformation de Paris
La machine se met en place. En 1860, environ 8000 entreprises emploient 31000 maçons, 5000 charpentiers, 3500 couvreurs, 8000 menuisiers, 600 peintres et 6000 serruriers, soit près de 55000 hommes qui travaillent à ce gigantesque chantier.
Avec cette armée Haussmann s’attaque à Paris :
- Taudis et vieux quartiers sont rasés
- 560 kilomètres d’égouts sont créés
- Un nouveau système d’approvisionnement d’eau à domicile est réalisé
- Haussmann fait sauter la ceinture de Paris, les murs des fermiers généraux, qui font place aux boulevards extérieurs (nom de l’époque)
- Les villages de Passy, Auteuil, Monceau, Montmartre, Charonne, Bercy, etc… sont absorbés
- De grandes percées sont effectuées.
Vue de l'avenue des Champs-Élysées en 1880. |
De nombreux monuments voient le jour à cette époque :
L’Opéra Garnier en est l’exemple le plus connu, mais également la palais de justice de Paris, des gares (Orsay par exemple), des églises, comme celle de la Trinité, des casernes, comme celle construite sur l’Île de la Cité et aujourd’hui préfecture de police, le tribunal de commerce et bien d’autres encore.
Les matériaux utilisés sont la pierre de taille, éventuellement armée de fer et revêtue d’un décor peint, parfois doré. Divers styles sont utilisés, se mélangent, du roman et gothique pour les églises, Renaissance et XVIIe pour les grands édifices civils.
Mais la transformation de Paris n’est pas qu’architecturale, l’Empereur s’intéressait beaucoup aux espaces verts. Datent de cette époque :
- Le bois de Boulogne, qui était alors une forêt dangereuse et mal entretenue, avec ses lacs, des restaurants d’été, le moulin de Longchamp devenu décoratif.
- Le bois de Vincennes
- Le parc Montsouris
- Les Buttes-Chaumont
- Le parc Monceau
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