Religion romaine
« Religion romaine » expliqué par Vikidia, l'encyclopédie pour les enfants.
La religion romaine était la religion de la Rome antique.
C'était une religion polythéiste, c'est-à-dire qu'elle avait plusieurs dieux. Ces dieux étaient nombreux, car les rites les honorant correspondaient à chaque circonstance de la vie.
Les Romains, en plus de leurs divinités propres, admettaient souvent l'existence de celles des autres peuples et trouvaient des équivalences avec les leurs. Ils adoptèrent ainsi au fil de leur histoire de nombreux mythes issus des religions des peuples qu'ils ont conquis.
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[modifier] Histoire
L'histoire de la religion romaine commence avec le mythe de la fondation de Rome au VIIIe siècle avant JC. Selon la légende, elle aurait été fondée par deux frères, Rémus et Romulus, à l'endroit où ils avaient passé leur enfance.
La ville est ensuite peuplée par des bergers des environs, des guerriers et des bannis des autres cités. Comme il y a parmi eux très peu de femmes, ils enlèvent alors des jeunes filles d'une cité voisine, les Sabines.
Évidemment, cela provoque une guerre entre les Sabins et les Romains, mais un jour, les femmes s'interposent, certaines d'entre-elles décidant de rester à Rome. Suite à la réconciliation des deux peuples, certains Sabins s'installent à Rome et c'est l'un d'entre-eux, Numa, qui sera le second roi et qui organisera le culte religieux.
Il s'agit d'un mythe, qui ne correspond pas totatement à la réalité historique de la fondation de Rome, mais il est important : il insiste sur le fait que dès le début, Rome est issu du mélange de plusieurs peuples, avec des cultures différentes et leurs dieux propres. Les premiers dieux de Rome semblent avoir été Quirinus, puis Mars et Jupiter. Mais au début de la République romaine, c'est la triade Jupiter, Junon, Minerve qui prend de l'importance. Junon est un exemple de l'« adoption » des dieux dans la religion romaine. Elle était la déesse tutélaire de la cité voisine de Veies. Lors de la conquête de cette ville, les Romains utilisent des rites pour inviter Junon à quitter son domicile et à venir à Rome où un temple lui est alors construit.
Les mythes se rapportant aux dieux romains sont à l'époque de la République largement inspirés de la mythologie grecque : Jupiter est considéré comme similaire à Zeus, Minerve à Athéna, etc.
À l'époque de l'Empire romain, à partir du Ier siècle avant JC, des correspondances sont également établies avec les divinités des peuples conquis : le dieu gaulois Teutatès est par exemple assimilé à Mars. D'autres, comme la déesse égyptienne Isis, sont adoptés avec leurs particularités parmi les dieux romains. Réciproquement, quand une ville est conquise, un temple dédié à la triade capitoline (Jupiter, Junon, Minerve) y est construit.
Au Ier siècle après JC, le christianisme commence à se répandre dans l'Empire romain. L'idée d'un Dieu unique, qui serait le seul pouvant être honoré, entre en conflit avec tous les principes de la religion romaine. Cette nouvelle religion est donc interdite, mais continue cependant à s'étendre.
En 312, un empereur romain, Constantin, se convertit au christianisme. La religion romaine perd alors son statut et son rôle de religion officielle. L'empereur Théodose fait en 379 du christianisme la religion de l'empire.
Les cultes de la religion romaine antique sont interdits à Rome en 391, et dans l'ensemble de l'empire l'année suivante. Certaines de ses pratiques survivront cependant longtemps dans les traditions populaires.
[modifier] La notion de « Paix des dieux »
La puissance des dieux inquiète, il faut donc vivre en bonne entente avec eux, en reconnaissant leur supériorité, et donc en leur rendant un culte par les rites. La religion est simplement de la « diplomatie » avec les dieux : on recherche la paix des dieux.
Lors de la fondation de la cité par Romulus, les dieux sont censés avoir donné leur accord en envoyant un signe favorable à Romulus. Cet accord signifie que les dieux sont favorables à Rome, donc que les Romains sont en paix avec les dieux, qui leur assurent leur soutien. Cette faveur des dieux est bien sûr essentielle, et il importe donc de la maintenir. Tant que les dieux sont favorables à Rome, ils aident constamment les Romains. Ainsi, tout événement défavorable subi par Rome, que ce soit une catastrophe naturelle ou une défaite, est interprétée comme la suite d'une offense faite aux dieux, qu'il convient donc de réparer.
