Civilisation mycénienne
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La civilisation mycénienne se développe en Grèce, dans le Péloponnèse mais aussi en Crète, dans le sud de l'Anatolie et en Sicile, à partir du début du XVI eme siècle avant JC. Elle apparait avec l'arrivée de nouveaux peuples grecs les Achéens et les Eoliens, mais bénéficie de nombreux contacts pacifiques ou violents avec la civilisation minoenne de Crète. C'est une civilisation de guerriers dont l'exploit le plus célèbre est la guerre de Troie. La civilisation mycénienne disparait brutalement en Grèce continentale et péninsulaire vers 1100 avant JC, à la suite des invasions des Grecs doriens.
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[modifier] Les rois mycéniens
Les Mycéniens ou Achéens sont divisés en plusieurs royaumes indépendants (Mycènes, Argos, Tyrynthe, Pylos, Lacédémone, Arcadie...). Mais il semble que dans les expéditions militaires communes qu'ils entreprennent ces rois acceptent la direction du roi de Mycènes (ainsi Agamemnon dans la (guerre de Troie). Ces rois habitent des palais fortifiés bâtis au sommet de collines aux pentes abruptes (c'est le cas de Mycènes ou de Tyrinthe). Pour gouverner, les rois sont assistés de nombreux dignitaires dont un commandant des armées-vizir. Ils s'appuient sur une administration formée de scribes. Ceux-ci utilisent une écriture formée de 84 ou 87 signes syllabiques (le linéaire B) adaptée de l'écriture crétoise. Les archives écrites sur des tablettes de terres cuites trouvées à Pylos, montrent des inventaires d'objets, indiquent le nombre d'artisans ou le montant des impôts dus par un village.
Les rois et les dignitaires disposent de grands domaines terriens. Avec leur entourage, les rois se distraient par la chasse, la guerre, par les récits des poètes qui racontent l'épopée des héros, les combats entre guerriers ou les aventures des marins sur la mer Méditerranée et la mer Égée.
Sous la conduite de leurs rois, les Achéens ont débordé le cadre de la Grèce continentale et péninsulaire. Vers 1400, ils pillent la Crète, ils en détruisent les palais mais s'installent dans l'île. Ils s'établissent aussi dans les îles de Rhodes, de Chypre, dans le sud de l'Anatolie. Surtout ils attaquent, prennent et pillent la ville de Troie vers 1230-1225 av JC.
[modifier] Le peuple mycénien
Les Mycéniens sont surtout des paysans cultivant les céréales (froment, épeautre, orge), mais aussi la vigne et l'olivier. L'élevage des bœufs, chèvres et moutons est aussi une source de revenus et de prestige pour les chefs qui ont des troupeaux importants. La terre commune est divisée en lots attribués aux familles, il n'y a pas de clôtures afin de permettre les usages agricoles communautaires. Cependant, le développement de la culture de la vigne et des oliviers (qui demandent une certaine protection contre le ravage des animaux) et les dons de terres en récompense de services rendus au roi créent progressivement une propriété individuelle.
L'artisanat est très développé avec la métallurgie du bronze, la fabrication d'armes, des poteries exportées dans le monde méditerranéen. Les marins achéens profitant de la disparition des marins-commerçants crétois créent des comptoirs commerciaux sur les côtes de la mer Égée et de la mer Méditerranée. On trouve des objets mycéniens en Égypte, en Phénicie (Liban-côte syrienne) et même à l'intérieur des terres en Syrie, dans la vallée du Jourdain. En échange les Achéens importent de l'or de Nubie ou des chevaux de la région de Troie.
Les rois, les temples et même de simples particuliers possèdent des esclaves pour la plupart prisonniers de guerre ou capturés dans les fréquentes razzias menées sur les côtes par les Achéens.
[modifier] La religion des Mycéniens
La religion mycénienne mélange les divinités apportées par les envahisseurs grecs (Ioniens ; Achéens, Éoliens) à celles des peuples établis en Grèce avant le IIeme Millénaire avant JC qui sont fortement influencé par la religion crétoise. Les Grecs introduisent des dieux du ciel et d'un peuple de pasteurs (Zeus, Hermès, Poséidon, Héra, Athéna, Artémis). Ces divinités s'établissent auprès de divinités indigènes caractéristiques d'un peuple de cultivateur, en particulier une Terre-Mère, ayant à ses côtés un jeune dieu ou un enfant divin (ainsi Déméter et Triptolème). Bien des divinités mycéniennes associent à des caractéristiques grecques des caractéristiques plus anciennes. Ainsi pour les Mycéniens, Zeus, dieu du ciel, de la foudre et de tonnerre (caractéristique grecque), est né en Crète, est nourri par la chèvre Amalthée (représentation de la terre-Mère) et participe aux danses bruyantes des Courètes destinées à masquer ses cris (en fait danses destinées à réveiller la fécondité de la terre). Il en est de mêm pour Héra ou Athéna dont les noms sont d'origine crétoise.
L'essentiel du culte rendu aux dieux consiste en offrandes de produits agricoles : premiers grains, premiers fruits, mais aussi sacrifices d'animaux. Dans les palais une salle avec banquette sert de lieu de culte. Les maisons populaires ont aussi un emplacement pour honorer les dieux.
Les Mycéniens pratiquent le culte des héros, qui sont les ancêtres des familles royales. Après leur mort, ils sont divinisés et servent d'intermédiaires entre les dieux et les hommes. Les héros tels Achille, Thésée, Ulysse deviennent les personnages de l'épopée (l'Iliade).
Les Mycéniens enterrent, leurs morts au milieu des habitations des vivants. Les tombes sont d'abord des fosses, puis elles sont creusées dans la roche et on y accède par un couloir. Enfin on construit des tombes à coupoles avec salle circulaire couverte d'une voute en encorbellement (comme le trésor d'Atrée à Mycènes). Les morts royaux sont enterrés avec un riche mobilier funéraire (armes d'apparat, bijoux, masques en or, vases)
[modifier] L'art des Mycéniens
Dans leurs créations artistiques, les Mycéniens ont beaucoup emprunté aux Crétois. Les fresques murales décorent les murs de leurs palais (voir la fresque ci-dessus) avec une prédilection pour les scènes guerrières ou de chasse, qui traduisent l'idéal viril de ces guerriers. La sculpture monumentale, en accord avec les murs cyclopéens des palais est développée (telle la porte des lionnes à Mycènes). La céramique très inspirée de celle des Crétois adopte un décor stylisé qui aboutit à des figures géométriques (bandes horizontales et rosaces). Les orfèvres mycèniens excellent dans le travail des métaux et produisent des armes d'apparat damasquinées, des bijoux, des masques funéraires et des vases de forme et d'usage divers. Ces œuvres témoignent que la vie quotidienne des puissants semble être particulièrement luxueuse.
[modifier] Sources
- Pierre Lévêque, L'aventure grecque, Armand Colin, 1964
[modifier] Voir aussi
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