Les Romains ne pensent pas que leurs dieux sont forcément les plus forts, mais plutôt qu'ils doivent avoir les meilleurs rites pour s'attirer leur appui.
[modifier] Attitude face à la mort
Les Romains honoraient par un culte dans leur maison les dieux lares, esprits du foyer et mânes des ancêtres. Ce sont des divinités particulières à chaque famille. Pour obtenir leur protection, on leur consacrait un autel dans la maison, le Lararium, où on leur offrait des aliments.
[modifier] La religion dans la vie quotidienne
Pour les Romains, c'est beaucoup plus les rites que la foi qui compte. Dans la vie quotidienne, la religion n'est pas distincte de la vie civile : elle est la pietas (piété) qui consiste en un respect de l'ordre établi, et donc de rites pour le perpétuer.
La pietas inclut le respect dû aux parents, le respect de la patrie, le culte domestique des dieux comme le culte civique.
La multiplicité des dieux n'était pas un système complexe pour les Romains. Le divin était présent partout, mais ils rendaient un culte aux dieux qui les concernaient, en fonction du groupe auquel ils appartenaient : le culte privé des dieux du foyer, le culte public de leur cité et de ceux protecteurs de leur profession.
[modifier] Les fêtes
Le calendrier romain est divisé en jours fastes et jours néfastes : Pendant les jours fastes chacun peut vaquer aux activités humaines et travailler. Les jours néfastes sont consacrés aux dieux, il s'agit de 109 jours dans l'année, dont 61 jours de fêtes publiques, des jeux par exemple.
Les Romains célébraient une fête presque un jour sur deux : elles donnaient lieu soit à des cérémonies avec sacrifices, soit à des rites parfois étranges, soit à des jeux.
Les fêtes, manifestations vivantes de la religion, étaient inscrites dans le calendrier. A chaque étape de la vie de la cité correspondait une fête.
Parmi ces fêtes figuraient les Saturnales : aux alentours du solstice d'hiver, du 17 au 24 décembre, les hommes et les femmes portaient des guirlandes autour du cou et s'offraient toutes sortes de cadeaux. Elles étaient célébrées en l'honneur du dieu Saturne, et accompagnées de grandes réjouissances pendant lesquelles les esclaves jouissaient d'une apparente liberté et où tout était permis. Les esclaves devenaient les maîtres et inversement.
Ces fêtes devirent au IIIe siècle la fête du « soleil invaincu » célébrant Mithra, une des divinités solaires représentée par un enfant nouveau-né.
[modifier] La religion romaine et les autres religions
La religion romaine était un polythéisme généralement tolérant. Cependant, elle avait un rôle important de religion d'état, et c'est le gouvernement romain qui déterminait au cas par cas si un autre culte était licite, ou pas.
Le judaïsme, bien que très particulier et difficile à comprendre des Romains en raison de son monothéisme, obtint un statut de religion licite. Les juifs, au lieu d'offrir des sacrifices à l'empereur divinisé et aux dieux romains, avaient obtenu le droit de faire ces offrandes pour Rome et l'empereur, à leur propre Dieu, dans leur temple. Par contre, ils ne pouvaient pas forcément accéder à toutes les fonctions officielles, car beaucoup obligeaient à participer à des cérémonies religieuses.
D'autres cultes furent par contre interdits, comme au IIe siècle avant JC celui des Bacchanales, dédiées à Bacchus et qui était prétexte à des orgies.
Le christianisme à ses débuts fut également un culte interdit. En effet, les chrétiens refusaient de participer au culte de la religion romaine et se tenaient donc à l'écart de la vie publique de la cité. De plus ils se réclamaient d'un homme condamné à mort par les Romains pour rébellion. On lui reprochait de miner l'ordre social et former un État dans l'État.
[modifier] Sources
[modifier] Bibliographie
- Histoire des croyances et idées religieuses, Mircea Eliade, 1989
- L'Empire romain et le christianisme, Claude Lepelley, 1969
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